Mark Knopfler – Down the Road Wherever

Avis :

Quand on évoque les grandes légendes du rock n’roll, on cite rapidement des groupes cultes comme The Who, The Doors, Led Zeppelin, The Rolling Stones, The Beatles et Dire Straits. Si quasiment tous ces groupes sont aujourd’hui morts (hormis les Stones bien évidemment), certains de leurs membres fondateurs continuent de tourner et de faire des albums solos. On pense bien sûr à Robert Plant ou à Paul McCartney, à David Gilmour ou encore à Mark Knopfler,guitariste légendaire à qui l’on doit l’incontournable Sultans of Swing. Dire Straits n’étant plus, le guitariste poursuit alors une carrière solo assez riche, puisque Down the Road Wherever est son neuvième album studio. Une carrière solo qui commence en 1996, un après le split de Dire Straits et le guitariste, classé 27ème meilleur guitariste du monde par le magazine Rolling Stones, sort à intervalles réguliers de nouveaux efforts, celui-ci intervenant trois ans après le précédent, Tracker. Que ce soit par la pochette ou encore par les morceaux choisis à l’intérieur de l’album, on sent bien que le musicien veut inviter celui qui écoute à un voyage sur les longues lignes droites américaines. Une ode au voyage qui va tout de même laisser quelque peu circonspect sur le long terme, notamment parce que le musicien se repose sur ses lauriers et livre un album généreux mais redondant et ennuyeux.

Le skeud débute avec Trapper Man, faisant penser aux forêts nord-américaines et à ces trappeurs à la Davy Crockett. Malheureusement, il n’en sera rien, puisque le titre, très lent, ne possède pas vraiment d’ambiance particulière. Si l’on aura droit à un petit solo assez léger et quelques chœurs féminins pour réchauffer le tout, on reste face à un titre sympathique mais ennuyeux, qui manque d’énergie, de vivacité. Back to the Dance Floor va tenter d’inverser la tendance, offrant quelque chose d’un peu plus inspiré, d’un peu plus nerveux, mais globalement, et cela malgré une production de malade et des instruments bien utilisés, on reste dans quelque chose de surfait et d’un peu plat. Si on a des odeurs agréables de Dire Straits, cela reste juste une fragrance et c’est bien dommage. Nobody’s Child rejoint les deux premiers titres pour un résultat mitigé malgré une guitare plus présente et une ambiance un poil plus country que dans le reste. Cependant, c’est mou… Et cette mollesse ne parvient pas vraiment à s’insinuer en nous. Heureusement, Just a Boy Away From Home rehausse un peu le niveau niveau vivacité, avec un titre plus accrocheur, plus pêchu et surtout avec une mélodie plus agréable. Mais le chanteur retombe dans ses travers avec When You Leave, un titre jazz smoothy qui pourrait parfaitement s’introduire dans un polar en noir et blanc des années 50. C’est sympathique en bande originale, mais à l’écoute, c’est chiant.

Avec Good on you Son, le guitariste renoue un petit peu avec son succès d’antan. C’est simple, mais la construction du morceau est intéressante et on ressent l’envie de faire du rock précis sans pour autant aller à cent mille à l’heure. Si ça reste calme, ce n’est pas pour autant que c’est ennuyeux, contrairement à ce que l’on a pu dire de certains titres au départ. My Bacon Roll continue sur cette belle lancée, avec un morceau assez langoureux, mais qui laisse beaucoup de place à la guitare et fournit un refrain efficace, qui rentre vite dans la tête. Nobody Does That se la joue rock un peu funky et cela en est presque gênant, car ça ne marche pas vraiment. En fait, ça fait très Motown du pauvre, sans en avoir la ferveur et l’énergie. Si on veut être méchant, on pourrait presque dire que c’est un titre funk pour papys. Drovers’ Road sera le summum du titre un peu chiant, très long, très lent et pourtant, il porte une sorte d’aura autour de lui, ce qui en fait un morceau assez atypique et difficile à appréhender. One Song at a Time possède une jolie mélodie qui laisse un impression positive et un poil irlandaise, mais ça reste assez mineur. Floating Away et sa guitare sèche est un titre agréable mais qui ne marque pas, notamment à cause d’un piano envahissant et pénible. Slow Learner donne des envies de suicide par endormissement tellement c’est lent et pénible. Quant à Heavy Up, Mark Knopfler termine sur une note exotique et un titre clairement gênant, avec des airs iliens et une soudaine envie de soleil et de sable. C’est d’un ringard… Comme on peut le voir, il y a à boire et à manger dans ce long album, mal équilibré et qui montre un guitariste virtuose mais en manque d’idées et d’énergie, ce qui est vraiment le principal défaut de cet album.

Au final, Down the Road Wherever, le dernier album de Mark Knopfler, est d’une lenteur qui force presque le respect. Le problème, c’est que cette lenteur ne sert pas une ambiance ou un propos. C’est mou pour faire auteur et on pourrait presque croire que l’on écoute du rock pour retraité, assis sur son fauteuil, un thé dans une main et un chat ronronnant sur ses genoux. On a connu le guitariste bien plus inspiré, bien plus motivé et même si ce neuvième effort n’est pas mauvais, il demeure diablement sans poigne et sans verve acerbe.

  • Trapper Man
  • Back on the Dance Floor
  • Nobody’s Child
  • Just a Boy Away From Home
  • When You Leave
  • Good on you Son
  • My Bacon Roll
  • Nobody Does That
  • Drovers’ Road
  • One Song at a Time
  • Floating Away
  • Slow Learner
  • Heavy Up

Note: 11/20

Par AqME

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