Superman

De : Richard Donner

Avec Christopher Reeve, Gene Hackman, Marlon Brando, Margot Kidder

Année : 1978

Pays : Etats-Unis

Genre : Super-Héros

Résumé :

Juste avant l’explosion de la planète Krypton, Jor-El décide de sauver son fils en l’envoyant sur Terre. Le nourrisson est recueilli par le couple Kent qui décide de l’élever comme leur propre fils. L’enfant se met à développer des pouvoirs hors du commun. Une fois adulte, Clark Kent, reporter au Daily Planet, souhaite mener une vie normale. Il ne renie pas pour autant ses capacités à sauver le monde et devient alors Superman : Super-héros volant au secours de la veuve et de l’orphelin, attisant la jalousie de Lex Luthor et l’intérêt de sa collègue Loïs Lane.

Avis :

Aujourd’hui, les films de super-héros sont devenus une sorte de norme. Avec Marvel qui nous assène pas loin de trois à quatre films de super-héros par an et DC qui essaye de suivre avec parfois deux films, on a de quoi se mettre sous la dent. Et cela sans compter sur les petits films indépendants issus de comics qui peuvent surprendre, comme Hellboy (on parle bien entendu de ceux de Guillermo Del Toro) ou encore Jonah Hex (merci la purge). Si on englobe plus spécialement les adaptations de comics, le chiffre monte encore et on n’a pas fini de bouffer cela avec les années qui viennent et les plannings boulimiques, aussi bien au cinéma que sur des plateformes de streaming avec l’arrivée imminente de Disney+. Bref, le problème avec tout cela, c’est qu’il y a à boire et à manger. Entre une écurie Marvel qui cartonne mais qui fait de plus en plus de films calibrés et identiques, et des films indépendants qui font parfois peine à voir, le super-héros perd de sa superbe, et surtout, il perd de son authenticité. Et il est parfois bon de revenir à de petits classiques comme Superman pour se remémorer que même si un film est fait pour affoler le box-office, il peut être fait avec bienveillance.

Superman datant de 1978 en est l’exemple parfait. Avec un budget conséquent pour l’époque de 45 millions de dollars, le film était fait pour marcher en salles et pour attirer un maximum de personnes. Il faut dire que le super-héros cartonne dans les comics et qu’il représente certains idéaux de l’American Way of Life. Cependant, le tournage et le choix de l’équipe ne fut pas de tout repos. Tout d’abord, le film devait revenir à Steven Spielberg, mais les producteurs voulaient attendre de voir si Les Dents de la Mer aurait du succès, ce qui fut le cas. Mais Spielberg se lança dans d’autres projets. Les producteurs voulurent alors Guy Hamilton derrière la caméra, mais là aussi, ce fut un échec et c’est Richard Donner lui-même, sortant alors du succès de La Malédiction, qui demande à prendre en charge la réalisation du métrage. Côté acteur, c’est sensiblement la même chose. Entre un Marlon Brando qui a coûté les yeux de la tête pour dix minutes d’apparition et un tout jeune Christopher Reeve dont c’est le premier rôle, Superman ne partait pas forcément sur une base saine. Ajoutons à cela plus d’un an et demi de tournage et on aurait pu en attendre une catastrophe. Cependant, ce n’est pas vraiment le cas, et même aujourd’hui, le métrage fonctionne encore.

Alors oui, il possède quelques défauts et notamment avec l’avancée technologique, certaines choses peuvent paraître ringardes. Les effets spéciaux ont pris un énorme coup de vieux et les passages où Superman vole au-dessus de la ville sont assez risibles. La cape ne répond à aucune loi physique, les incrustations sont affreuses et tout cela sent affreusement le cheap. Le scénario est aussi un point faible du métrage. Ici, on va voir la jeunesse de Superman, puis rapidement son arrivée à Métropolis et son changement d’attitude. On ne saura rien sur la venue de son costume ni sur ses motivations pour sauver des gens. Gene Hackman campe un Lex Luthor grand-guignol qui vit dans un sous-sol luxueux et il sera l’élément humoristique du film, un comble pour le plus grand ennemi de l’homme en slip rouge. La fin est aussi ridicule et ne marche pas vraiment, prouvant par la même occasion que le film s’adresse tout d’abord aux enfants et aux adultes qui ont gardé une âme d’enfant. Cela fait beaucoup de points négatifs et pourtant, malgré le temps qui passe, Superman reste une valeur sûre du cinéma de super-héros. Pourquoi ?

Tout simplement parce qu’il garde une certaine candeur, une certaine fraîcheur dans sa façon de montrer le super-héros. Malgré sa nature extraterrestre, il éprouve des sentiments humains. Il tombe amoureux de Loïs Lane, est soumis à la pression, aussi bien dans son boulot que dans sa vie cachée de super-héros, et il doit aussi dire adieu à sa famille d’adoption. Ici, on n’a pas besoin d’avoir un Superman hyper musclé et qui castagne à tout va. Il est simple, avec des envies simples et seul ses pouvoirs lui permettent d’avoir de grandes responsabilités (oui, je sais, on n’est pas dans Spider-Man, mais le message reste le même). L’autre intérêt du film, c’est qu’il s’adresse aux mômes et en ce sens, il peut être perçu comme un conte. Il y a dans ce film une corrélation intéressante avec Peter Pan, notamment lorsque Loïs vole dans les airs et éprouve une joie enfantine. Bon enfant, le film fait la part belle à l’étonnement des personnages et à un côté un peu enchanteur, oubliant tout cynisme et volonté de produire un métrage qui appuie ses clins d’œil ou fait rentrer des quotas pour satisfaire les minorités. Si Gene Hackman est un piètre Luthor, il n’en est pas de même pour Christopher Reeve, jeune premier, campant le rôle-titre. Il est tout simplement parfait dans ce personnage, réussissant à être à la fois touchant et drôle, maladroit et gentleman. Bref, il excelle. On notera un Marlon Brando égal à lui-même en début de film, présentant un jeune Kal-El et son arrivée sur Terre.

Superman 1978 rŽal : Richard Donner Christorpher Reeve Margot Kidder Collection Christophel

Au final, Superman, malgré le temps qui passe et des effets spéciaux qui font rire aujourd’hui, reste un indémodable du film de super-héros. A la fois très enfantin et touchant dans sa façon d’aborder le super-héros, décevant de par son méchant et son scénario simpliste mais terriblement intéressant dans sa candeur et une bonne dose de naïveté, ce Superman demeure un vrai plaisir de cinéphile. Et pour ceux qui en doute encore, la réalisation de Richard Donner est exemplaire et prouve que l’on n’a pas besoin d’une débauche de castagne pour réussir un film DC. Bref, c’est toujours aussi bien.

Note : 16/20

Par AqME

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