The 69 Eyes – West End

Avis :

Il n’y a pas à tortiller du cul pour chier droit, la Finlande, c’est clairement l’épicentre du métal et du Hard Rock en général. Si on sait que le pays possède une quantité astronomique de groupes de Black ou de Death, il possède aussi son lot de groupes plus ou moins cultes dans leur domaine, comme The 69 Eyes dans le Rock Gothique. Car oui, le Rock Gothique est un sous-genre à part dans la grande famille du Métal, osant une approche plus douce, mais plus sombre dans la tenue et les paroles des chansons. Fondé à la toute fin des années 80, The 69 Eyes va faire un sacré bout de chemin sans jamais rompre son line-up en trente ans d’existence. Une chose rare et précieuse pour un groupe qui connait une belle renommée et qui ne cache jamais ses ambitions ou son style si particulier. Nous n’avions plus de nouvelles du groupe depuis trois ans et son Universal Monsters et c’est alors que déboule West End, douzième effort de la bande et sa sobre pochette qui fait irrémédiablement penser à Pennywise, le clown maléfique de chez Stephen King. Porté par un deuxième clip en duo avec Dani Filth de Cradle of Filth, cet album était un questionnement sur la santé du groupe et sur son chemin créatif. Qu’en est-il alors ?

Le skeud débute avec Two Horns Up, en featuring avec Dani Filth. Le morceau est bien pêchu et lâche rapidement des riffs assez agressifs et plutôt jouissifs. La voix si caverneuse du chanteur se marie bien avec la mélodie du titre et surtout, Dani Filth n’est pas uniquement exploité pour sa voix de tête et ses cris de chouette. Il pose sa voix grave sur le deuxième complet et s’amuse avec ses nuances. Il en résulte l’un des titres les plus nerveux de l’album, et l’un des plus réussis. On pourra ranger à ses côtés l’excellent The Last House on the Left, toujours avec Dani Filth, mais aussi et surtout avec Wednesday 13 qui imprime sa patte horrifique et punk dans ce qui parait être le morceau le plus virulent de l’album. En référence au film de Wes Craven, le titre, en plus d’être bien, rentre parfaitement dans l’atmosphère gothique de The 69 Eyes. Au rayon des morceaux bien nerveux et qui donnent très vite envie de bouger la tête, on peut également citer Outsiders et son aspect old school Hard Rock qui se dégage de l’ensemble. Parfaitement tenu par la voix si charismatique du chanteur et par un rythme soutenu et très agréable, le groupe propose une vision désuète mais terriblement addictive. Burn Witch Burn n’est pas mal aussi, même si le titre marque moins car les couplets sont plus calmes, et Cheyenne demeure un moment un peu hors du temps, avec une mélodie entêtante et surtout des riffs efficaces et un superbe solo.

Néanmoins, The 69 Eyes, ce n’est pas que des moments purement rock, c’est aussi des passages plus calmes, plus posés, et surtout une ambiance éthérée qui fait tout le sel du groupe. Cela commence avec 27 & Done, un morceau assez lent, plutôt lourd au niveau de l’ambiance, mais qui gagne des galons à force d’écoute, notamment grâce à son refrain ultra efficace. Black Orchid, ou encore Change, sont deux titres assez similaires, plutôt longs et lents, mais qui contiennent l’essence même du groupe, à savoir une ambiance assez dark, des paroles assez poétiques, mais sombres, et un aspect rock presque introverti. Bref, deux titres très sympathiques, si l’on accepte de rentrer dans le délire du Rock Gothique assez langoureux et pas forcément nerveux. Cependant, tout n’est pas parfait dans l’univers de cet album. Deux titres se taillent la part du lion pour paraître parmi les plus anecdotiques. Death & Desire n’est pas désagréable, loin de là, mais il demeure transparent par rapport au reste de l’album. Il en va de même avec Be Here Now et son introduction un peu arabisante. Cela reste anecdotique et c’est bien dommage. Fort heureusement, le groupe termine avec le très long morceau Hell Has no Mercy, qui pourrait presque se voir comme un titre de rock progressif, tout en gardant cette ambiance si particulière au groupe. Bref, si l’album contient quelques faiblesses, il n’en demeure pas moins intéressant à plus d’un titre.

Au final, West End, le dernier album en date de The 69 Eyes, est un bon petit moment et un effort qui mérite le détour, pas seulement pour les fans du groupe. Alternant des phases nerveuses avec des moments plus calmes et plus sombres, le groupe fournit un album varié, plaisant et qui montre la grande forme de la formation. On notera seulement deux titres un peu en dessous du reste, ce qui est bien peu face à la qualité du reste. Un joli petit coup d’éclat pour un groupe qui fête ses 30 ans d’existence.

  • Two Horns Up feat Dani Filth
  • 27 & Done
  • Black Orchid
  • Change
  • Burn Witch Burn
  • Cheyenne
  • The Last House on the Left feat Wednesday 13, Calico Cooper et Dani Filth
  • Death & Desire
  • Outsiders
  • Be Here Now
  • Hell Has no Mercy

Note: 15/20

Par AqME

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