La Famille Black à Beverly Hills

Titre Original : Meet the Blacks

De : Deon Taylor

Avec Mike Epps, Bresha Webb, Zulay Henao, Alex Henderson

Année: 2017

Pays: Etats-Unis

Genre: Comédie

Résumé:

Après avoir touché le gros lot, une famille afro-américaine pose ses valises à Beverly Hills juste avant la purge annuelle, durant laquelle tous les crimes sont permis.

Avis:

Depuis quelques temps maintenant, certaines comédies américaines s’adressent directement aux afro-américains. Si Jordan Peele met à l’honneur les « blacks » dans ses films, il existe une autre catégorie, qui se veut pour la communauté noire, mais qui, à force d’en faire des caisses, ne fait qu’enfoncer un peu plus une catégorie de personnes qui n’ont rien demandé. En effet, si la blaxploitation ne date pas d’aujourd’hui, dans les années 70, avec des films comme Shaft ou Coffy, on avait des héros blacks badass et qui mettait un point d’honneur à défendre leur communauté. De nos jours, on a droit à des comédies stupides où les blacks se ridiculisent pour essayer de faire rire, en usant des clichés. Si on peut citer Cinquante Nuances de Black, il n’est que la résultante d’une dizaine de comédies potaches à destination des blacks. Qu’en est-il alors de La Famille Black à Beverly Hills qui tente de jouer sur deux tableaux, à savoir la comédie ringarde et l’horreur en prenant American Nightmare comme univers? Eh bien rien, absolument rien.

Le pitch de base est relativement ridicule et il est expliqué dans le générique de début sous la forme d’un dessin animé. En gros, un installateur électrique touche le pactole lorsqu’un baron de la drogue se fait arrêter chez lui par la police alors qu’il était en train d’installer le câble. Sachant où se trouvaient la drogue et l’argent, il décide de tout voler et de s’installer à Beverly Hills, voulant mettre sa famille à l’abri. Malheureusement pour lui, la nuit de la purge arrive, il apprend que le gangster qu’il a volé vient de sortir de tôle et qu’il commence à tirer la langue au niveau budget. Ajoutons à cela une famille dysfonctionnelle avec un petit garçon qui se prend pour un vampire, une fille aînée pimbêche qui se tape un débile, un cousin voleur qui se masturbe dès qu’il voit la femme de son oncle, bref, tout est réuni pour un parfait ratage dans les règles de l’art. Et on ne sera pas déçu.

Premièrement, le film est très vulgaire. Vulgaire dans sa façon de parler, dans sa façon d’aborder la communauté noire et surtout, vulgaire dans sa vision du racisme. C’est très binaire et dans ce métrage, tous les blancs sont racistes, même les sud-américains, et tous les noirs sont des personnes douteuses avec peu de morale. Oui, le portrait dépeint est dégueulasse, dans tous les cas de figure. Même les asiatiques en prennent pour leur grade dans une séquence gênante où le père de famille fait mine de prendre la tête d’une chinoise qui fait la manucure à sa femme pour avoir une fellation. Si personne n’est épargné, c’est surtout la communauté noire qui est pointée du doigt. A la fois voleur, obsédé sexuel, abruti fini, infidèle, tous les personnages de couleur ont les pires tares de l’humanité. Quand ce n’est pas le père qui est un menteur et un voleur invétéré, c’est le cousin qui est un drogué et un obsédé ou encore le fiston qui se prend pour un vampire et que l’on surnomme Blacula, certainement en hommage au film du même nom. Bref, c’est triste et surtout, ce n’est absolument pas drôle. Un comble pour une comédie qui se base uniquement sur la moquerie, les différences et qui essaye de souder une famille.

Le problème, c’est que si la partie comédie est ratée, il en va de même avec la partie horrifique. C’est bien simple, il ne se passe rien dans ce film et les quelques meurtriers qui rentrent dans la maison pour la purge sont expédiés manu militari. Entre celui qui recule trop vite et se prend un porte-manteau dans la nuque, celui qui glisse et tombe de la rambarde, celui qui se fait tirer dans le dos, celle qui se prend une cuvette des chiottes dans le dos, j’en passe des vertes et des pas mûres, tous les méchants sont envoyés ad patres à la vitesse de l’éclair. Bien évidemment, cela ne laisse pas le temps au suspens de s’installer, juste le temps de balancer deux/trois vannes bien pourries, de prendre une tronçonneuse pour son sexe ou encore de placer des invités prestigieux qui cabotinent à mort comme ce pauvre Mike Tyson qui se ridiculise avec sa coiffure improbable.

Outre les mises à mort et les personnages qui arrivent comme un cheveu sur la soupe (mention spéciale à cette ex-femme qui vit dans la salle de bains), c’est surtout la mise en scène qui est catastrophique. C’est-à-dire que non seulement c’est nul, mais en plus de cela, c’est filmé avec le cul. Mal éclairé, sans aucune imagination, plat comme la ligne encéphalogramme d’une personne décédée, Deon Taylor livre une copie digne d’un téléfilm, et encore, on est gentils quand on dit ça. Incapable de gérer le stress des personnages ou encore l’humour plus que douteux du film, La Famille Black à Beverly Hills ne trouve jamais le bon équilibre pour offrir un divertissement correct.

Au final, La Famille Black à Beverly Hills est une purge immonde qui est clairement un crachat à la gueule de tous les spectateurs, peu importe leur appartenance ethnique. A la fois raciste, misogyne, crétin, il ne manque que la case homophobe pour faire un carton plein. Deon Taylor, le réalisateur, ne sait que faire de cette histoire rocambolesque qui essaye de parodier American Nightmare et de poser un constat racial aux Etats-Unis, mais qui le fait de la pire des manières, n’arrivant pas à être drôle ou à faire peur. Bref, un très mauvais film nauséabond qu’il faut éviter à tout prix.

Note: 01/20

Par AqME

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