Priest

De : Scott Charles Stewart

Avec Paul Bettany, Karl Urban, Cam Gigandet, Maggie Q

Année : 2011

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur, Science-Fiction

Résumé :

Dans un monde ravagé par des siècles de guerre entre l’homme et les vampires, un prêtre guerrier se retourne contre l’église afin de traquer une bande de vampires meurtriers qui ont kidnappé sa nièce.

Avis :

Si les adaptations de comics par le cinéma américain suivent une certaine logique culturelle et sont aujourd’hui une manne non négligeable de revenus, il n’en est pas de même pour les adaptations de mangas. Déjà parce qu’il est plus logique que ce soit des japonais ou des coréens qui s’en occupent. Mais aussi parce que les quelques propositions que l’on a eu sont catastrophiques. Bien évidemment, on pense de suite à la purge atomique qu’est Dragon Ball Evolution, mais on peut aussi citer le film live de Death Note. Bref, des producteurs qui tentent de surfer sur un succès libraire mondial sans jamais en comprendre le fond. Pour autant, certaines adaptations sont assez réussies, comme Nicky Larson et le Parfum de Cupidon de Philippe Lacheau, et on se prend à rêver à d’autres films de cette qualité. En 2011, les américains avaient décidé de se lancer dans l’adaptation de Priest, un Manhua (comprenez par là un manga sud-coréen) à succès, et on pouvait craindre le pire avec Scott Charles Stewart aux commandes, le papa de Légion, un mauvais film fantastique avec déjà Paul Bettany. Et si Priest n’est pas terrible, il est contient pourtant quelques éléments intéressants.

Le scénario du film est clairement le plus gros point faible du métrage. Ici, une famille dans un avant-poste va se faire attaquer par une horde de vampires et le frère du patriarche de la famille est un prêtre doté de pouvoirs pouvant lutter contre les vampires. Il décide alors de mener son enquête puisque sa nièce a été enlevée et il va découvrir un méchant pot aux roses. Le film suit des rails très droits et ne va jamais changer de direction pour brouiller les pistes. On a droit à un gentil, paria d’une société qui voue un culte à l’Eglise et à Dieu, et un méchant qui est relié au gentil par un passif commun. A côté de ça, on aura droit à des personnages secondaires relativement fades, comme un shérif épris de la nièce du prêtre, et une prêtresse énigmatique qui ne veut qu’une chose, aider le héros à s’en sortir. Vous la voyez venir la petite idylle ? Bref, rien de bien neuf sous la lune, si ce n’est le design des vampires, qui s’éloigne volontairement des canons du genre pour montrer des bêtes aveugles et animales qui ont besoin de familiers humains pour les aider le jour. Malheureusement, les effets spéciaux en numérique ne sont pas forcément un bon choix et cela se ressent au niveau des combats, nerveux et bien chorégraphiés, mais qui perdent en impact et surtout en tension dramatique.

Une tension dramatique qui ne prendra jamais. Tout va tellement vite que l’on ne s’attache pas du tout aux personnages. Le personnage de Paul Bettany est lisse malgré son aspect torturé et le seul point d’accroche que l’on peut avoir, c’est lorsqu’il évoque son passé et son statut de paria au sein d’une société qui les érigeait en héros lorsque les vampires étaient à deux doigts de dominer le monde. L’antagoniste de l’histoire, joué par Karl Urban, est lui aussi très fade. Mi-vampire, mi-humain, il n’a aucun background si ce n’est sa transformation et son envie de vengeance est terriblement bas du front. Du côté des acolytes, c’est la même chose. Cam Gigandet campe un shérif badass mais qui fait pâle figure à côté des prêtres et surtout, il n’a pas de passif et demeure juste le jeune premier épris de la fille kidnappée. Enfin, Maggie Q joue le side-kick du héros, mais son rôle est secondaire, faisant presque office de figure féminine obligatoire. Bref, ce n’est pas la panacée et on a l’impression de ne voir que des esquisses. Tout comme pour le monde présenté. On a droit à un univers dystopique, avec des cités futuristes qui prônent un catholicisme exacerbé et avec des enregistrements de pénitence pour bien diriger les foules, mais tout cela est à peine esquissé, comme si un deuxième épisode allait voir le jour. Il en va de même pour une supposée reine des vampires que l’on ne verra jamais et qui laisse supposer un second opus.

Enfin, la mise en scène de Scott Charles Stewart est assez tape à l’œil sans pour autant avoir une patte définissable. Le cinéaste développe un univers intéressant, qui s’écarte volontairement du manhua, pour planter quelque chose de post-apocalyptique, mais qui reste très calibré. On retrouvera des influences à la Mad Max, surtout dans le dernier tiers et la poursuite du train, mais aussi quelques éléments à Dark City avec cette ville toute en hauteur qui oscille entre le gris et le noir. Malheureusement, tout cela reste bien fade, à l’instar des personnages qui vivotent dans cet univers. Les quelques ralentis sont moches et ne servent à rien hormis à faire cool et badass, les combats sont plutôt sympathiques, mais très vite expédiés et lors de la visite dans la ruche, la tension est totalement absente, la faute à des personnages fonctions, mais surtout à cause d’une lumière crue qui vire au noir et où on ne voit rien. Le film n’est pas vilain à regarder, il est juste basique et sans réelle idée novatrice.

Au final, Priest est un film qui souffle le chaud et le froid mais qui laisse une impression vraiment mitigée. Si on ne s’ennuie pas et que certains moments sont assez agréables, on ne peut rester de marbre devant ce scénario plat et lisse qui annonce une hypothétique suite et devant ces personnages qui se démènent pour exister mais qui n’ont aucune épaisseur. De ce fait, Priest est un film mélangeant horreur et science-fiction avec un peu d’action pour un résultat décevant et qui ne fait que survoler les moments intéressants. Bref, un film sans âme.

Note : 07/20

Par AqME

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