octobre 29, 2020

Lords of Chaos – Funeral Dogs

De: Jonas Åkerlund

Avec Rory Culkin, Emory Cohen, Jack Kilmer, Anthony De La Torre, Sky Ferreira, Valter Skarsgård, Sam Coleman, Jonathan Barnwell

Genre : Biopic

Scénario : Dennis Magnusson et Jonas Åkerlund (basé sur le livre Lords of Chaos de Michael Moynihan et Didrik Søderlind

Pays : Suède

Année : 2018

Résumé :

Dans la Norvège trop paisible au tournant des années 80 et 90, Euronymous fonde le groupe Mayhem et devient l’épicentre de la nouvelle scène black metal norvégienne. Sa rencontre avec Varg Vikernes, l’homme derrière le projet musical Burzum, va précipiter les membres de son cercle dans une surenchère criminelle.

Avis :

Avoir un film qui traite de la musique métal fait en règle générale grincer des dents. Dans la majorité des cas, le sujet est traité par dessus la jambe dans un condensé de préjugés fatigants et erronés. Le projet Lords of Chaos avait de quoi rendre inquiets les nombreux fans de métal en tout genre. Mais suite à l’annonce du réalisateur, la donne a changé. En effet, il s’agit ici de Jonas Åkerlund, un gars qui connait le milieu car, avant de se lancer dans la réalisation de clips musicaux (Smack my bitch up de Prodigy), de dvd live (Rammstein) et de films (Polar), le sieur Åkerlund était avant tout batteur pour le groupe de black metal suédois Bathory, autant dire qu’il ne compte pas traiter son sujet comme le premier paltoquet venu.

Dès le départ, Åkerlund prévient le spectateur, son film sera « inspiré de faits et de mensonges ». Soucieux de ne pas démystifier la légende, le réalisateur ne tient pas compte du vrai et du faux et raconte une histoire inspirée de faits réels et de rumeurs dont il est difficile, pour les non-initiés, de démêler le vrai du faux. Cette introduction lui permet également de se mettre à l’abri des grincheux métalleux qui vont pinailler sur l’authenticité de certains faits.

Si la mode actuelle est au biopic, il faut bien avouer que la pertinence de certains sont toutes relatives (il y a vraiment des gens que ça fascine la vie de Steve Jobs?). Dans les biopics musicaux, même combat, on a vu l’année passée une version édulcorée de la vie de Freddie Mercury en forme de clip géant qui ne vaut son salut que par la musique de Queen et par la reproduction fidèle de moments clés.

Le réalisateur a un profond respect pour ses personnages. Il les traite de façon sérieuse et nous propose un voyage glaçant dans la Norvège des années 90, avec son lot de jalousie, de rivalité, de brûlage d’églises, de suicides et de meurtres. Le tout pour un résultat convaincant sans filtre, en évitant souvent le racolage et la caricature.

Le film n’est pas exempt de tout défaut pour autant. Åkerlund ne peut s’empêcher de nous inventer une love story fictive qui ne sert absolument à rien. On regrettera également l’absence de musique dans la seconde moitié du métrage, un comble pour un film qui parle essentiellement de deux groupes phares du black metal norvégien. Pire, les musiques employées ne proviennent que très peu de la discographie de Mayhem et pas du tout (mais on s’en doutait) de celle de Burzum, deux groupes qui sont le cœur même du récit. Mais gageons que la responsabilité n’incombe pas à l’acteur, il s’agit probablement d’un refus des deux groupes. On comprend surtout Varg Vikernes qui, dans son extrémisme infâme, à probablement dû enrager quand il a appris que c’était un juif qui jouait son rôle.

En parlant de casting, celui-ci est bon! Notamment Jack Kilmer (fils de Val) est particulièrement intéressant dans le rôle de l’écorché vif (au propre comme au figuré) Dead, énigmatique bien qu’éphémère chanteur du groupe Mayhem. Le reste du cast joue bien son rôle aussi, mais la prestation de Kilmer éclipse le reste. Rory Culkin (Frère de Makauley) est aussi touchant qu’il est détestable par moment dans le rôle d’Euronymous. Emory Cohen (Brooklyn) joue le rôle de l’unique membre du groupe Burzum Varg Vikernes et, même si sa prestation est convaincante, on a du mal à trouver une quelconque ressemblance physique. Notons aussi la présence dans le rôle de Faust, le batteur du groupe Emperor qui n’est autre que Valter Skarsgård, le frère de Bill… (Bon, on va se calmer avec les liens familiaux).

En résumé, s’il n’est pas parfait, Lords of Chaos n’en est pas moins ce qui se fait de mieux en matière de biopic, un film qui ne cherche pas à donner une version édulcorée comme on peut le voir généralement dans ce genre d’exercice. On déplorera le rythme parfois inégal ainsi que la curieuse absence de musique dans la seconde moitié. Le film joue habilement entre les faits avérés et les « légendes urbaines » qui flottent autour d’une période fascinante de la musique métal et ne gâche en rien le mystère autour de cette sombre et captivante époque. Après tout, il s’agit d’un film, pas d’un documentaire. A ce propos, si le sujet vous intéresse, je vous conseille le documentaire de 2009 Until The Takes Light Us, avec des vraies interviews de Varg Vikernes en l’occurrence.

Après, si vous montrez le film à votre grand-mère, elle vous dira qu’elle vous avait pourtant prévenu que c’était la musique du diable. Mais au fait mamie, tu connais Gorgoroth?

Note : 16/20

Par Trasher

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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