Tarja – Colours in the Dark

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Avis :

Quand on obtient une certaine notoriété au sein d’un groupe, on peut attiser des jalousies et créer une mauvaise ambiance. D’un autre côté, c’est aussi peut-être grâce à cette notoriété que le groupe gagne en reconnaissance et en qualité. Il est donc difficile de faire la part des choses quand un tel cas arrive. En 1996, Tarja Turunen est un des membres fondateurs du groupe Nightwish qu’elle fonde avec son ami d’enfance Tuomas Holopainen. Le succès est au rendez-vous, vendant plus de trois millions d’albums dans le monde. En 2002, le groupe entame une tournée en Amérique du Sud. C’est après cette tournée harassante que Tarja décide de faire une petite pause sur sa carrière. Elle revient en 2005, mais le groupe prend la décision en octobre de se séparer de Tarja. Les spéculations ont eu bon dos, notamment concernant des accusations de manipulation de la part du mari et manager de Tarja. Tout cela fut rapidement démenti, et la chanteuse a annoncé sa volonté de faire une carrière solo. Le premier album solo sortira en 2006 et se fera assez discret. Ce n’est que son deuxième album qui sera un peu plus présent dans les sphères mondiales, My Winter Storm, et qui montrera que la belle a de la voix mais pas forcément la puissance musicale qu’avait Nightwish. Cela sera confirmé par What Lies Beneath, qui sera relativement mou et trop éloigné de son univers avec le groupe. C’est en 2013 que sort son dernier opus, Colours in the Dark, et il faut croire que la belle a compris les leçons de ses précédents albums, car elle offre quelque chose de beaucoup mieux !

L’album commence très fort avec Victim of Ritual, qui démarre avec un air de classique très connu, le Boléro de Ravel, laissant libre cours à la voix de Tarja, pour aborder un refrain énergique et de très bonne facture. Il s’agit là d’une très bonne entrée en la matière. Mais la surprise viendra surtout du deuxième morceau, 500 Letters, beaucoup plus planant, mais terriblement efficace, car il correspond plus à des standards hard rock/métal et il rentre plus facilement en tête. La rythmique est dynamique et s’éloigne du côté grandiloquent du symphonique métal. Mais côté grandiloquent, on le retrouvera très rapidement avec Lucid Dreamer et son aspect fantomatique et très construit, un peu comme un film. Si la sauce prend, la rupture qui essaye de simuler un rêve ou un cauchemar est bien trop longue. Cependant, le morceau reste efficace et c’est surprenant de trouver un album de Tarja où l’ennui ne pointe pas le bout de son nez dès la deuxième piste. Mais le plus surprenant réside surement dans les morceaux comme Never Enough ou encore Neverlight qui démarre comme de purs moments de métal avec des riffs ravageurs et une rythmique diabolique. On sent que la chanteuse a repris confiance en elle et se permet de s’éloigner du genre qui a fait son succès. Alors bien entendu, on n’évite pas les morceaux beaucoup plus calmes et les ballades, comme le planant Mystique Voyage, bien qu’un peu chiant ou le très beau Delivrance ou encore le très émouvant Until Silence. Néanmoins, on peut trouver un défaut au skeud, celui d’avoir mis deux ballades d’affilée à la fin de l’album, cassant, peut-être volontairement, une dynamique efficace et surprenante.

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Bien sûr, le principal atout de l’artiste et ce qui fait son charme, c’est sa voix lyrique qui se calque parfaitement à une mélodie métal. Dès le départ, elle montre tout son talent, que ce soit dans une rythmique basse et calme ou alors lors d’un refrain énergique et presque violent. Elle montre aussi toute son audace, partant dans des aigus magiques lors de refrains comme sur Victim of Ritual. Tarja montre aussi qu’elle peut faire des morceaux plus classiques dans leur construction, un peu plus accessible avec 500 Letters où sa voix s’accorde parfaitement. On pourra aussi se réjouir sur un morceau qui allie voix féminine et voix masculine avec Medusa qui ressemble plus à une musique de film qu’à un vrai morceau. Mais ne boudons pas notre plaisir de réentendre cette voix cristalline, qui peut partir dans tous les sens sans pour autant contenir une seule fausse note.

Au final, Colours in the Dark, le dernier album en date de Tarja est une belle réussite. Son principal atout viendra de son côté plus énergique et nerveux que ses précédents skeuds et cela fait plaisir. On pourra aussi prendre son pied avec cette magnifique voix qui manque tant à Nightwish qui se perd un peu dans un côté trop commercial. Bref, nous voici devant un album de bonne facture et qui mérite amplement une écoute prolongée !

  1. Victim of Ritual
  2. 500 Letters
  3. Lucid Dreamer
  4. Never Enough
  5. Mystique Voyage
  6. Darkness
  7. Delivrance
  8. Neverlight
  9. Until Silence
  10. Medusa feat Justin Furstenfeld

Note : 15/20

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Par AqME

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