décembre 5, 2020

Désenchantée – Saison 1 – Partie 2

D’Après une Idée de : Matt Groening

Avec les Voix de Abbi Jacobson, Nat Faxon, Eric André, John DiMaggio

Pays : Etats-Unis

Nombre d’Episodes : 10

Genre : Animation

Résumé :

Direction le royaume médiéval en ruines de Dreamland pour suivre les mésaventures de Bean, une jeune princesse picoleuse, de son compagnon, un elfe chicaneur nommé Elfo et de son propre démon, Luci. En chemin, le fantasque trio rencontrera des ogres, des lutins, des harpies, des diablotins, des trolls, des morses et beaucoup d’humains idiots.

Avis :

Matt Groening est un réalisateur et un créateur qui a rapidement connu le succès grâce à sa série phare, Les Simpsons. Toujours en cours aujourd’hui, la série fait partie du patrimoine commun et continue de faire rire des millions de personnes à travers le monde. Mais le plus drôle avec Matt Groening, c’est que son talent ne s’arrête pas à ses petits bonshommes jaunes, puisqu’il va transformer l’essai avec Futurama, une série animée qui prend place dans un hypothétique futur. Loin d’être vulgaires, toujours assez fines dans ce qu’elles dénoncent, les séries de Matt Groening sont toujours un évènement, que ce soit dans le domaine de l’animation ou même du petit écran en général. Alors forcément, Désenchantée était attendue au tournant lorsque Netflix avait annoncé sa venue. Et la première partie était relativement satisfaisante. Si l’on n’atteignait pas les sommets des deux séries précédemment citées, on restait dans quelque chose de frais, de drôle et qui avait des choses à dire tout en exploitant un univers déjanté et parfaitement tenu. Avec tout ça, la deuxième partie se faisait attendre avec une certaine impatience, et peut-être aurions-nous dû nous méfier. Car même si on prend toujours du plaisir à enchaîner les dix épisodes, on reste un ton en-dessous de la première partie, qui garde pour elle une certaine fraîcheur.

Nous avions laissé Bean avec sa mère, qui s’est avérée être une sorcière qui a tenté d’empoisonner le roi Zog. S’échappant de justesse, Bean va faire la découverte du territoire de sa mère, ainsi que de son oncle et de sa tante, qui semblent faire partie d’une secte un peu sataniste sur les bords. Voyant qu’elle n’est que l’objet d’une prophétie et que sa mère veut la forcer à mettre une couronne sur la tête, Bean s’échappe, tout en libérant Luci et Elfo des enfers. De retour chez elle, elle doit faire face à son père en dépression, mais aussi à des problèmes personnels, la jeune femme ne trouvant pas vraiment sa voie. En bref, on reste sur les sentiers de la première partie, en y rajoutant une dose de mysticisme sur les liens de parenté de Bean, mais sans jamais vraiment chercher le fond. Et c’est bien là tout le problème de cette deuxième partie, qui accumule des épisodes filler pour finalement ne pas proposer grand-chose de nouveau. On reste sur des épisodes qui peuvent parfois se voir indépendamment des uns et des autres et qui n’apportent pas ou prou de détails sur l’univers ou la vie tumultueuse de Bean.

Parmi les nombreux messages que l’on peut percevoir dans cette série, le féminisme prend une place de plus en plus importante. Outre le fait que Bean se cherche constamment et refuse toute autorité sur sa vie, on verra que les femmes ont un rôle essentiel. Que ce soit Ursula, la femme-ours dont Zog tombe amoureux ou encore Oona qui divorce et s’émancipe en prenant la mer, les femmes sont ici maîtresses de leur destin et seule Bean semble être enchainée à son rôle de princesse cracra qui fait tourner son monde en bourrique. Un monde qui se renferme sur lui-même, n’abordant finalement qu’un lieu, Dreamland, qui essaye de retrouver de la grandeur en s’ouvrant aux Elfes, ces derniers habitant finalement les caniveaux de la cité. On aura bien une paire d’épisode dans le royaume de la mère de Bean, une cité antique qui ressemble à l’Egypte ancienne, et un épisode dans un monde Steampunk (bien à la mode lui aussi), mais c’est bien peu de choses. En bref, c’est assez égocentré et cela manque de dépaysement, de voyage et d’envie d’aller ailleurs. Une chose assez étonnante quand on sait que l’émancipation féminine passe par le voyage et l’envie de fuir vers la nature et l’inconnu.

D’autres thèmes abordés sont assez sympathiques, comme l’avenir tout tracé de Derek, le fils du roi et d’Oona, qui va s’assoir pendant un temps sur le trône. Durant un épisode, on va voir la difficulté de vivre dans un château, loin de la populace, et de finalement en pas avoir d’amis. On pourra aussi évoquer le racisme latent, notamment chez les elfes où Elfo n’est pas forcément accepté à cause de sa couleur de peau et de son nez. On retrouvera les élucubrations de Luci, ce petit démon qui fait ressortir son côté pingre et manipulateur sur bien des moments. L’ambition sera aussi un thème récurrent dans cette saison, avec ceux qui veulent régenter le royaume, ceux qui veulent la mort du roi, ou encore ceux qui veulent qu’une prophétie se réalise. On aura aussi droit au combat entre croyance et science, notamment lors de la venue de l’homme avec sa machine volante. Bref, une multitude de thèmes plus ou moins réussis qui font de Désenchantée une série riche. Ajoutons à cela un humour léger et qui fait souvent mouche, ou encore une animation plutôt réussie et on obtient un mélange plutôt savoureux.

Mais il y a un mais. En effet, la série manque de rythme. Malgré sa courte durée, on va se surprendre à s’ennuyer plus d’une fois, notamment lors des épisodes redondants qui se concentrent sur un thème sans pour autant faire avancer le fil rouge. L’épisode avec les trolls du cirque est marrant, mais il n’apporte rien de concret. C’est le principal reproche que l’on peut faire à Désenchantée, de ne pas tenir sur la longueur, ne donnant que des miettes aux spectateurs pour continuer à regarder cette série, se terminant même pas un cliffhanger qui prend des allures de Deus Ex Machina pour annoncer une seconde saison. C’est un peu maladroit dans la façon de faire, et on sent qu’il y a des motivations budgétaires derrière.

Au final, la deuxième partie de Désenchantée est toujours aussi agréable, même si elle reste en-dessous de la première. Si l’humour est toujours présent, si l’univers est toujours aussi déjanté et si les mésaventures de Bean sont toujours aussi virevoltantes, il manque à cette deuxième partie un rythme soutenu et un approfondissement de l’histoire, que ce soit de l’univers ou des personnages. Ici, on avance à pas de loup et c’est dommage, car la façon de faire sent un peu la motivation pécuniaire et surtout, on n’a pas réellement de fin de cycle…

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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