décembre 2, 2020

Je Suis Heureux que ma Mère Soit Vivante

De : Claude Miller et Nathan Miller

Avec Vincent Rottiers, Sophie Cattani, Christine Citti, Yves Verhoeven

Année : 2009

Pays : France

Genre : Drame

Résumé :

Notre identité est un vêtement dont notre enfance a dessiné les coutures. La présence de ceux qui nous ont élevés, nos parents, a été fondatrice de ce que nous sommes. Mais que se passe-t-il quand il s’agit d’absence ? C’est une des questions posées par notre histoire.
Entre 7 et 20 ans, Thomas a recherché Julie, sa mère biologique. A l’insu de ses parents adoptifs, il va retrouver cette femme qui l’a abandonné à 4 ans et commencer auprès d’elle une « double vie ». Mais « qui a deux maisons perd la raison… » dit le proverbe.

Avis :

Claude Miller fait partie de ces cinéastes dont j’aime le cinéma depuis que j’ai regardé l’un de leur film. Bon, il faut dire aussi que j’ai commencé très fort, puisque j’ai regardé en premier « Garde à vue » et autant dire que le mot claque ne fut pas assez fort. Par les suites, j’ai découvert « Un secret« , « La petite Lili« , ou encore « Randonnée mortelle« . Cela fait sept ans maintenant que Claude Miller est décédé et son héritage regorge d’instants de cinéma qui ne demandent qu’à être découvert.

Dans la filmographie de Claude Miller, il y a un film qui se démarque parce qu’il n’a pas été réalisé par Claude Miller seul, mais par Claude Miller et son fils Nathan. Ce film, vous l’aurez compris, c’est « Je suis heureux que ma mère soit vivante » et l’on peut dire que le choix de travailler avec son fils sur ce film, qui aborde la famille, n’est pas anodin et au-delà de ça, on peut aisément penser que ce film-là peut être, pour les deux réalisateurs, un film très personnel. Tenu par un tout jeune Vincent Rottiers qui illumine chacune de ses scènes, « Je suis heureux que ma mère soit vivante » est un film intéressant à plus d’un titre. C’est aussi un drame dur, triste, qui aborde sans fard l’abandon d’un enfant et l’envie de découvrir et de savoir le pourquoi de cet abandon. Avec ce film, Claude Miller livre là un métrage troublant, émouvant et surprenant (cette fin !) … Bref, un bon cru.

Julie a eu Thomas et Patrick bien trop tôt, et même si elle a essayé de faire bien comme il faut, finalement, ce fut trop et après une erreur de jugement, ses enfants lui sont retirés. Julie décide alors de plus avoir de contact avec eux, les laissant à leur famille d’adoption. Le plus âgé, Thomas, qui avait alors quatre ans, n’arrive pas à comprendre ce choix et il va tout faire pendant les années suivantes pour retrouver sa mère biologique.

L’adoption, ou plutôt l’absence d’une mère et les dégâts, les obsessions que cela peut engendrer chez un être humain, voilà l’idée, le sujet que Claude Miller et son fils ont décidé de mettre en avant dans ce film. « Je suis heureux que ma mère soit vivante » est un bon film. C’est un film qui tient ses idées et va jusqu’au bout de celles-ci, allant même jusqu’à nous offrir une fin assez ambiguë.

Naviguant et oscillant entre le drame et un film sous tension qui, on l’imagine très vite, n’est qu’une bombe à retardement, Claude Miller et Nathan Miller ont pris le temps de peaufiner leur scénario. Ils ont pris le temps d’écrire leurs personnages, et même si parfois le film use de quelques facilités, et qu’il n’est pas toujours juste, surtout quand il nous raconte la partie adolescente de son personnage, « Je suis heureux que ma mère soit vivante » demeure néanmoins un film qui nous tient, qui nous intrigue, qui nous donne en permanence envie d’aller plus loin dans cette quête, dans ces découvertes, dans ces rapprochements. Miller, père et fils, imprègnent le film d’une tension qui n’est que grandissante, ce qui va installer beaucoup de suspens et de curiosités.

Toujours du côté du scénario, les deux réalisateurs abordent des sujets sensibles et pas si faciles que ça. Pas facile parce que premièrement, l’absence d’une mère a tant été traité qu’il est difficile de faire un film sans convoquer un côté déjà vu et difficile, car quand en plus de cette absence, on traite d’une d’obsession, on peut très vite tomber dans une caricature du psychopathe finalement. Dans un cas comme dans l’autre, les Miller évitent les pièges et dressent une intrigue et un portrait qui résonnent bons et beaux. Alors comme je le disais plus haut, ce n’est pas toujours très juste, mais le tout reste pertinent, et les personnages demeurent vraiment intéressants. On sent vraiment dans ce film une envie de bien faire, une envie d’éviter tout sensationnalisme ou pathos. Le film aborde une obsession, une envie d’être aimé, un manque, une incompréhension et les deux acteurs qui incarnent cette mère biologique et son fils sont excellents.

D’ailleurs, tout le casting est terrible et ils rehaussent le métrage des Miller. Vincent Rottiers brille à tout instant. Sophie Cattani est incroyable et ambiguë, tenant l’un des rôles les plus difficiles qu’elle ait pu jouer. Christine Citti est tout simplement formidable. Seul Yves Verhoeven est d’une part sous-exploité, et d’une autre, son personnage ne sert finalement pas à grand-chose, si ce n’est créer de la longueur. Bref, hormis donc Verhoeven, tout ce casting est merveilleux et il est clair que derrière toutes les bonnes choses qu’on trouve dans ce film, sans ce casting, « Je suis heureux que ma mère soit vivante » perdrait quelque peu en intérêt.

« Je suis heureux que ma mère soit vivante » est donc un bon cru signé Claude Miller et son fils Nathan Miller. Film très personnel dans un sens, puisque fait en famille, le film parle de la famille, les deux Miller nous entraînent bien dans cette quête d’identité et d’amour. Oscillant entre un intérêt certain tout du long, une ambiance qui ne fait que s’accentuer, des émotions pas toujours très justes, et des acteurs formidables, entre qualités et défauts, « Je suis heureux que ma mère soit vivante » mérite amplement qu’on s’y arrête.

Note : 13,5/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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