La Casa de Papel Saison 3

D’Après une Idée de : Alex Pina

Avec Alvaro Morte, Ursula Corbero, Itziar Ituno, Pedro Alonso

Pays : Espagne

Nombre d’Episodes : 8

Genre : Thriller

Résumé :

Après avoir pris la fuite avec un milliard d’euros provenant de la Fabrique Nationale de la Monnaie et du Timbre, le Professeur reçoit un appel : l’un des membres de la bande a été capturé. Le seul moyen de lui venir en aide tout en protégeant la location secrète des autres est de tous les réunir pour réaliser un nouveau braquage, le plus grand casse jamais imaginé.

Avis :

Précédé d’un excellent bouche à oreille qui a fini par devenir viral et créé le buzz sur toute la toile, La Casa de Papel est, encore et toujours, la série espagnole qui connait le plus gros succès sur Netflix. A un tel point que cela a permis à d’autres séries de voir le jour, comme Elite par exemple. Cependant, le buzz, le bouche à oreille, un succès qui devient populaire, tout ça n’est pas toujours gage de qualité et c’est un peu le cas avec cette série. Non pas que ce soit ultra mauvais, mais l’emballement général est très largement exagéré. Si la deuxième partie, plus courte et plus dynamique, était un poil plus sympathique, on restait tout de même sur quelque chose de sur-écrit, de pas naturel et cela est dérangeant quand on veut faire quelque chose de réaliste. Le succès étant tel que les showrunners ont cru bon de faire une troisième saison qui viendrait après le casse de la fabrique de la monnaie espagnole. Un casse plus extraordinaire, un nouveau défi pour le Professeur de nouveaux arrivants. Peut-être n’auraient-ils dû pas faire ça…

Très clairement, quand on regarde le pitch de cette saison, on voit bien que les showrunners ont décidé de faire quelque de plus gros, de plus lourd et qui, finalement, délaisse complètement l’aspect crédible de la chose. Ici, Rio se fait capturer par la police espagnole et torturer afin de retrouver le Professeur. Tokyo, détruite après ce drame, décide d’appeler le Professeur pour sauver Rio. Dès lors, un nouveau casse se met en place, afin d’attirer l’attention de la policier et de négocier la libération de l’ancien acolyte. Un plan élaboré de longue date bien avant celui de la Fabrique de la Monnaie et qui va réaliser le rêve d’un ancien ami de Berlin, ici nommé Palerme. Avec un tel scénario, difficile d’y voir clair dans le jeu des scénaristes qui mettent tous les moyens du côté des braqueurs pour rentrer dans la banque avec de lourdes provisions. Bazooka, four industriel, machines à souder, caisson de dépression, bref, la livraison est aussi lourde que le scénario et l’ensemble ne tient pas du tout la route. C’est un des gros points négatifs de cette saison qui n’arrive pas à rendre l’ensemble vrai et manque totalement de justesse dans son propos. Certes, on est dans de la fiction, mais de la fiction qui se veut ancrée dans le réel, et force est de constater que là, rien ne marche.

Ce qui marche encore moins, c’est la raison de ce regroupement. Reconstituer l’équipe avec trois nouveaux pour sauver l’un d’entre eux qui s’est fait capturer par la faute de Tokyo (encore elle), c’est un peu lourd et n’a pas réellement de sens. Même si l’aspect, on est une famille, il s’est battu pour nous et on se battra pour nous, peut paraître plausible, c’est bien trop incongru, surtout pour certains personnages qui ont tout à perdre, Denver et Stockholm en tête, maintenant mariés et avec un petit garçon. Les interactions entre les personnages ne marchent plus vraiment. On retrouve les mêmes thèmes brassés auparavant, comme l’homosexualité, et l’amour que porte Helsinki à Palerme, mais aussi la parentalité et les raisons d’un braquage. L’amour reste un vecteur d’ennui et d’échec, la preuve en est entre le Professeur et Lisbonne, ou encore entre Tokyo et Rio, une relation toxique improbable et qui ne va que semer les graines de la discorde. Rien n’est vraiment intéressant, tout est surjoué, sur-expliqué et finalement, toutes les relations apparaissent comme superficielles et propices à des querelles incessantes. Au bout d’un moment, les entendre beugler des phrases philosophiques sur l’amour ou le sexe en plein braquage, c’est insupportable et dessert complètement le propos. Les dialogues, récités comme des monologues, finissent de plomber une ambiance exagérée et lourde.

Quant aux personnages en eux-mêmes, les évolutions ne sont pas visibles et certaines paraissent même complètement vaines. Commençons donc par la pire de toutes, celle de Tokyo, qui est vraiment le cancer de cette série. Toutes les emmerdes proviennent de cette nana qui ne tient pas en place, qui joue constamment avec le feu et qui finit à chaque de se brûler et d’appeler à l’aide comme une enfant gâtée pourrie. Elle est détestable et Ursula Corbero est constamment en surjeu pour jouer la colère. Rio n’est pas en reste, faisant ici le débile de façon outrancière en quittant Tokyo alors qu’elle fait des pieds et des mains pour le sauver. Une réaction puérile qui ruine la saison. Pour les autres anciens, les engueulades ne seront que le fruit de non-dits intempestifs et d’incompréhension face à des situations pourtant claires. Mais le pire réside dans les nouveaux arrivants, gentils comme méchants. Bogota est un type bourru et machiste qui remplace Moscou pour faire des trous et son personnage n’est pas plus développé. Marseille est un ancien militaire qui passe son temps à faire du vélo ou à marcher à pied. Quant à Palerme, c’est certainement la pire chose qui soit arrivée à la saison. Détestable au plus haut point, il s’agit du personnage le moins intéressants, autant dans son discours que dans sa façon de gérer le conflit. Un calvaire. Du côté des flics, Tamayo est ridicule de nervosité, mais c’est surtout Alicia Sierra, une femme enceinte jusqu’au cou, qui parait sympathique, mais qui pratique aisément la torture, qui sera le protagoniste le plus agaçant. On se croirait dans un manga avec un méchant qui en fait des caisses, paraissant gentil, mais cachant un monstre à l’intérieur. Bref, là aussi, c’est une purge infâme.

Au final, cette troisième saison de La Casa de Papel est clairement la plus mauvaise et celle qui a le moins d’intérêt. On sent qu’elle a été faite pour le pognon et pour surfer sur un succès encore chaud. Partant totalement en vrille, délaissant l’aspect crédible des deux premières saisons, insérant de nouveaux personnages qui ne servent à rien ou sont carrément pénibles, on ressent bien le côté forcé et les messages en direction des minorités qu’il faut constamment prendre en compte maintenant, notamment les féministes et leur fameux patriarcat. Bref, la saison de trop qui n’a plus rien à raconter et qui déçoit fortement. Encore une fois, il vaut mieux ne pas croire la hype…

Note : 08/20

Par AqME

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