octobre 28, 2020

Greener Grass

De : Jocelyn DeBoer et Dawn Luebbe

Avec Dot-Marie Jones, D’Arcy Carden, Jim Cummings, Beck Bennett

Année: 2019

Pays: Etats-Unis

Genre: Comédie, Fantastique

Résumé :

Jill et Lisa vivent dans un quartier de banlieue idyllique. Lorsque Jill, dans un geste altruiste, offre son nouveau-né à Lisa, la paranoïa la submerge, tandis que ses peurs et ses angoisses se dénouent rapidement.

Avis :

Jocelyn DeBoer et Dawn Luebbe s’associent en 2015 pour fonder Gulp Splash Productions. Au sein de cette société de production, elles écrivent, produisent et réalisent trois drôles de courts-métrages, « Greener Grass » en 2015, « Buzz » en 2016 et « The Arrival » en 2017. On notera aussi que les deux réalisatrices touchent à tout, jouent dans leurs propres films. Avec ces courts-métrages débridés, elles se font remarquer dans le monde des festivals, puisque les trois films ont participé à plus de 70 festivals. « Greener Grass« , adapté du court du même titre donc, est leur premier long-métrage.

Si l’on cherchait un trip cette année au festival de Deauville, alors il fallait regarder du côté de « Greener Grass« , qui rien que par son affiche délirante, annonçait déjà la couleur, et à la découverte du film de ces réalisatrices, « Greener Grass » fut une expérience des plus troublantes, et ça, pas forcément dans le bon sens du terme. Voulant s’amuser des stéréotypes de l’Amérique, voulant en faire une caricature, DeBoer et Luebbe livrent un film farfelu, qui ouvre des pistes, beaucoup de pistes, et finalement, elles n’en font rien. Si le délire peut être charmant au départ, très vite, le tout devient lourdingue et incompréhensible, un constat qui est vraiment dommage, car dans leur idée de base, il y avait vraiment de la matière.

Jill et Lisa vivent dans un quartier idyllique. Chacune est mariée, chacune a une belle maison et plus largement une belle vie confortable. Dans la vie de Lisa, seul lui manque un enfant, et comme Jill est sa meilleure amie, et qu’elle a déjà un enfant, elle décide alors, dans un geste altruiste, de lui donner le nouveau-né qu’elle vient d’avoir. Ce geste d’une amie à l’autre partait au départ d’un bon sentiment, mais il va être annonciateur de bien des curiosités dans la vie des deux femmes et tout particulièrement celle de Jill.

« Greener Grass« , c’est le film qui s’annonçait impossible à prévoir, tant l’affiche et son synopsis sortaient de l’ordinaire.

Quand on entre dans « Greener Grass« , d’emblée on pense à un mélange entre le cinéma de John Walter et de Tim Burton à ses débuts. La caricature de la banlieue américaine parfaite, ces couleurs pastels, ces habitants bien sous tout rapport. Il y a vraiment un charme et une loufoquerie qui se dégagent de l’ensemble. De plus, les deux réalisatrices annoncent clairement la couleur, leur film sera une comédie. Mais voilà, si l’ensemble nous amuse en entrée, une fois le plat de résistance arrivé, le tout retombe et plus l’intrigue avance et plus cette dernière vire au tordu, au n’importe quoi, à l’aucun sens. On s’accroche pourtant, on essaie de pousser la réflexion très loin, trop loin, puisqu’on quitte la salle avec beaucoup d’interrogations en tête. Qu’est-ce que les deux réalisatrices ont voulu nous raconter ? Pourquoi tel ou tel élément ? Pourquoi ces choix ?

Le scénario à des idées intéressantes, dans un sens, on peut même dire qu’il est riche, mais c’est aussi ça son problème. En fait, « Greener Grass » est un film trop riche, beaucoup trop riche. Les deux réalisatrices s’aventurent à droite, à gauche, elles lancent tellement de pistes, elles ouvrent tant de perspectives et finalement, mis à part évoquer ces pistes, elles n’en font rien, elles ne vont au bout de rien. Et au-delà de cela, « Greener Grass« , avec tant de sujets, finalement se noie lui-même et il apparaît vide. On aurait presque l’impression que les deux réalisatrices ont eu l’idée d’un film trash, d’un film fou, d’un film loufoque ou une femme pourrait accoucher d’un ballon de foot, où un enfant se transforme en chien, ou encore des enfants qui s’échangent, tout ça pourrait tenir, faire un bon film, mais non, le film sera plus que ces idées tordues. Certes, c’est parfois drôle, mais dans le fond, ça ne raconte pas grand-chose.

Alors bien entendu, il faudra composer avec les métaphores et bien sûr les bonnes idées que le film a, comme la critique de société, le fait que tout se normalise, tout se ressemble, ou encore l’influence néfaste de la télévision ou l’envie d’avoir son quart d’heure de gloire. D’ailleurs, peut-être qu’un second visionnage pourrait éclairer bien plus, mais à la sortie, la déception et la frustration aidant, finalement, on n’a pas envie de s’y replonger. On n’a pas envie de lui laisser une chance de se faire comprendre, tant l’ennui et l’agacement ont gagné du terrain.

« Greener Grass« , le premier film de Jocelyn DeBoer et Dawn Luebbe est donc une belle déception. Tordu et incompréhensible, on en ressort désabusé car plus d’une idée est bonne et sur l’ensemble, aussi bien dans l’intrigue que l’univers des deux femmes, il y avait vraiment matière, mais rien n’y aura fait…

Note : 05/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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