octobre 26, 2020

Port Authority – Queers and Queens

De : Danielle Lessovitz

Avec Fionn Whitehead, Leyna Bloom, McCaul Lombardi, Louisa Krause

Année : 2019

Pays : Etats-Unis

Genre : Drame

Résumé :

C’est l’histoire d’une rencontre, entre un jeune homme blanc qu’on prend pour un loser et qui tente de survivre dans un New York qui ne veut pas de lui, et une « famille » de danseurs noirs et queer de Harlem adeptes du « voguing ». Parmi eux, il y a une fille superbe. Mais voilà, elle n’est pas seulement une fille superbe.

Avis :

Née à San Francisco, Danielle Lessovitz vit et travaille à New York, mais également dans d’autres pays comme l’Italie, l’Équateur, le Brésil et la Chine. Elle étudie à l’Université de Northwestern, où elle se spécialise dans le cinéma documentaire, et où elle commence à écrire des scénarios et à mettre en scène. Elle coécrit « Mobile Homes » avec le réalisateur Vladimir de Fontenay. Le film est sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs en 2017. « Port Authority » est son premier long-métrage en tant que réalisatrice.

Avec son affiche colorée, j’étais très curieux de découvrir « Port Authority« , dont la bande-annonce annonçait un film touchant, plein de couleurs, de sentiments et d’humanité. Présenté en compétition officielle, ce premier film de Danielle Lessovitz est une petite merveille, qui invite à la tolérance, et nous raconte une belle histoire d’amour, loin des stéréotypes et des clichés habituels. Devant « Port Authority« , on sourit, on est séduit, on est touché en plein cœur et surtout, on ne le voit pas passer, tant ses personnages furent merveilleux à suivre. Si cette sélection deauvilloise a mis du temps à convaincre, on peut dire qu’elle nous aura surpris en gardant ses merveilles en deuxième partie de festival.

C’est l’histoire d’une rencontre entre un jeune homme blanc qu’on prend pour un loser et qui tente de survivre dans un New York qui ne veut pas de lui, et une famille de danseurs noirs et queers de Harlem, adeptes du voguing. Parmi eux, il y a une fille superbe. Mais voilà, elle n’est pas seulement une fille superbe…

Pour une fin de festival, quoi de mieux qu’une bonne bouffée d’air frais. « Port Authority« , c’est le petit film fait du bien au moral et aux émotions. Pour son premier film, Danielle Lessovitz a décidé de nous raconter une histoire qui ressemble à beaucoup et qui en même temps est toute différente de ce qu’on peut avoir l’habitude de voir. « Port Authority« , c’est l’histoire d’un jeune garçon qui vient vivre à New-York pour échapper à sa vie et qui tombe fou amoureux d’une jeune femme au lourd passé, si l’on peut dire ainsi.

Ce qui il y a de très bien avec « Port Authority« , c’est la direction que sa réalisatrice a choisi pour raconter son histoire. « Port Authority« , derrière son histoire d’amour, nous raconte surtout une histoire difficile, surprenante dans un sens, et qui va être loin de tout cliché et autre misérabilisme. « Port Authority« , c’est un film qui invite à la tolérance et au dialogue. C’est un film qui offre de belles réflexions sur des sujets importants. Avec ce film, Danielle Lessovitz veut démontrer qu’on ne choisit pas de qui on tombe amoureux et que l’être humain peut être plein de surprises. Évoluant dans un New York volontairement rétro, alors qu’il est très actuel, Danielle Lessovitz parlera dans ce film d’amour dans tous les sens du terme. Elle parlera de respect, d’acceptation de soi, de vision de société, ou encore de l’Amérique sous Trump, évoquant l’extrême pauvreté de certaines classes, essayant de s’en sortir comme elles le peuvent. Danielle Lessovitz a pris le temps d’écrire un récit qui a du fond dans chacun des sujets qu’elle va aborder. Ici, rien n’est gratuit ou survolé, tout trouve un sens, un fond, une cohérence et surtout tout se conjugue, et le résultat donne un très beau métrage, doublé finalement d’un joli coup de cœur.

Ce coup de cœur, il se prolonge aussi dans la mise en scène de sa réalisatrice. « Port Authority« , c’est une ambiance, c’est un cachet, c’est un charme. Danielle Lessovitz sublime les rues de New York, tout comme elle offre des moments de cinéma qui sont en apesanteur. « Port Authority« , c’est romantique, sans trop en faire. Danielle Lessovitz filme magnifiquement son couple, leurs moments intimes, leur complicité ou leurs engueulades et leurs doutes. On notera aussi qu’il y a au sein de cette œuvre, un gros travail sur le corps et la danse. Puis il y a la BO et les soundtracks qui jouent énormément sur le film. Bref, c’est beau, c’est en apesanteur et l’instant passe bien trop vite.

Enfin, un dernier coup de cœur pour les comédiens de ce film et plus particulièrement pour Fionn Whitehead, qui continue parfaitement sur sa lancée et Leyna Bloom qui est une tendre révélation.

Beau, profond, traitant avec importance et pudeur des sujets durs, pour son premier film, Danielle Lessovitz s’impose d’emblée comme une cinéaste qui en plus d’être intéressante, pose un regard comme on en voit que trop rarement. De scène en scène, de moment intime en complicité parfaite, de regards en silences qui en disent très long, en sujets complexes, « Port Authority » réussit tout ce qu’il entreprend, et l’on en ressort avec le sourire. On en ressort même avec l’envie de s’y replonger vite.

Note : 15/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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