novembre 30, 2020

Le Chardonneret – Crowley en Deuil

Titre Original : the Goldfinch

De : John Crowley

Avec Ansel Elgort, Oakes Fegley, Nicole Kidman, Jeffrey Wright

Année: 2019

Pays: Etats-Unis

Genre: Drame

Résumé:

Theodore « Theo » Decker n’a que 13 ans quand sa mère est tuée dans une explosion au Metropolitan Museum of Art. Cette tragédie va bouleverser sa vie : passant de la détresse à la culpabilité, il se reconstruit peu à peu et découvre même l’amour. Tout au long de son périple vers l’âge adulte, il conserve précieusement une relique de ce jour funeste qui lui permet de ne pas perdre espoir : un tableau d’un minuscule oiseau enchaîné à son perchoir. Le Chardonneret.

Avis:

John Crowley est un réalisateur anglais dont j’aime énormément le cinéma, notamment parce qu’il a fait mon film préféré, « Boy A« . Depuis la découverte de ce petit chef-d’œuvre, je suis très assidûment le travail de Crowley. John Crowley est un réalisateur qui ne fait pas de bruit, mais qui offre très régulièrement aux spectateurs de nouveaux films. Après une dizaine d’années en Angleterre, John Crowley s’est envolé pour les États-Unis il y a cinq ans de cela. Arrivé aux USA, il a d’abord travaillé sur la saison 2 de « True Detective« , avant d’aller aux Oscars avec son film « Brooklyn« .

Trois ans après « Brooklyn« , John Crowley nous revient avec son film peut-être le plus ambitieux, « Le Chardonneret« . Fresque de deux heures et demi, qui aborde principalement le deuil, je dois avouer que j’attendais énormément ce nouveau Crowley, parce que le sujet m’intéressait, parce que j’aime les acteurs, Crowley faisant tourner Kidman, ça me faisait rêver. Puis la bande-annonce n’a fait que piquer encore plus mon attente, tant cette dernière annonçait une grande œuvre de cinéma. Finalement, à la sortie de la séance, même si dans l’ensemble, le moment ne fut pas désagréable, j’en ressors avec des déceptions. Des déceptions parce que le film traîne en longueur. Des déceptions parce que cette histoire manque d’émotion. Des déceptions parce que sa deuxième partie est maladroite et fait retomber l’intérêt qu’on a pour le film. Bref, j’attendais mieux de John Crowley, même si, je me répète, dans l’ensemble, c’est loin d’être mauvais.

Théo est un jeune garçon de douze comme tous les autres. Un matin, il va perdre sa mère de façon brutale, quand une bombe explose dans un des grands musées de New York. Théo s’en sortira physiquement indemne, mais cette perte va bousculer son existence à jamais…

« Le Chardonneret« , c’est le film dont je sors avec des sentiments partagés, car sans être mauvais, il fut assez loin des merveilles attendues. Monté comme un puzzle, « Le Chardonneret » présente des inégalités, arrivant parfois à être flamboyant, notamment quand il parle d’amitié, le film a aussi tendance à retomber dans l’anecdotique et le classique.

Si on prend cette histoire en elle-même, sur toute sa ligne, il est vrai que le film de John Crowley se fait intéressant et l’on a en permanence envie d’aller plus loin, de savoir le pourquoi du comment, même s’il faut aussi avouer que l’ensemble demeure très prévisible et offre bien peu de surprises. Dans son fond, « Le Chardonneret » est un film qui s’intéresse de près au sentiment de culpabilité et se pose comme un récit initiatique pour sortir de cette dernière.

Divisé en deux parties qui s’entremêlent, une sur l’enfant et une sur l’homme qu’il est devenu, là encore le film est très inégal, car si tout ce qui est fait autour de l’enfant est vraiment très bien, ce qui est fait autour de l’adulte, surtout dans la toute dernière partie, a bien du mal à convaincre pleinement. Certes, le tout se regarde et ce n’est pas désagréable, mais il faut avouer aussi que sur la partie adulte, le tout apparaît comme factice et surtout, et c’est là le plus gros défaut du film, l’ensemble manque cruellement d’émotion. On aurait aimé être bouleversé par cette histoire, qui sur le papier est bouleversante, mais à l’écran, si elle est souvent touchante, notamment, je le répète, sur la partie enfant, sur l’ensemble, cette histoire ne nous transcende pas et c’est tellement dommage.

Dommage, car en plus de ça, les comédiens sont bons, notamment le petit Oakes Fegley qui est une très belle révélation. Ansel Elgort est quasi parfait, quant à Nicole Kidman, elle tient un rôle à sa mesure, l’actrice en impose en très peu de scène. On pourra aussi noter l’accent russe de Finn Wolfhard, ou encore l’excellente Sarah Paulson, qui n’a besoin que d’apparaître à l’écran pour captiver.

Enfin, et c’est peut-être là qu’est la plus grande déception, c’est du point de vue de la mise en scène de John Crowley. Il faut reconnaître que visuellement parlant, « Le Chardonneret » est très beau, tenant de belles images, une photographie de qualité, et même de très belles scènes, mais pourtant, malgré tout ceci, « Le Chardonneret » a du mal à fonctionner. Si on a déjà évoqué le manque d’émotion, il faut aussi parler du choix de monter le film en puzzle. Si le film a tendance à s’étirer sur la longueur, l’œuvre fait deux heures et demi, il faut aussi dire que ces allers-retours entre l’enfant et l’adulte manquent de subtilité, quand ils ne sont pas mal amenés tout simplement. De plus, à l’intérieur des différentes parties, Crowley fait des ellipses qui sont confuses. Des ellipses qui amènent des rebondissements qui arrivent comme un cheveu sur la soupe. Et on ne parlera pas du final à Amsterdam qui est très vite expédié.

Bref, entre qualités et défauts, « Le Chardonneret » est un film inégal, qui se regarde certes, qui se fait divertissant sur une grosse partie, mais malheureusement, malgré la bonne volonté de l’équipe, finalement, ce qui en ressort le plus, au-delà du manque de subtilité, ou d’une certaine confusion dans son montage, au-delà de ses longueurs, ce qui déçoit le plus, finalement, c’est qu’on se trouve face à une œuvre froide, qui manque vraiment d’émotion. Dommage.

Note : 12/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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