Trois Jours et une Vie – Boukhrief Le Maître

De : Nicolas Boukhrief

Avec Sandrine Bonnaire, Pablo Pauly, Charles Berling, Philippe Torreton

Année : 2019

Pays : France

Genre : Thriller, Drame

Résumé :

1999 – Olloy – Les Ardennes belges.
Un enfant vient de disparaître. La suspicion qui touche tour à tour plusieurs villageois porte rapidement la communauté à incandescence. Mais un événement inattendu et dévastateur va soudain venir redistribuer les cartes du destin…

Avis :

Nicolas Boukhrief est l’un des cinéastes français qui me fait le plus vibrer. Réalisateur au ton particulier, qui ancre ses films dans une ultra réalité, en un peu plus de vingt ans, Nicolas Boukhrief s’est bâti une filmographie admirable, « Va mourir« , « Le convoyeur« , « Cortex« , Gardiens de l’ordre, « Made in France« … Bref, autant de films qui valent le détour et encore, je reste certain que j’en oublie.

Adaptant Pierre Lemaitre (le « Au revoir là-haut » d’Albert Dupontel, c’était lui aussi), Nicolas Boukhrief nous livre un très grand film. « Trois jours et une vie » est un film puissant et angoissant. C’est un film qui marque profondément dans tous ses aspects. Que ce soit du côté de son horrible et passionnante intrigue, que ce soit du côté de sa mise en scène, tendue et ultra réaliste, ou encore de ses comédiens tous excellents de bout en bout, Nicolas Boukhrief nous entraîne sans jamais nous lâcher dans un film qui peu à peu s’affirme désormais comme un pilier dans la filmographie de son auteur. Intense, injuste, captivant, on aurait presque envie de dire que « Trois jours et une vie » est le chef d’œuvre de Boukhrief!

Décembre 1999, Olloy, un petit village sans histoire dans les Ardennes Belges. Le petit Rémi Desmelt, six ans, vient de disparaître. Un enlèvement ? Un meurtre ? Un accident ? Dans le village, les soupçons commencent à affluer. Alors que les recherches s’organisent, notamment des battues dans la forêt qui entoure le village, un événement va venir tout ravager et brouiller encore plus les pistes…

« Trois jours et une vie« , ne cherchez plus, est le film de la semaine, et même de cette rentrée. Redoutable polar, drame profond et humain, « Trois jours et une vie » est un morceau de cinéma puissant qui va poursuivre son spectateur bien longtemps après l’avoir découvert. Pour ma part, c’est bien simple, il hante mes pensées, au point d’avoir envie de m’y replonger immédiatement.

Partant avec une histoire assez simple en fin de compte, un enfant disparaît, nous, spectateurs, connaissons le coupable, les circonstances et les faits, le réalisateur va pourtant tisser un récit incroyable qui va aller de surprise en surprise.

Le point fort de ce récit, c’est tout d’abord, que c’est Pierre Lemaitre lui-même qui a scénarisé le film. Ainsi, l’écrivain connaît chaque recoin de son histoire et il peut donc en faire sortir toute sa force et sa noirceur et toute son humanité.

« Trois jours et une vie« , c’est donc un récit brillant qui prend le temps d’installer une ambiance, une tension et surtout le film prend le temps d’installer ses personnages. Ce qui marque dans cette histoire, c’est la simplicité des faits, l’ordinaire de son horreur et l’humanité qui se dégage de toute cette histoire. « Trois jours et une vie« , c’est une histoire qui pourrait arriver dans un sens à n’importe qui. Puis à travers cette histoire, Pierre Lemaitre et Nicolas Boukhrief questionnent énormément sur la culpabilité. Celle d’un enfant, puis d’un adulte et si finalement, la première partie basée sur l’enfant est intéressante en tout point, c’est bien celle sur l’adulte qui bouleversera, celle qui marquera le film au fer rouge, celle qui nous poursuit en sortant de la salle. Cette deuxième partie est plus dure et sombre que ne l’était la première. Il y a un poids qui s’écrase littéralement sur certains personnages, et plus le récit avance, plus Nicolas Boukhrief, grâce à la subtilité de sa mise en scène, nous fait ressentir ce poids immense. C’est aussi ce poids et la question sur ce qu’il va se passer, comment cette histoire peut finir, qui nous tient encore et toujours sur ces deux heures de métrage. Deux heures qui passent comme une seule. Puis, si le film était brillant et passionnant, quand arrive le final, alors, scénariste et réalisateur font basculer le métrage dans une autre dimension. Mensonge, vérité, révélation, enfermement, soupçon, délivrance et piège… Bref, ce final est parfait pour cette histoire et avec tout ce qui a été fait avant, avec tout la maitrise, les émotions, la tension, et cette ambiance dérangeante tant elle résonne comme véridique, tous éléments réunis poussent peu à peu à prononcer le mot chef-d’œuvre. « Trois jours et une vie » est une apothéose du cinéma de Boukhrief !

Pour ce petit bijou, le réalisateur a fait appel à un casting des plus solides. Si Sandrine Bonnaire, Charles Berling, Philippe Torreton, Margot Blancilhon, Dimitri Storoge, ou encore Arben Bajraktaraj sont parfaits, « Trois jours et une vie » est un film qui passionne grâce à Jeremy Senez et Pablo Pauly. Le premier, dont c’est la première fois à l’écran, est incroyable de justesse, quant au deuxième, il confirme qu’il est bien un grand acteur. On ressent tout ce qui le traverse, la culpabilité, le doute, et le piège qui se referme sur lui, amenant cette histoire vers une grande tragédie.

Un film de Nicolas Boukhrief est toujours une très bonne nouvelle pour le cinéma français, mais là, le réalisateur vient de franchir clairement un cap. « Trois jours et une vie » est un drame brillant, un polar passionnant et je le répète, car c’est ce qui est le plus dérangeant et intéressant dans ce film, Nicolas Boukhrief livre surtout un film bourré d’humanité. Bref, on n’en attendait pas autant !

Note : 18/20

Par Cinéted

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Facebook : Lavisqteam.fr – Contact: lavisqteam@laposte.net