décembre 5, 2020

Mickey and the Bear

De : Annabelle Attanasio

Avec Camila Morrone, James Badge Dale, Calvin Demba, Ben Rosenfield

Année : 2019

Pays : Etats-Unis

Genre : Drame

Résumé :

Mickey Peck, une adolescente du Montana, a la lourde responsabilité́ de s’occuper de son père, un vétéran accro aux opiacés. Quand l’opportunité́ se présente de quitter pour de bon le foyer, elle fait face à un choix impossible…

Avis :

Annabelle Attanasio est une jeune réalisatrice américaine qui a commencé sa carrière en tant que comédienne. Après quelques rôles par-ci par-là, très vite, Annabelle Attanasio s’est rendue compte qu’elle était bien plus attirée par la réalisation. C’est en 2014 qu’elle saute le pas avec un premier court-métrage. S’en suivra alors trois autres films, puis enfin, à force de travail, elle réussit à trouver le chemin du financement pour un long.

Le festival de Deauville a décidé cette année de mettre en lumière le travail de jeunes réalisatrices. Parmi toutes les réalisatrices, aujourd’hui, on s’arrête sur le cas d’Annabelle Attanasio qui vient donc présenter « Mickey and the bear« , son premier long-métrage. S’aventurant sur les routes du drame, Annabelle Attanasio crée une belle surprise avec un premier film intéressant de par son sujet et son choix impossible. Porté par une mise en scène élégante et une actrice impeccable qui est une petite révélation, « Mickey and the bear » a tout pour séduire.

Mickey Peck, une adolescente qui vit dans le Montana, dans une petite ville perdue au beau milieu de nulle part, a la lourde responsabilité de s’occuper de son père, un vétéran accro aux opiacés. Sa vie est difficile, partagée entre les études et le quotidien. Un bon matin, Mickey se voit l’opportunité de quitter pour de bon le foyer. Mais ce possible envol se heurte alors à un choix impossible…

Pour son premier film, « Mickey and the bear« , la réalisatrice a décidé d’explorer un sujet intéressant. Doté d’un scénario pointu, ce premier film s’arrête sur de très bonnes questions. « Mickey and the bear« , c’est un film qui parle de l’adolescence et qui dresse un très joli portrait tout en nuances d’une jeune femme qui doit grandir plus vite qu’elle ne l’aurait imaginée. Avec ce film, Annabelle Attanasio parle de l’adolescence, de l’innocence de l’adolescence, de ce moment où tu perds cette adolescence, ce moment où la vie t’impose des choix qui te détermine, des choix qui sont impossibles et qui pourtant doivent être fait. Annabelle Attanasio impose des choix à son personnage qui sont tous intéressants, aussi bien dans leur existence que dans leur choix ou leurs réponses. Comment quitter ce père fragile et malade, mais en même temps comment ne pas s’envoler vers sa propre vie ? C’est compliqué et en même temps la réalisatrice traite le tout de manière juste, avec dureté, voire injustice quand il le faut, alors que d’autres fois, elle se pose et observe simplement son personnage évoluer, se chercher, choisir.

Pour soutenir cette histoire, « Mickey and the bear » est très joliment mis en scène. Alors que parfois, le film s’aventure dans un drame dur, il y a une certaine délicatesse qui s’élève de l’ensemble. Annabelle Attanasio prend soin de l’histoire qu’elle nous raconte, même si on peut retrouver quelques maladresses, comme on en trouve souvent dans un premier film. Le fait par exemple de vouloir parler de trop de choses en un seul film. On aura aussi un petit problème de rythme, le film ayant tendance à s’étirer en longueur. Mais face à ces petits défauts, le reste est si bien fait, il se dégage une telle envie de faire et d’offrir un cinéma qui fait autre chose, qu’on ne peut qu’encourager ce genre d’initiative.

« Mickey and the bear« , c’est aussi une belle distribution, notamment son duo de tête. Si l’on retiendra des comédiens tels que Ben Rosenfield ou Calvin Demba, il faut dire qu’ils sont loin d’être aussi prenants que Camila Morrone et James Badge Dale. La première qu’on connaît vraiment peu tient presque tout le film à elle seule. Elle dégage autant de fragilité que de force. Le deuxième est lui plus connu et il est aussi un acteur très sous-estimé et ça fait du bien de le voir dans des rôles comme celui-là, car il démontre qu’il est capable de tenir bien plus, et pourquoi pas, tout un film sur ses épaules.

Ce premier film, malgré ses petits défauts, se trouve être une jolie réussite. Annabelle Attanasio livre un film touchant et sensible, qui aborde avec intelligence et intérêt des sujets qui sont assez sensibles et au vu du résultat, il ne serait pas incertain que la réalisatrice rafle un prix dans cette édition, du moins on l’espère.

Note : 13/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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