American Woman

De : Jake Scott

Avec Sienna Miller, Christina Hendricks, Aaron Paul, Will Sasso

Année : 2019

Pays : Etats-Unis

Genre : Thriller

Résumé :

Une jeune adolescente disparaît mystérieusement dans une ville rurale de Pennsylvanie. Deb Callahan, sa mère de 31 ans qui travaille comme caissière dans un supermarché, se retrouve alors seule à élever son petit-fils encore bébé. Elle va devoir affronter ses errements passés pour se construire une nouvelle vie d’adulte. Mais sa quête est remise en question le jour où la vérité sur la disparition de sa fille éclate…

Avis :

Dans la famille Scott, je demande le fils Jake Scott. On le sait peu, car on a tendance à l’oublier, mais dans la famille des Scott, le fils de Ridley est aussi réalisateur et dans un sens, on peut dire qu’il offre un cinéma aussi intéressant que celui de son père et de son oncle. Très différent du reste de sa famille, Jake Scott tourne très peu, on lui compte que trois longs-métrages en vingt ans de carrière. Trois longs qui demeurent tous très différents les uns des autres et tous se trouvent être de bons moments de cinéma.

Cela faisait neuf ans qu’on n’avait plus de nouvelles de Jake Scott depuis le très joli « Welcome to the Ridley« . Restant dans le drame, le cinéaste américain nous revient avec un drame intense, qui à bien des regards peut être comparé à une fresque, tant « American Woman » s’étale sur plusieurs années. Beau, profond et riche, humain et touchant, magnifiquement mis en images, porté par une actrice parfaite en tout point, avec « American Woman« , Jake Scott livre assurément son plus beau film !

Deb Callahan est une jeune mère de famille et une très jeune grand-mère. Deb est une femme pleine de vie et elle fait son possible pour que sa fille de dix-sept ans et son fils soient le plus heureux possible. Une nuit, Deb est réveillée par les pleurs de son petit-fils. Appelant sa fille, elle constate vite qu’elle n’est pas rentrée. Ce jour-là, la vie de Deb change et sa fille est portée disparue. La jeune mère va alors devoir vivre avec le mystère de cette disparition, l’éducation de son petit-fils, et tout faire en même temps pour surmonter ces épreuves, car la vie, tant bien que mal, doit continuer.

Après « Guns 1748 » et « Welcome to the Ridley« , un nouveau film du cinéaste Jake Scott résonne toujours au fond de moi comme une bonne nouvelle. Et une nouvelle qui sonne d’autant plus belle que le scénario d’ »American Woman » est signé de Brad Ingelsby, auteur du très beau « Summertime » de Matthew Gordon.

Quand on découvre le synopsis d’ »American Woman« , et son affiche, il est clair qu’on s’attend à un thriller, un film policier, une enquête sur l’enlèvement et le meurtre d’une jeune fille. Mais en fait, cette idée est fausse et finalement la disparition de cette jeune fille est la base pour raconter l’après, la reconstruction et cette blessure qui suivra toujours. Ce qui va être superbe avec « American Woman« , c’est la façon dont Jake Scott choisit de raconter cette histoire. « American Woman« , c’est un film qui s’étale sur plusieurs années, c’est un film qui prend son temps pour raconter l’horreur, l’adaptation, et une possible résurrection. Jake Scott évite avec brio les lourdeurs d’un tel drame, tout comme il évite les clichés ou les moments de déjà vu. Son film est complexe, on y trouve des sujets forts et importants, Jake Scott ne s’enlise pas dans une enquête qui n’avancerait pas. D’ailleurs, la résolution de cette affaire, cette disparition, même si elle est importante pour l’intrigue, n’est pas non plus le but ultime de ce film. Non, ici, plus il avance et plus il prend forme, il trouve du fond, du sens. Avec cette histoire, Jake Scott en profite pour parler de beaucoup de sujets qui sont tous difficiles et sombres, mais malgré les douleurs, le réalisateur arrive à faire de « American Woman » un film lumineux, qui touche par la force de ses personnages, par cette esprit de soutien et surtout par l’envie de s’en sortir, certes les blessures seront ouvertes à jamais, mais la vie continue et il faut faire avec. Dans un sens, « American Woman » livre une belle leçon de courage. Jake Scott ne fait pas le choix de la facilité, et si on peut lui reprocher de ne pas être habile avec ses ellipses, pour le reste, il nous offre du très bon cinéma.

Bref, malgré l’horreur, on adore suivre la reconstruction de cette femme. Femme qui est par ailleurs impeccablement tenue par Sienna Miller, qui trouve à coup sûr le meilleur et le plus beau rôle de sa carrière. Le rôle de Deb pourrait bien tout changer pour elle et peut-être la confirmer, et ce ne serait que justice. Pour rester du côté du casting, il faut noter les compositions tout en nuances de Christina Hendricks, Will Sasso ou encore Aaron Paul.

« American Woman« , c’est un film qui est d’une grande élégance et si, comme je le disais, le film a des soucis sur ses ellipses, sur la façon dont il gère le temps qui passe, là encore c’est assez pardonnable, dans le sens où le réalisateur arrive à condenser dix ans, peut-être un peu plus, de la vie de son personnage, vie tristement riche, en moins de deux heures. Malgré les contraintes, Jake Scott le fait avec talent, et surtout avec puissance, puisque « American Woman » s’ancre en nous et a tendance à nous suivre après la séance et ça, ce n’est pas donné à tout le monde.

Il est souvent difficile de passer le cap du troisième film, ce dernier sonnant comme une confirmation et vingt ans après « Guns 1748« , neuf ans après « Welcome to the Ridley« , Jake Scott passe ce cap haut la main. Son film est un petit bijou, qui peint avec excellence le portait d’une femme ordinaire. On espère ne pas attendre autant de temps pour retrouver un nouveau film du réalisateur en salle.

Note : 16/20

Par Cinéted

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