novembre 30, 2020

Quand la Ville Dort

Titre Original : The Asphalt Jungle

De : John Huston

Avec Sterling Hayden, Louis Calhern, Jean Hagen, James Whitmore

Année : 1950

Pays : Etats-Unis

Genre : Policier

Résumé :

Doc’ Riedenschneider vient d’échaffauder un nouveau plan pour le cambriolage d’une bijouterie dont le butin s’élèverait à un million de dollars. Pour monter son coup, il engage Louis, briseur de coffres, le chauffeur Gus, Dix Handley comme homme de main et Emmerich afin de financer l’opération. Celle-ci se déroule d’abord comme prévue, mais plusieurs petits détails et le comportement de chacun vont venir gripper la machine…

Avis :

Immense cinéaste américain, on ne présente plus John Huston, tant ce dernier a laissé une marque indélébile dans l’histoire du cinéma. En plus de quarante ans de carrière, John Huston, c’est pratiquement cinquante films et beaucoup d’entre eux sont aujourd’hui reconnus comme des classiques.

Pour ma part, ma rencontre avec le cinéma de John Huston n’a pas été aussi positive que ça, puisque j’avais commencé avec « L’honneur des Prizzi« , film que je n’avais pas vraiment apprécié, mais depuis, le cinéaste m’a part deux fois laissé sur le cul, la première fois avec « Dieu seul le sait » et la seconde avec « Reflet dans l’œil d’or« . Et voici aujourd’hui, il me laisse encore une fois sur le cul, avec une séance de cinéma magique.

Considéré comme un classique du cinéma noir américain, je découvre aujourd’hui « Quand la ville dort« , et autant dire d’emblée que John Huston nous offre-là du cinéma de très haute volée. « Quand la ville dort« , c’est le genre de film incroyable qui n’a pas pris une seule ride. Mieux encore, c’est le genre de film qui avec les années, gagne en charme, en atmosphère, en visuel, bref en tout. Installant les bases du film de casse, « Quand la ville dort » est une œuvre ô combien passionnante qui, même si elle peut demeurer aujourd’hui classique, s’impose surtout comme un chef-d’œuvre au fur et à mesure que son intrigue se déroule.

Doc’ Riedenschneider vient tout juste de sortir de prison et il a échafaudé le plan d’un casse infaillible. Pour réussir ce coup, il lui faut recruter un chauffeur, un as pour ouvrir les coffres et une brute épaisse. Une fois cette équipe réunie, les hommes vont braquer un bijoutier, mais rien ne va se passer comme prévu…

Ce qui est incroyable, c’est le fait que si on regarde le pitch comme ça, juste en le survolant, « Quand la ville dort » n’a rien de bien original. C’est l’histoire d’un casse minutieusement préparé qui tourne mal, autant dire qu’on a déjà vu cette histoire un nombre incalculable de fois et pourtant les racines de cette histoire, de ce genre de film, prennent ici.

Tenant un scénario calibré, solide et sans aucune faille, John Huston nous entraîne dans ce que l’on peut qualifier comme la crème de la crème des films noirs américains. Le récit dure deux heures et à aucun moment « Quand la ville dort » ne faiblit, et ça, malgré qu’on en connaisse aujourd’hui ses ficelles par cœur. John Huston prend le soin de monter son histoire et surtout de présenter ses personnages, car oui, si l’intrigue est excellente, elle l’est encore plus grâce à l’attention que le réalisateur scénariste a mis pour construire des personnages, tous voyous, mais fascinants et surtout attachants. John Huston aura aussi pris soin de livrer des dialogues finement écrits. Des dialogues, et par conséquent des répliques, formidablement balancés par une troupe d’acteurs tout aussi passionnants que leurs personnages. Si Louis Calhern, Jean Hagen, James Whitmore, John McIntire, Marc Lawrence et Marilyn Monroe font des merveilles, nul doute que c’est bel et bien Sterling Hayden et Sam Jaffe qui fascineront le plus, les deux personnages étant des opposés extrêmes. Le premier est mutique et peu parleur, alors que le deuxième est tout ce qui peut y avoir de plus adorable. Personnellement, c’est même mon petit coup de cœur, aussi bien pour l’acteur que je découvre, que pour le personnage.

L’autre énormément qualité de « Quand la ville dort« , c’est bien sûr la mise en scène de John Huston qui est absolument superbe, pour ne pas dire parfaite en tout point. Plongé dans un noir et blanc extraordinaire, doté d’une photographie très travaillée, je me demande même si ce n’est pas l’une des plus belles qui m’ait été donnée de voir. Encore une fois, John Huston prend son temps pour tout, absolument tout, travailler. Le film tient plusieurs séquences marquantes (la façon dont John Huston filme les visages de ses personnages est magique et puissante, tout comme la façon qu’il a de mettre en scène les silences), John Huston arrivera aussi bien à livrer un film d’action qu’un drame parsemé de petites touches romantiques (l’histoire entre Jean Hagen et Sterling Hayden, même si elle ne fonctionne que d’un côté, m’a beaucoup touché et surtout elle a livré la fin parfaite pour ce genre de film). Le rythme est parfait, et plus le film avance et plus l’intrigue fait l’effet d’une boule-de-neige, piégeant ses personnages dans une spirale infernale évidente certes, mais passionnante. On notera que tout le film est sublimé par les notes de Miklós Rózsa, qui livre la BO parfaite !

« Quand la ville dort » est donc le film parfait par excellence. Film de braquage, polar, drame teinté de romantisme, porté par des personnages passionnants et des comédiens immenses, John Huston, au fur et à mesure que son intrigue évolue, nous entraîne vers un chef-d’œuvre incontestable, un classique du genre, une référence qui va être mainte et mainte fois copiée. Bref, un très grand cru de John Huston, qui mérite bien toute sa réputation !

Note : 18/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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