The Super

De : Stephan Rick

Avec Patrick John Flueger, Val Kilmer, Louisa Krause, Mattea Conforti

Année: 2017

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

Un jeune père de famille veuf décide de demander un poste en tant que gardien dans un hôtel. Alors qu’il commence le travail, des disparitions commencent et tous ses soupçons se portent sur Walker, un gardien mystérieux qui semble s’intéresser de près aux deux filles de Phil…

Avis:

Quand on est un acteur qui a connu la gloire et a tourné pour les plus grands, il est très difficile de surmonter une descente aux enfers. Prenons le cas de ce pauvre Val Kilmer, aujourd’hui très diminué et malade à cause d’un cancer. Il est bien loin le temps des Doors et de Top Gun, ou même celui de Batman, même si on préfère l’oublier celui-ci, mais au moins, il tenait la tête d’affiche. Tombé en désuétude, traversant un désert qui semble sans fin, la maladie n’arrangeant pas les choses, Val Kilmer va peu à peu se faire oublier du cinéma et de projets ambitieux. Seule porte de sortie, le DTV où son nom sera en grand sur la jaquette, espérant attirer le chaland. C’est sans doute ainsi qu’il s’est retrouvé dans The Super, une toute petite production horrifique qui n’aura que les joies de la VOD et des bacs à DVD de par chez nous et c’est un peu triste. Triste car ce n’est pas avec ce film que Val Kilmer va remonter sur les plus hautes marches du cinéma. Triste parce que maintenant, il ne va être utilisé que pour sa voix et son physique disgracieux, meurtri par un foutu crabe. Bref, The Super, ce n’est pas super.

L’histoire prend place dans un grand hôtel avec un patron antipathique qui ne souhaite qu’une seule chose, que les locataires payent correctement leur loyer. Phil, nouveau venu et ancien flic, s’installe dans l’hôtel en tant que gardien pour rester proche de ses deux filles. Malheureusement pour lui, des locataires disparaissent de façon bien mystérieuse et il commence à craindre grandement pour ses enfants. Il porte tous ses soupçons sur Walker, un autre gardien mystérieux, d’origine ukrainienne et qui semble très intéressé par ses deux filles. Vous l’aurez donc compris, The Super joue toute sa carte sur un twist que l’on verra arriver dès le départ du film, de par les maladresses du metteur en scène qui enfile les évidences sans trop se poser de questions. En effet, les plans sur ce pauvre Val Kilmer sont bien trop appuyés et insistants pour que l’on croie un seul instant à sa culpabilité. La façon de faire est assez grossière et on commence à souper un paquet de films qui utilisent ce genre de cliffhanger où le méchant n’est pas vraiment méchant. En ce sens, le film serait trop simple, et la surprise absente, ce qui gâcherait complètement le métrage. Mais le problème, c’est que la façon de faire ici est trop téléphonée, trop calibrée pour un fan d’horreur et cela ne marchera pas vraiment.

Cependant, il faut reconnaître certaines qualités au métrage. Tout d’abord, il est court et ne perd pas vraiment de temps. L’entrée en matière est brutale et très efficace. On sera même en droit à s’attendre à un gros film gore avec des meurtres à gogo, mais ce ne sera pas vraiment le cas. On peut donc comprendre la déception de certains, voyant dans cette introduction une promesse non tenue, mais le film va prendre une autre direction. Une direction plus ésotérique, qui se veut plus maline qu’elle n’en a l’air et qui a le mérite de tenter autre chose que le simple slasher ou le film de fantômes dans un hôtel inquiétant. L’autre bon point du film, c’est qu’il arrive à maintenir une certaine pression avec ses phases de flippe. Si l’on écarte les meurtres assez académiques et pas vraiment jouasses, certains plans sont assez intéressants dans leur façon d’amener la peur. Pour brouiller les pistes, le réalisateur va installer quelques menus fantômes au régime et globalement, les apparitions sont assez efficaces. Même si cela ne sert pas vraiment à l’intrigue, on restera face à quelque chose qui fonctionne dans son ambiance. Les teintes grisâtres et l’aspect délabré de cet immeuble ancien contribuent à l’angoisse ambiante au niveau de l’atmosphère.

Alors oui, ce sont bien peu de choses auxquelles on se rattache pour trouver des qualités à ce tout petit film, mais il existe tellement pire. Le problème avec ce métrage, outre sa promesse non tenue au départ, c’est qu’il n’exploite pas suffisamment son idée de départ plutôt intéressante. Le twist est mal amené, les soupçons sont bien trop lourds pour semblaient efficaces et surtout, le final est un grand n’importe quoi qui ne tient pas la route. Le film ne veut pas se terminer comme n’importe quelle autre production du même genre et pour se faire, il va se conclure sur un autre twist qui frôle le ridicule. C’est-à-dire que l’on peut comprendre la réaction d’un des personnages, mais le film n’approfondit pas assez certaines relations pour que cela fonctionne. On aura aussi droit à la sœur pleurnicharde, qui semble un peu victime de son sort, mais qui finalement décide de s’en accommoder. C’est très malhabile, même si on peut comprendre la volonté du réalisateur de sortir d’une zone de confort que bien des productions horrifiques ont prises. Quant aux acteurs, ce n’est pas la panacée. Patrick John Flueger n’est pas hyper convaincant dans le premier rôle, la faute à un manque d’implication flagrant, même sur la fin. Val Kilmer essaye de faire de son mieux avec le rôle qu’on lui a donné et là aussi, ce n’est pas la joie. Non pas que l’acteur soit en surjeu, il n’arrive pas à s’imposer, même comme figure potentiellement inquiétante et il a toutes les peines du monde à suivre le rythme du métrage, pourtant pas bien dynamique. Pour le reste, on passera, on est dans le second couteau qui sert parfois de chair à canon et qui n’a donc que peu d’intérêt.

Au final, The Super est un film d’horreur à micro budget qui n’a pas réellement de fond et qui mise tout sur un twist final censé surprendre le spectateur. Si on peut se raccrocher à quelques séquences intéressantes comme une belle entrée en matière, le film manque d’un sujet intéressant pour pleinement captiver. Production lambda dans le domaine du thriller ésotérique à tendance horrifique, on voit bien que le film essaye de se vendre sur le dos d’un Val Kilmer méconnaissable et diminué, et pour reprendre ce qui a été dit au début, c’est un peu triste tout ça…

Note: 10/20

Par AqME

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