La Bataille de la Planète des Singes

Titre Original : Battle for the Planet of the Apes

De: Jack Lee Thompson

Avec Roddy McDowall, Claude Akins, Natalie Trundy, Severn Darden

Année: 1973

Pays: Etats-Unis

Genre: Science-Fiction

Résumé :

Sur la Terre dominée par des singes, Caesar, pacifique, doit affronter le général gorille Aldo. Mais une autre menace fait son apparition : des mutants commandés par le gouverneur Kolp.

Avis :

Au fil des années, la licence La Planète des Singes n’a fait que renforcer son statut d’œuvre fleuve culte dans le domaine de la science-fiction. Si le premier est un chef-d’œuvre et que sa suite directe ne vaut pas tripette, la saga va se ressaisir avec des épisodes trois et quatre plutôt intéressants et avec des thématiques importantes, ancrées dans l’air du temps de leur époque, parlant de racisme, ségrégation et autre violence envers une minorité qui va se révolter. Abaissant son budget à chaque épisode car les recettes n’étaient pas forcément mirobolante à chaque suite, la Fox décida de mettre un terme à la franchise avec un cinquième opus, vendant les droits à la 20th Century Fox pour faire une série télé. Paul Dehn,toujours au scénario, propose alors un script dans la veine du précédent film, à savoir quelque chose de violent, de pessimiste et de clairement nihiliste qui devait se terminer avec comme morale que la guerre n’est jamais finie. Voulant renouer avec les enfants, le script de Paul Dehn ne fut pas gardé et c’est deux autres scénaristes qui vont pondre quelque chose de plus édulcoré, de plus optimiste sur sa fin, pour complaire un public plus large. Le résultat est donc à la hauteur des attentes, un film aseptisé à la morale joyeuse mais qui reste bien en deçà des autres films.

Déjà, le scénario se base sur un récit biblique, celui d’Abel et Caïn, les deux frères et le premier meurtre d’un homme sur un autre homme. Ici, les hommes seront toujours réduits en esclavage, mais Caesar, plutôt pacifiste, va se mettre à dos le général Aldo, un gorille bourru et qui veut la fin de l’espèce humaine. En plus de ce problème de taille, Caesar va partir en expédition dans l’ancienne ville maintenant radioactive, pour trouver des images de ses parents dans les archives. Malheureusement, des mutants y habitent et déclarent donc la guerre aux singes. Une double guerre se déclenche alors pour Caesar, l’une fratricide et l’autre pour la sauvegarde de son peuple. Le principal souci avec ce script, c’est qu’il ne tient la route que pour Aldo, général menant une rébellion contre son propre peuple. Pour le reste, ce ne sera qu’une note d’attention et une façon de montrer que la guerre contre les humains ne sera jamais finie. Ce qui déclenche l’affrontement est nul et n’est qu’une note d’intention pour créer un double conflit au sein d’un film qui n’en avait pas forcément besoin. On sent le passage obligé pour relier le film au deuxième et surtout pour rallonger une durée de vie plus que limitée.

Pour autant, le film n’est pas inintéressant. Le conflit à la toute fin, malgré des coupes budgétaires importantes, est très bien filmé et demeure un moment savoureux du film. On retrouvera aussi un Roddy McDowall très attachant, qui donne une nouvelle ampleur à Caesar, devenu chef et devant se faire respecter par des gorilles ou des orangs outangs plus forts que lui physiquement. On va vite voir que cette petite ville bucolique, qui fait de suite penser au jardin d’Eden, a une organisation précise, que chaque chose est à sa place, et c’est assez drôle de voir cette organisation simiesque. Jack Lee Thompson ne se trompe pas avec sa mise en scène dynamique lors des combats et plus intimistes lors de moments dramatiques, comme la mort du fils de Caesar ou encore le duel final et ses plans fixes sur le visage d’un Caesar transformé par la haine. Malheureusement, le film loupe complètement le coche quand il va falloir parler des mutants, ces humains avec quelques cloques sur la tronche. 

C’est là que l’on voit que le budget a pris du plomb dans l’aile. C’est kitsch à souhait, tout comme les décors qui sont très fatigués et les plans larges avec des map-painting flous et pas forcément beaux. Tout ce segment n’est qu’une note d’intention pour déclencher un conflit entre humain et singe, pour finalement aboutir à une sorte de rédemption de la part de Caesar, pointant du doigt les agissements des gorilles et excusant finalement le comportement des mutants, ces humains transformés par la haine et les radiations. Ce côté un peu mièvre ne colle pas vraiment à la saga. Les thèmes abordés sont moins dans l’air du temps, on ressent une volonté de faire dans l’optimiste afin de montrer au public que le vivre ensemble est possible. Si La Planète des Singes avait suivi cet adage depuis le début, on aurait pu y croire et accepter cette morale. Cependant, comme on sait que c’est forcé par le studio pour plaire à un plus large public, cela ne passe pas et se ressent vraiment. Jack Lee Thompson n’a pas eu les coudées franches pour livrer un métrage plus sombre, plus violent, comme son précédent film, où il a même fallu censurer une partie du film pour en pas choquer les enfants. C’est bien triste de finir comme ça, alors qu’il y avait encore tant à dire dans cet univers riche et renvoyant à l’être humain ce qu’il est vraiment.

Au final, La Bataille de la Planète des Singes n’est pas un film inintéressant, c’est juste un film qui tente de clôturer une franchise plutôt pessimiste en quelque chose de bucolique et d’optimiste. Cela ne sied guère à la licence et encore moins à son réalisateur qui doit faire avec ce qu’il a, un budget serré et une histoire pseudo biblique que l’on a déjà brassé des centaines de fois. Bref, sans être atroce, il s’agit-là du moins bon épisode avec Le Secret de la Planète des Singes, deux films malades, qui n’arrivent pas à retranscrire vraiment toute l’essence même du premier opus.

Note : 11/20

Par AqME

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