décembre 2, 2020

Pellek – Absolute Steel

Avis :

Les racines même de la musique métal, et plus précisément du Symphonique Métal, se trouvent dans les pays scandinaves. On ne va pas revenir sur tous les groupes suédois, finlandais, danois ou encore norvégiens qui officient dans ce sous-genre, mais force est de reconnaître que les pays nordiques sont les plus fournis et les plus prolifiques. Et aussi les plus respectueux de ce genre de musique, mais ça, c’est un autre discours. Du coup, parmi la foule de groupes qui se bousculent pour offrir du Power/Sympho/Epic, il faut trouver le bon profil, le truc pour se démarquer. Pellek est un groupe norvégien qui s’est fondé en 2007 et a sorti son premier album en 2012. Jusque-là, tout est normal, sauf que Pellek est un groupe ultra prolifique. En effet, 2013 sera l’année de deux albums consécutifs, avant de faire, en 2014, pas moins de 12 volumes de reprises, une compilation de musiques Pokemon reprises à la sauce métal, mais aussi un EP sur les Power Rangers et un album. En 2015, le groupe continue son délire avec huit albums de reprises, des compilations avec les musiques de Bleah, Naruto ou encore One Piece. Et ce sera ça quasiment tous les ans. Ce travail aboutira alors en 2018 à Absolute Steel, qui a pu être enregistré grâce à un financement participatif, et qui est le septième et dernier album en date de Pellek. Mais derrière ce travail acharné, la qualité est-elle au rendez-vous ? Rien n’est moins sûr.

En fait, le premier truc qui est frappant avec cet album, c’est sa durée. Huit pistes pour à peine plus d’une demi-heure d’écoute. C’est peu, voire très peu, surtout quand on est habitué à d’autres albums du même genre qui, généralement, dépassent l’heure d’écoute pour donner plus d’épique et de sensations. Bref, on part déjà sur une base assez fragile. Le premier titre, Darker Than Black donne le ton. Si on retrouve un aspect épique avec une orchestration qui se veut symphonique, ce sera surtout la voix du chanteur qui surprendra. Alternant de façon indolente la voix de tête et une voix plus « normale », on a l’impression d’écouter un effet de style un peu forcé et qui ne sied pas forcément à la musique. En fait, c’est un peu l’impression de tout l’album, un trait ultra forcé pour rendre une copie propre et épique, mais qui ne brillera pas par sa technique ou par sa grandiloquence. En même temps, il est difficile d’installer quoi que ce soit de grandiose sur des titres qui dépassent à peine les trois minutes et sans aucun break ou solo. You Will be a Star s’essaye au baroque avec des pianos pour faire un peu gothique dans l’âme, mais le groupe retrouve vite son naturel et balance des riffs plutôt sympathiques et des orchestrations numériques pas trop dégueulasses pour un résultat finalement assez moyen. Ce n’est pas mauvais, c’est clairement anodin malgré un bon rythme. Un rythme qui se casse à chaque refrain dans l’espoir de rendre cela catchy et entêtant.

Live and Let Live se veut peut-être un répondant du titre d’Aerosmith, mais il n’en sera rien. Le morceau s’appuie sur un mid-tempo qui s’organise encore une fois autour de la voix du chanteur, des paroles, mais aussi sur un clavier omniprésent et pas forcément intéressant, comblant un vide sonore et dénaturant finalement le morceau. Absolute Steel restera dans ce carcan que s’impose le groupe, à savoir un titre d’un peu plus de trois minutes, qui se veut rapide et qui enfile les perles sans subir de gros dommages. Ce n’est pas désagréable, mais c’est générique et cela ne marque pas forcément. Il en sera de même avec les autres pistes de l’album, même si on peut remarquer quelques changements avec Future Soldier qui essaye d’instaurer un semblant d’ambiance un peu futuriste sans que cela ne soit remarquable. Above the Clouds se veut plus aérien et grandiloquent, c’est d’ailleurs le titre le plus long du groupe, mais ça reste assez factuel. Rebirth ressemblera alors à n’importe quel autre titre de Sympho et So Long and Thanks for all the Windchimes clôturera l’album d’une façon presque drôle, alors que ce n’est pas vraiment voulu. Bref, ce n’est pas la joie au pays du Sympho et de la Fantasy.

Au final, Absolute Steel, le dernier album en date de Pellek, ne tient pas vraiment la route même s’il n’est pas désagréable. Se voulant grandiloquent et épique, l’aventure ne prend jamais vraiment à cause d’une absence de prise de risque et de pistes peu longues, empêchant l’installation d’une quelconque ambiance. Cette sensation est renforcée par une impression de trait forcé sur le chant en voix de tête, trop présent, oubliant alors la simplicité et l’efficacité. Bref, un album mi-figue mi-raisin, qui fait passer une demi-heure, mais qui semble taillé pour faire des génériques d’animés, ce que le groupe adore.

  • Darker Than Black
  • You Will be a Star
  • Live and Let Live
  • Absolute Steel
  • Future Soldier
  • Above the Clouds
  • Rebirth
  • So Long and Thanks for all the Windchimes

Note: 11/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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