Le Vol du Phoenix

Titre Original : Flight of the Phoenix

De: John Moore

Avec Dennis Quaid, Jacob Vargas, Giovanni Ribisi, Tony Curran

Année : 2005

Pays : Etats-Unis

Genre : Aventure

Résumé :

Le capitaine Frank Towns, son copilote et mécanicien, prennent à bord de leur avion les ouvriers d’une plateforme pétrolière, menés par Kelly Johnson. En direction de Pékin, ils croisent une tempête de poussière qui provoque le crash de l’engin. Ils se retrouvent alors à des centaines de kilomètres de tout en plein désert de Gobie, en Mongolie.
Sans même une radio, les survivants doivent désormais faire face à des conditions de survie très dure : La chaleur intense, les tempêtes, une faible réserve d’eau potable, les « bandits du désert », et bien d’autres encore. La situation semble désespérée jusqu’à ce qu’un passager excentrique, Elliot, redonnent de l’espoir à chacun avec l’idée improbable de reconstruire un avion à partir des débris du crash.

Avis :

Réalisateur irlandais, John Moore fut à la très bonne école dans son début de carrière, puisqu’il a travaillé sur les films de Neil Jordan et Jim Sheridan, ce qui fait un beau bagage de départ. Début des années 2000, John Moore passe à la réalisation et c’est là que ça se gâte. S’il réalise un premier film honorable, « En territoire ennemi« , pour la suite ça se gâte puisqu’il va être l’auteur de films tels que « Max Payne« , « La malédiction » ou encore, et c’est le pire, « Die Hard, une belle journée pour mourir« …

Autant dire que « Le vol du Phoenix« , sous la direction de John Moore, je n’en attendais pas grand-chose, malgré le fait que j’avais vu le film en salle à l’époque et dans mes souvenirs , j’avais plutôt apprécié. Alors ça, c’était avant, parce qu’à la redécouverte, et surtout après l’original, « Le vol du Phoenix » version 2005, est un film très loin de l’œuvre quasi-parfaite de Robert Aldrich. Lisse et bien trop cool, doté d’invraisemblances énormes, John Moore livre un film qui a quelques qualités pour lui, mais sur l’ensemble, ça ne fonctionne pas et ça conforte dans l’idée qu’on ne peut vraiment pas tirer grand-chose de John Moore.

Au cœur du désert de Gobi en Mongolie, pris dans une tempête de sable, un avion se crashe, et grâce au talent du pilote, on ne déplorera que deux victimes. Ayant énormément dévié de son itinéraire, il y a peu de chance qu’il soit retrouvé un jour. C’est donc la mort assurée. Parmi les rescapés, il se trouve un homme du nom d’Elliott, et le métier de cet homme est de construire des avions. Il va donc réussir à convaincre tous les rescapés de construire un nouvel appareil avec les restes de l’ancien. La tâche ne sera pas facile, mais si elle effectuée, alors peut-être que ces hommes pourront quitter le désert et rester en vie.

Après l’orignal, je me suis donc lancé dans le remake et forcé de constater que la version de Robert Aldrich est bien loin de celle de John Moore. Si ce nouveau film a quelques arguments pour lui, comme la spectaculaire scène de crash (qui a pris un petit coup, il faut le dire), de belles images ici et là sur le désert de Gobi, si le film tient une jolie photographie et enfin, il tient aussi un bon casting avec un Giovanni Ribisi excellentissime dans un rôle tout en ambiguïté qui fait honneur à Hardy Krüger, pour le reste, il faudra repasser car ce « … vol du Phoenix » fait bien des mauvais choix, qui font que l’on se retrouve dans une œuvre à la limite de la vraisemblance.

Si dans les grandes lignes, John Moore reprend la trame du film de 1966, dans ses rebondissements et son ambiance, ça ne fonctionne absolument pas. Le principal défaut que tient ce scénario, c’est l’ambiance générale que peut avoir le film. Là où le film de Robert Aldrich était plus tendu, John Moore nous offre quelque chose de cool, qui ne prend pas du tout le sens de la gravité de la situation. C’est bien simple, et pour caricaturer le trait, après le crash et pendant la construction de cet avion de secours, l’ambiance est à la limite du barbecue entre potes, d’ailleurs le désert ne fait aucun ravage sur eux, oubliez les visages brûlés et les corps affaiblis par la faim et la soif, non, là c’est cool, on rigole et on écoute de la musique. Rien n’y fait donc, John Moore filme tout ce petit monde comme un clip (les plans sur Dennis Quaid torse nu …), oubliant tout sens de tension, et pire encore, de survie.

De plus, le scénario s’adapte à notre époque, et il faut alors faire de la vanne ou de la punchline et plusieurs de ces personnages sont détestables d’entrée de jeu. Cédant sur certains aspects de son intrigue et développant d’autres, on reste bouche bée devant tout ce qui va être fait autour des contrebandiers mongols. Non, ça ne tient pas une seconde la route et le final est incompréhensible et risible. Bref, cette intrigue est une grosse déception. John Moore a vraiment fait le choix de tout ce qui ne fallait pas faire avec cette histoire.

Pour sauver cette version et faire qu’on suit ce film avec un petit intérêt, on pourra toujours se raccrocher à son casting qui, s’il n’est pas incroyable, demeure néanmoins plutôt bon. Dennis Quaid est comme toujours charismatique et il fait le job. Miranda Otto est sous employée, mais ça fait toujours du bien de la voir à l’écran. Et ici et là, on pourra toujours compter sur Tony Curran, Tyrese Gibson ou encore Hugh Laurie. Après, tous ces personnages, même s’ils peuvent être sympathiques à suivre parce qu’on apprécie les comédiens, pour beaucoup, à se clasher pour rien, et à force de se vouloir trop cool, ils sont aussi et paradoxalement assez agaçants et seul Giovanni Ribisi est impeccable de bout en bout. Après, il y a aussi du ridicule dans ce casting. Franchement, tout ce qui tourne autour de l’intrigue de Jared Padalecki est minable, et le look de Sticky Fingaz demeure une énigme…

« Le vol du Phoenix » par John Moore est donc une belle déception. L’idée en soit de remaker le film de Robert Aldrich n’était pas mauvaise. On pouvait même espérer une relecture plus sombre et tendue que l’original, malheureusement, ce ne fut pas le cas et à la place de cela, on se retrouve avec un film cool, trop cool, qui se la joue bien dans son époque et entre son manque de tension et son scénario qui tire sur l’invraisemblance (franchement, je le redis, mais ce qui est fait avec les Mongols est incompréhensible), John Moore déçoit de bout en bout. Décidément, ça va être compliqué de faire de John Moore un bon réalisateur.

Note : 07/20

Par Cinéted

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