octobre 27, 2020

Grace de Monaco

Titre Original : Grace of Monaco

De : Olivier Dahan

Avec Nicole Kidman, Tim Roth, Frank Langella, Paz Vega

Année: 2014

Pays: France, Italie

Genre : Biopic

Résumé :

Lorsqu’elle épouse le Prince Rainier en 1956, Grace Kelly est alors une immense star de cinéma, promise à une carrière extraordinaire. Six ans plus tard, alors que son couple rencontre de sérieuses difficultés, Alfred Hitchcock lui propose de revenir à Hollywood, pour incarner Marnie dans son prochain film. Mais c’est aussi le moment ou la France menace d’annexer Monaco, ce petit pays dont elle est maintenant la Princesse. Grace est déchirée. Il lui faudra choisir entre la flamme artistique qui la consume encore ou devenir définitivement : Son Altesse Sérénissime, la Princesse Grace de Monaco. 

Avis :

Olivier Dahan est un réalisateur français à la carrière assez tordue, capable du meilleur comme du pire, et cela fait maintenant plus de vingt ans que le cinéaste enchaîne les succès et les bides. Passant d’un genre à l’autre, Olivier Dahan est l’homme qu’on trouve derrière des films aussi différents que « La môme« , « Les seigneurs« ,  » My Own Love Song« , « La vie promise« , « Les rivières pourpres 2« , « Le petit poucet » ou encore « Déjà mort » … Autant dire que dans cette liste, il y a du très bon comme du très mauvais. Après les échecs consécutifs de  » My Own Love Song » (qui ne le méritait pas vraiment, je trouve) et « Les seigneurs« , Olivier Dahan, pour se refaire, a décidé de revenir au biopic, vu que ce dernier l’avait fait exploser quelques années plutôt quand il avait réalisé « La môme« .

Revenant avec un sujet de rêve et un portrait de rêve, celui de Grace Kelly. Revenant avec un casting merveilleux qui donnait déjà l’eau à la bouche, puisque c’est Nicole Kidman qui incarne la princesse de Monaco. Faisant, l’année de sa sortie, l’ouverture du prestigieux Festival de Cannes, « Grace de Monaco » avait bien des arguments pour être de ces films qui vont être un moment de cinéma à part. Mais malheureusement, les promesses ne vont rester que des promesses et « Grace de Monaco » va être une terrible déception. Plat, sans vie, doté d’une photographie immonde, Olivier Dahan arrivera même à faire mal jouer Nicole Kidman, un comble.

Grace Kelly est une immense star de cinéma quand cette dernière, en 1956, épouse le Prince Rainier. Six années après ce mariage de rêve, la vie monégasque n’est pas aussi belle et passionnante que la star avait pu l’imaginer. Alors que la principauté se confronte à la politique de Charles de Gaulle, et alors que Grace Kelly a bien du mal à se faire accepter de la population, Alfred Hitchcock prépare un nouveau film, « Pas de Printemps pour Marnie« , et il ne voit que sa Gracie dans le rôle-titre. Le cinéma manque cruellement à Grace Kelly, mais jamais, ô grand jamais, une Princesse ne peut faire l’actrice. Pendant quelques mois, à l’été 1962, Grace Kelly va devoir faire des choix cruciaux qui vont faire d’elle, ou pas, LA Princesse de Monaco.

Grace Kelly par Olivier Dahan et plus largement Monaco par Olivier Dahan, franchement cela faisait des années que le film me donnait envie de m’y arrêter et ça, malgré ses très mauvaises critiques.

Si le film d’Olivier Dahan a bien quelques bonnes idées pour lui, comme par exemple, tout ce qui tourne autour de la politique entre Monaco et la France qui, si ce n’est pas autant passionnant qu’on l’aurait aimé, cela reste très intéressant et dans un sens instructif. Oui, je dis bien dans un sens, puisqu’il faut savoir que le film est une fiction qui s’inspire de faits réels, Olivier Dahan nous prévenant dès l’ouverture de son film. Ne connaissant pas vraiment l’histoire de la principauté, il est vrai que le film de Dahan donne alors envie de s’y attarder afin d’en découvrir le faux du vrai.

Autre très bon point que le film a pour lui, c’est sa reconstitution d’époque. Pour ce film, comme il l’avait déjà fait avec « La môme« , Olivier Dahan nous a sorti tout ce qu’il avait en stock et de ce côté-là, « Grace de Monaco » est irréprochable. De plus, il y a un côté de la mise en scène d’Olivier Dahan qui est intéressant, puisque le réalisateur, à plus d’une reprise, va chercher à donner à son film des « allures rétros », comme si on regardait un vieux film. « Grace de Monaco » dégage vraiment quelque chose de vintage dans sa façon de faire (si l’on peut dire ainsi) et ce n’est vraiment pas pour déplaire.

Mais voilà pour les promesses, ou même l’intérêt du film, malheureusement « Grace de Monaco » s’arrête ici, car le reste n’est que déception.

Avant même de m’arrêter sur la photographie du film ou encore sur son manque de rythme et de vie, la première grosse déception de « Grace de Monaco« , c’est sa direction d’acteurs. Franchement entre les rôles qui sont mal employés ou sous-employés et là, je parle de Tim Roth qui est terriblement monotone, alors que le contexte dans lequel évolue l’intrigue, la tranche de vie que nous raconte Olivier Dahan est intéressante, le réalisateur ne tire pas grand-chose de son acteur et c’est bien dommage. Mais LA déception, c’est Nicole Kidman qui, si elle est de toute beauté en Princesse de Monaco, est bien souvent dans la caricature et malgré de jolies scènes parfois, on peine à croire en ce personnage et surtout à ce rôle qui finit par résonner comme une performance plus qu’autre chose. On a connu Kidman plus subtile et plus impliquée. Finalement, dans ce casting, on sauvera vraiment des seconds rôles, voire même de plus petits rôles. André Penvern en Charles de Gaulle par exemple est vraiment excellent.

Ensuite, et c’est le deuxième gros point négatif de l’œuvre, c’est sa photographie dégueulasse que le film peut avoir. Bercé dans un jaune incompréhensible, à plus d’une reprise, ce choix nous fait sortir de l’intrigue pour simplement observer ce jaune et finalement se demander pourquoi ce choix.

Si l’on rajoute à cela un rythme plat, qui étire le film et le perd dans des longueurs. Si l’on ajoute à cela que le tout manque de vie, et surtout d’émotion, car si on n’y croit pas d’un côté, de l’autre, quand celle-ci aurait pu fonctionner, elle finit par apparaitre comme surfaite pour convaincre. Ce qui est vraiment dommage, car le film explore de bons sujets, notamment quand il s’arrête sur sa Princesse/actrice qui n’a pas la vie dont elle rêvait. L’intimité de la vie à l’intérieur du palais, le couple Rainier/Kelly, ou encore le fait de se faire accepter en tant que Princesse… Bref, le film a vraiment de bons sujets, mais le manque de vie, d’intrigue, l’aspect plat du film ou encore le fait que son réalisateur survole certains d’entre eux, font que le film n’arrive jamais à nous emporter et c’est du coin de l’œil qu’on le suit.

« Grace de Monaco » n’est donc qu’une déception du début à la fin. Si le film a bien deux ou trois arguments pour lui, entre une Kidman décevante, une intrigue longue qui n’arrive pas à passionner les foules, et que dire de cette esthétique affreuse… Bref, il y avait matière à faire beaucoup de chose et Olivier Dahan ne fait rien, ou pas grand-chose, et c’est vraiment dommage.

Note : 05/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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