Tantric – Mercury Retrograde

Avis :

Fondé en 1998 sur les cendres du groupe Days of the New, Tantric est une formation relativement instable qui n’a, aujourd’hui, que son chanteur, Hugo Ferreira comme membre fondateur. Et le plus drôle dans tout ça, c’est qu’il n’est pas un ancien de Days of the New, mais le chanteur rajouté aux musiciens pour former Tantric. En gros, Tantric, c’est lui tout seul et des musiciens qui lui gravitent autour. Mais qu’importe visiblement, puisque la formation existe toujours et que Mercury Retrograde est le septième album du groupe. Un groupe qui a connu pas mal déconvenues, notamment sur l’enregistrement de cet album, puisqu’après plusieurs teasing via les réseaux sociaux depuis 2015, le groupe a subitement changé. C’est-à-dire qu’hormis son chanteur, en 2016, tous les membres se sont barrés voir si l’herbe était plus verte ailleurs. Il a donc fallu retrouver un guitariste et un bassiste, et, occasionnellement, un batteur. C’est alors un tout jeune Tantric qui sort de son nid en 2017 et propose cette nouvelle galette l’année suivante. Un tour de force délicat et qui se ressent sur la durée de l’album. Parce qu’il ne faut pas se leurrer, Tantric est un groupe de grosses feignasses et ce skeud en est la preuve, car malgré ses qualités évidentes, il dure à peine une demi-heure.

L’album débute avec Angry et le moins que l’on puisse dire, c’est que Tantric est en grande forme. Les riffs de guitares sont très lourds, la rythmique donne immédiatement envie de bouger la tête dans tous les sens et la voix granuleuse du chanteur s’incorpore parfaitement à l’ensemble. C’est bien gras, on dirait du post-grunge à tendance Métal Alternatif et c’est tout ce que l’on demande. Même le refrain, plus fédérateur, fonctionne parfaitement et le petit solo est bien plaisant. Néanmoins, le morceau est très court, moins de trois minutes et on en aurait bien repris un peu. Avec Tether, c’est un peu la même chose, la lourdeur en moins. Le groupe joue les beaux gosses avec une mélodie plus douce et un refrain plus entêtant. C’est bien foutu, ça va faire fondre les midinettes et globalement, c’est très satisfaisant. Il va de même avec Get em All et son introduction à la guitare sèche suivi de son petit solo qui met bien dans une ambiance ricaine des plus plaisantes. Tantric se fait plaisir et ne prend pas forcément de risque mais joue la carte de ce qu’il maîtrise le mieux et ça marche. En même temps, on pourrait presque dire que l’on fait face à un tout nouveau groupe et la zone de confort est bien choisie pour apprendre à se connaître. Avec Before You Could Crawl (rien à voir avec un film avec un crocodile), le groupe se fait sa petite ballade rock pour faire fondre les nanas et encore une fois, c’est efficace. Ce n’est pas novateur pour deux sous, mais c’est propre et le chanteur possède vraiment une voix envoûtante. Lie Awake marque la moitié de l’album avec une petite sortie de zone. En effet, le groupe s’essaye à un rock/rap plutôt intéressant qui se rattrape bien avec un refrain puissant et efficace.

La seconde moitié de l’album démarre avec Against my Forever, une ballade mélancolique qui colle parfaitement à l’image que l’on se fait de Tantric. En gros, c’est un morceau pour faire l’amour ou pour symboliser une rupture douloureuse. C’est doux, c’est beau, c’est un peu triste, et encore une fois, malgré le classicisme de la chose, ça carbure à deux mille et on se surprend à dodeliner de la tête en rythme avec la musique. Une chose est sûre, ça va niquer sévère avec cette musique. Wannabe reste dans ce que nous propose habituellement le groupe, avec un rock assez tranquille qui laisse beaucoup de place à la voix du chanteur, pour fournir ensuite un refrain un peu plus puissant et catchy. C’est bien fichu mais ça reste assez mineur au sein de l’album si l’on excepte les riffs plus lourds. The Last Stumble essaye d’offrir une ambiance plus forte en son début, pour ensuite tomber dans les travers du groupe et fournir quelque chose de mercantile et qui n’a pas la puissance des autres titres. Letting Go vient rafraîchir tout ça avec des riffs aussi lourds qu’au départ et un rythme plus enjoué, ce qui permet de repartir de bon pied sur cet album très court, trop court, et qui est pourtant bien foutu. Histoire de faire durer le plaisir, le groupe offre un dernier titre avec la version acoustique d’Against my Forever, qui est bien joli mais qui ne sert pas à grand-chose, si ce n’est de rallonger la durée de l’album de quatre petites minutes. Et c’est peut-être là que le bât blesse, cette maudite durée. Si le groupe faisait du punk, passe encore, mais là, ça fait vraiment assez faible et on a la sensation d’un album vite fait pour montrer les nouveaux membres de la formation.

Au final, Mercury Retrograde, le dernier album en date de Tantric, n’est pas désagréable, bien au contraire. Versant dans un Hard Rock purement américain à tendance grunge et presque Métal Alternatif sur certaines mélodies, le groupe fournit une galette qui fait plaisir à l’écoute, même si elle ne révolutionne en rien le genre. Néanmoins, on peut se poser des questions sur le travail autour, notamment sur sa durée bien trop courte pour convaincre sur le long terme. Bref, un album sympathique, mais qui manque d’impact et de travail.

  • Angry
  • Tether
  • Get Em All
  • Before You Could Crawl
  • Lie Awake
  • Against my Forever
  • Wannabe
  • The Last Stumble
  • Letting Go
  • Against my Forever (Acoustic Version)

Note: 14/20

Par AqME

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