novembre 30, 2020

Une Fille Facile – Sea, Sex and Sun

De : Rebecca Zlotowski

Avec Mina Farid, Zahia Dehar, Benoît Magimel, Nuno Lopes

Année: 2019

Pays: France

Genre: Drame, Comédie

Résumé:

Naïma a 16 ans et vit à Cannes. Alors qu’elle se donne l’été pour choisir ce qu’elle veut faire dans la vie, sa cousine Sofia, au mode de vie attirant, vient passer les vacances avec elle. Ensemble, elles vont vivre un été inoubliable.

Avis :

Après Grand Central et Planétarium, Rebecca Zlotowski est de retour avec son quatrième long métrage : Une Fille Facile. Présenté au dernier Festival de Cannes, le film offre son premier rôle au cinéma à Zahia Dehar, ancienne prostituée qui avait fait les gros titres lors de l’affaire Zahia qui a entaché certains joueurs de l’équipe de France de football. Une première incursion dans le septième art relativement réussie pour un long métrage qui respire l’été et les vacances.

Rebecca Zlotowski parvient parfaitement à recréer l’ambiance, l’univers d’une fin d’été, celle des grandes vacances et de l’insouciance qui en découle. Une Fille Facile respire l’odeur du soleil, de la chaleur méditerranéenne, des corps bronzés et suintants de sueur, de la folie douce d’un été d’adolescent entraîné par les dérapages d’une cousine plus âgée. Rebecca Zlotowski a su capter l’intensité de l’été, des vacances à la mer, du sexe qui en découle, de la joie, mais aussi des peines consécutives. Une Fille Facile est un métrage plutôt beau, en tout cas esthétiquement, laissant le loisir aux spectateurs de s’imprégner des superbes décors cannois, de vibrer sous les douces mélodies des cigales et de danser au gré des rayons du soleil. Pour autant, Rebecca Zlotowski n’a pas grand-chose à raconter, et Une Fille Facile fait office de jolie coquille vide.

Parce que si la cinéaste veut narrer le passage à l’âge adulte, les premières expériences sexuelles, la prise d’identité et d’indépendance, elle ne le fait pas avec une subtilité débordante. Zahia Dehar s’en sort comme elle peut, mais on cherche encore ce que Rebecca Zlotowski a pu lui trouver tant tout ce qu’elle dégage se résume à un désir sexuel inassouvi couplé à une sorte de naïveté faussement réaliste. Son côté bohème semble forcé, ses silences et ses réflexions semblent inventés, dominés par un côté ébahi agaçant. On est un peu dur en remarques avec Zahia Dehar, qui, soulignons-le, s’en sort avec les honneurs pour un premier coup d’essai.

Tandis qu’Une Fille Facile tente de raconter l’évolution de la jeune Naïma qui apprend la vie aux côtés de sa cousine aînée interprétée par Zahia, on s’ennuie gentiment face à des tribulations relativement éculées. L’approche de Rebecca Zlotowski n’est pas très aiguisée, se contentant de se reposer sur le physique et les quelques traits d’esprit de son actrice principale. Heureusement, la jeune Mina Farid est extrêmement convaincante dans la figure de l’adolescente espiègle qui cherche sa route, tiraillée entre les responsabilités d’adulte et les folies adolescentes incarnées par Zahia. Reste également Benoît Magimel, étonnement touchant et juste dans la peau de Philippe, figure paternelle rassurante et sécurisante.

Sympathique et distrayant, Une Fille Facile permet de mettre en avant un autre visage pour Zahia Dehar. Le film respire l’été, le sexe, la séduction, les vacances, le sel, le sable, mais n’a finalement pas grand-chose à raconter.

Note : 13/20

Par Aubin

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