décembre 4, 2020
BD

Elfes T.02 – L’Honneur des Elfes Sylvains

Auteurs : Nicolas Jarry et Gianluca Maconi

Editeur : Soleil

Genre : Fantasy

Résumé :

La cité de Eysine est assiégée par des mercenaires Orcs. La situation est désespérée. La fille du roi décide, contre l’avis de tous, d’aller demander l’aide des Elfes sylvains. Alors que, pourchassée par les Orcs, elle s’enfonce toujours plus profondément dans la forêt, elle trouve refuge dans une citadelle en ruine, un sanctuaire jalousement préservé par les Elfes. L’ancien pouvoir qui hante les lieux reconnaîtra la jeune femme comme la dernière descendante des druides… Ce qui aurait pu sauver son peuple sera pour elle la plus terrible des malédictions !

Avis :

Le second tome des aventures des Elfes nous plonge dans la patrie des elfes sylvains, ces êtres liés aux forêts et à tous ses habitants minuscules ou volants. L’atmosphère mystique est très bien retranscrite, rappelant celle des druides ou des divinités de la mythologie celtique, et les différentes teintes de verts illuminent la majorité des pages. Les elfes sylvains sont finalement les elfes que l’on a l’habitude de croiser dans les romans ou films de fantaisie. Yfass, l’un des personnages principaux, ressemble énormément à Legolas, par exemple, un des elfes du Seigneur des Anneaux, avec de longs cheveux blancs, un arc et une cape ténébreuse.

L’intrigue principale rappelle également un des enjeux peu originaux que l’on peut retrouver dans des récits associant ces créatures féeriques : comment faire pour que les humains et les elfes sylvains s’allient à nouveau et pour qu’ils cessent de se haïr pour des raisons ancestrales et oubliées ? Leur caractère ne nous étonne pas vraiment, tout comme leur culture et leurs habitudes, au contraire des elfes bleus du précédent opus qui intriguaient davantage. Cela ne déprécie pas du tout ce second épisode dont l’histoire magique captive tout du long.

Malgré un départ qui semble peu innovant, l’auteur Nicolas Jarry (qui a écrit Le crépuscule des dieux notamment, dont la critique est présente sur ce site) nous embarque dans une histoire prenante qui nous fait voyager et qui fait du bien, même si la fin n’est pas spécialement heureuse. Les dialogues et les textes sont poétiques, ainsi que les images dont les couleurs vives et flamboyantes colorent des dessins magnifiques de Gianluca Maconi, aux traits soignés. Les planches naviguent entre les beaux verts forestiers des elfes sylvains, et le marron et noir des scènes des Hommes qui se préparent au combat. Ces différences marquent la frontière entre deux mondes ennemis et le lecteur sera amené naturellement à davantage apprécier les elfes que les Hommes. Cependant, quelques rebondissements parmi les sylvains vont changer la donne et semer le trouble.

En effet, ce tome met en scène d’autres accroches captivantes, grâce au personnage de Llali, la fille humaine du roi d’Eysine. A travers son regard naïf sur la vie, on découvre le monde des elfes sylvains et le monde des Hommes de bien jolies manières, avec un optimisme peu forcé. Les paroles de la jeune fille, bien que comportant un côté bisounours, restent crédibles et contrastent avec la noirceur de tous les autres rôles, ce qui n’est pas plus mal. C’est également grâce à Llali que le lecteur est conduit à arpenter le passé de cet univers, un autre temps où les elfes et Hommes partageaient leur savoir magique comme politique.

Alors poursuivie par des orcs, la jeune humaine se découvre des pouvoirs spéciaux et la seconde intrigue principale va tourner autour de cela. Yfass, impressionné par des facultés qu’il pensait disparues et inaccessibles aux humains, va essayer de convaincre les siens afin que Llali ait une éducation particulière pour que les sens de la nature et la magie sacrée n’aient plus de secret pour elle. L’honneur des sylvains, comme le titre l’indique, compliquera les négociations et la résolution des conflits qui meurtrissent le peuple d’Eysine.

Amour, acceptation, partage, compréhension… Yfass et Llali sont chaleureux et attachants, peut-être un peu stéréotypés, mais tout de même réalistes et assez développés. Yfass est le héros meurtri, quelque peu perdu, qui cherche à s’impliquer pour une bonne cause et, Llali est une jeune femme aux idéaux utopistes qui croit en un avenir meilleur pour tous. Leurs personnalités s’accordent à merveille. Il n’y a pas d’histoire d’amour gnian-gnian, ni de moralité bateau. Le scénario est bien construit et rythmé tout du long pour que l’on ne s’ennuie pas.

Le parti pris de la construction des premières pages est intéressant. Quelques retours en arrière nous permettent de mieux comprendre comment les personnages principaux se sont rencontrés, sans que cela ne perturbe l’écoulement de l’histoire. On plonge ainsi directement dans l’action dès les cases de départ et les questions que le lecteur se pose sont rapidement résolues. Les thèmes avancés dans ce tome sont complexes bien qu’ils ne soient pas traités en profondeur et qu’ils soient abordés trop rapidement, formule du concept de la série oblige. Le tome deux des Elfes, moins étonnant sur la construction des personnages que le tome précédent, laisse tout de même de belles impressions, grâce à des planches sublimement colorées, nous emportant dans une atmosphère féerique époustouflante, grâce à des personnages attachants, et plusieurs intrigues captivantes dont les fins sont satisfaisantes et joliment mises en scène.

La série Elfes promet des suites passionnantes !

Note : 19/20

Par Lildrille

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.