octobre 26, 2020

Les Voies du Destin

Titre Original : The Railway Man

De: Jonathan Teplitzky

Avec Colin Firth, Nicole Kidman, Jeremy Irvine, Stellan Skarsgard

Année: 2014

Pays: Australie, Angleterre, Suisse

Genre: Biopic

Résumé:

Le lieutenant écossais Eric Lomax, a été fait prisonnier par les Japonais à Singapour durant la Seconde Guerre mondiale et envoyé dans un camp en Thaïlande. Là-bas, il a été forcé de contribuer à la construction du fameux pont sur la rivière Kwaï. Des années plus tard, il souffre toujours d’un stress post-traumatique. Sa deuxième femme, Patricia Wallace, décidée à l’aider à surmonter ses démons, découvre que le jeune officier japonais qui hante sa mémoire est toujours vivant. Doit-elle donner à Eric une chance de se confronter à celui qui l’a torturé ?

Avis:

Jonathan Teplitzky est un réalisateur australien dont on n’entend pas forcément beaucoup parler. Très discret, l’homme réalise pourtant depuis presque vingt ans et nous avons vu débarquer dans nos salles, toujours de façon discrète, ses films. Pour ma part, du cinéma de Jonathan Teplitzky, je ne connais que son premier film, « Better Than Sex« , qui est un petit film indé australien qui navigue entre le drame et la comédie et qui surtout présentait deux magnifiques personnages.

Jonathan Teplitzky réalise peu, en treize années de carrière (au moment de la sortie du film dont nous allons parler), le cinéaste débarque avec son quatrième long-métrage. Si ses premiers films vont être de petits films, avec « Les voies du destin« , Jonathan Teplitzky passe un cran au-dessus et revient avec un film au budget déjà plus conséquent. Malmené par la presse, plus apprécié du public, « Les voies du destin » est un divertissement honorable, qui nous raconte à travers des flashbacks, certes classiques, mais bien menés, le calvaire d’un homme en particulier. Si on reprochera au film de Jonathan Teplitzky un sacré manque d’originalité, ça n’empêchera pas le film de fonctionner, et même de toucher.

Eric Lomax et Patricia Wallace se rencontrent dans un train et il est évident qu’il s’est passé quelque chose de fort entre eux pendant ce voyage. Eric arrive à retrouver Patricia et très vite, une belle histoire commence. Après quelques mois d’une belle histoire, Eric et Paddie se marient. Quand Eric emménage chez Patricia, très vite, elle va découvrir que l’homme qu’elle aime est détruit par son passé. Eric a été lieutenant pendant la Deuxième Guerre Mondiale et il a combattu dans le Pacifique. Sa compagnie s’est rendue aux Japonais et tous furent envoyés dans un camp de travail en Thaïlande. Eric Lomax, qui sera libéré de ce camp, ne sera plus jamais le même et Paddie doit savoir ce qui s’est passé, il y a des années, car elle veut essayer d’aider son mari et pourquoi pas le sauver.

« Les voies du destin« , c’est un film qui cache deux films en un seul. Premièrement, le film s’ouvre comme une belle romance. Comment ne pas succomber au charme de cette rencontre aussi simple que belle. Colin Firth et Nicole Kidman composent un joli couple de cinéma duquel il se dégage une belle alchimie. Puis peu à peu la romance vire au drame. Un drame sournois, un drame qui enferme et piège ses personnages dans un passé. La Seconde Guerre mondiale est alors évoquée. Loin du front, loin de champs de bataille de l’Europe, l’histoire du lieutenant Eric Lomax, ou plutôt l’enfer du lieutenant Lomax, va se dérouler dans un camp en Thaïlande.

Bon autant le dire d’emblée, le souci avec « Les voies du destin« , c’est qu’on a déjà vu ce genre de film et d’histoire bien trop de fois. On l’aura vu en bien meilleur ou bien pire, mais le principal ici, c’est qu’on connaît cette histoire par cœur. Mais est-ce que le fait de connaître déjà cette intrigue fait des « … voies du destin » un mauvais film ? La réponse est non, assurément. Alors certes, le film de Jonathan Teplitzky est terriblement classique comme évoqué plus haut. Pour raconter cette histoire, le cinéaste australien ne prend aucun risque. La réalisation est plate, mais jolie, Jonathan Teplitzky donne la sensation de survoler cette histoire, de la rendre bien lisse et grand public, et pourtant, elle est aussi suffisamment bien écrite et filmée pour que finalement, on entre dans cette dernière sans souci et au-delà de ça, on entre dedans et elle nous touche à la fin. Certes, on savait déjà que toute l’intrigue tournerait autour du pardon, et enverrait un beau message sur la haine qui détruit les hommes. On y était préparé dans un sens, puisque tout, dans ce film, arrive comme ça doit se passer et pourtant, on se laisse très joliment toucher, voire même émouvoir à la fin.

Si l’on se fait aussi autant embarquer dans cette facilité, c’est parce que « Les voies du destin » a la chance d’avoir pour lui un casting solide. Si on a déjà évoqué le couple Firth/Kidman, on retiendra aussi et surtout Jeremy Irvine en Lomax jeune qui est vraiment bluffant. On retiendra aussi la confrontation entre Colin Firth et Hiroyuki Sanada qui est un moment de cinéma certes très attendu, mais mis en scène avec beaucoup de sincérité et surtout qui évitera tout le pathos qu’une telle scène aurait très facilement pu amener.

« Les voies du destin » n’est donc pas un grand film, et c’est dommage, parce qu’avec une idée comme celle-là, il y avait de quoi faire un tout autre film. Malheureusement, Jonathan Teplitzky a fait le choix de la facilité. Il a fait le choix du classique, du déjà vu, du sans surprise. Mais malgré ça, il faut aussi laisser au cinéaste qu’il s’en sort plutôt bien et à défaut d’être grand, « Les voies du destin » demeure un film sommes toutes joli, et surtout qui fonctionne et touche et c’est déjà ça. « Les voies du destin » n’est donc pas un film essentiel, mais si jamais l’envie vous en dit, alors laissez-vous tenter…

Note : 14/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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