janvier 19, 2021

Les Faussaires de Manhattan

Titre Original : Can You Ever Forgive Me ?

De: Marielle Heller

Avec Melissa McCarthy, Richard E. Grant, Dolly Wells, Ben Falcone

Année: 2019

Pays: Etats-Unis

Genre: Biopic

Résumé:

Ancienne auteure à succès aujourd’hui sans le sou, Lee Israel se découvre par hasard un don exceptionnel : celui d’imiter à la perfection le style de grands romanciers. Avec l’aide de son ami Jack, elle monte une arnaque imparable: rédiger de fausses correspondances entre auteurs célèbres, que Jack revend à prix d’or aux collectionneurs new-yorkais. Grisés par le succès, les deux faussaires ne voient pas que le FBI commence à s’intéresser à eux…

Avis:

Marielle Heller, voilà un nom qui ne nous dit pas grand-chose et quand on y regarde de plus près, il est vrai que la comédienne, qui est réalisatrice et scénariste, n’a pas fait grand-chose, ou du moins, elle n’a pas travaillé sur des projets qui la mettent plus en avant que ça. Elle commence sa carrière d’actrice au début des années 2000, notamment dans la série « Spin City« . L’actrice tourne peu, restant parfois quelques années sans rien faire. C’est en 2015 qu’elle se lance dans la réalisation, attaquant de suite avec un long-métrage, la comédie inconnue chez nous « The Diary of a Teenage Girl« .

Après avoir signé la réalisation de quelques épisodes de la série « Casual« , Marielle Heller est de retour derrière la caméra pour un petit film tout à fait respectable qui emmena même à juste titre la pétillante Melissa McCarthy et le génial Richard E. Grant à une nomination aux Oscars de 2019. Sorti il y a presque un an aux Etats-Unis, il lui aura fallu du temps à ces « … faussaires de Manhattan » pour arriver jusqu’à chez nous. Entre drame et comédie, pour son deuxième essai, Marielle Heller nous livre-là un joli petit moment de cinéma. Un moment qui n’est certes pas marquant, un moment qui est même renforcé grâce à son duo d’acteurs qui se donnent totalement, car sans eux, il est clair que le film aurait perdu en intérêt. Bref, un petit moment sympathique, amusant et touchant, qui mérite qu’on s’y arrête au moins une fois.

Lee Israel fut une auteure à succès, mais aujourd’hui elle a bien du mal à vivre. Sans un sou en poche, son éditeur refuse de lui faire une avance pour sa prochaine biographie, dont tout le monde se fiche finalement. Un jour, par chance, elle tombe sur une lettre écrite par l’actrice Fanny Brice. Cette lettre va lui permettre en la revendant de survivre encore peu, mais cette lettre va surtout lui donner l’idée qu’il y a de l’argent à se faire. Dès lors, Lee, pour se sortir de sa situation, se met à écrire elle-même des lettres, des lettres et encore et toujours des lettres. Lee va vendre ses fausses lettres intimes de célébrité à prix d’or, mais très vite, elle va aussi s’attirer l’intérêt du FBI…

Il y a des petits films comme ça, qui sortent sans faire grand bruit, et qui ne sont pas extraordinaires, mais qui pourtant méritent leur petit coup d’œil, parce qu’ils sont fait avec amour et sincérité, et il est clair que le second métrage de Marielle Heller fait partie de ceux-là.

« Les faussaires de Manhattan » revient alors sur une histoire vraie, qui fut aux États-Unis un joli petit scandale. Bon, il faut dire qu’une auteure qui a connu le succès et qui, oubliée de tous, pour survivre se lance dans la contrefaçon de lettres intimes, il y avait vraiment matière à faire un film. Mais c’est peut-être aussi pour son intrigue que le film a eu du mal à arriver jusqu’à dans nos salles, car si en Amérique Lee Israel est plutôt connue, chez nous, ce n’est pas la même chose, et je pense que les distributeurs ont plus compté sur le casting du film que l’histoire. Bref, le film est toutefois arrivé chez nous et comme je le disais plus haut, le résultat est assez sympathique.

Doté d’un scénario très intéressant parce qu’il s’arrête sur un fait plutôt orignal, « Les faussaires de Manhattan » est une petite comédie dramatique qui saura charmer son public. L’histoire que Marielle Heller nous raconte nous amuse, même s’il faut quand même noter une réalisation assez plate, voire même formatée. Très sincèrement, même si on trouve à l’intérieur de ce métrage, rires et émotions, on ne peut pas non plus en tirer de grands moments de cinéma inoubliables, et si l’intrigue demeure originale, « Les faussaires de Manhattan » souffre d’un effet déjà vu, et au-delà de cela, un effet de sans surprise. On sent le film fait par amour, on sent la réalisatrice impliquée, voulant offrir un bon moment de cinéma, mais il manque quand même cette étincelle, un brin de folie, qui nous emmènerait totalement. Après, comme je le disais, on ne passe pas du tout un mauvais moment devant, le film explore de bons sujets, explore plutôt bien son époque, tout comme il peut passionner par le monde duquel il parle, un monde assez méconnu finalement.

Mais ce qui fait surtout le film, ce qui lui donne beaucoup de valeur et fait que finalement, même s’il est sans surprise, ne pourra pas tomber dans un oubli, c’est son duo d’acteurs, tous deux nommés aux Oscars, ce qui était une évidence. Pour ce film, Marielle Heller a fait appel à Melissa McCarthy pour se glisser dans la peau de cet écrivain raté, frustré, désagréable, alcoolique et l’actrice, qui est à contre-emploi, fait des merveilles. Drôle, certes, elle y est surtout terriblement touchante dans ce personnage. En face d’elle, pour l’accompagner, on trouve un Richard E. Grant génial de bout en bout, dans la peau d’un écrivain raté (lui aussi) qui trouve sa moitié. Le duo fonctionne à merveille. Quand on les voit, on sent que les deux comédiens s’éclatent dans la peau de leur personnage. Bref, ils donnent le meilleur d’eux-mêmes et il est clair que sans eux, le film de Marielle Heller aurait bien moins de saveur.

« Les faussaires de Manhattan » est donc un bon petit film. Un film qui est certes loin d’être extraordinaire, il ne révolutionne pas son genre ou son sujet, mais il tient la route, il est intéressant, il est amusant, et surtout, il est tenu par deux comédiens absolument impeccables !

Note : 13/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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