octobre 18, 2021

Butterfly – De Max à Maxine

D’Après une Idée de : Tony Marchant

Avec Callum Booth-Ford, Anna Friel, Emmett J. Scanlan, Millie Gibson

Pays: Angleterre

Nombre d’Episodes: 3

Genre: Drame

Résumé:

A 11 ans, Max, qui s’est toujours identifié comme étant une fille et s’est toujours habillé en conséquence à la maison, ne veut à présent plus se cacher. Sa conviction qu’il n’est pas né dans le bon corps n’est pas toujours bien perçue dans son entourage. Et pourtant, alors que les premiers signes de la puberté apparaissent, va-t-il réprimer sa véritable nature dans l’espoir d’obtenir l’approbation de son père ?

Avis:

Tony Marchant est de ces personnes qui travaillent dans l’ombre du cinéma depuis des années, sans vraiment qu’on y porte plus d’attention que cela. Scénariste depuis le début des années 80, Tony Marchant a travaillé sur un nombre incalculable de séries britanniques, parmi lesquelles on retrouve des titres comme « The Whistleblowers« , « Holding On » ou encore « Goodbye Cruel World« . Tony Marchant a aussi à son actif plusieurs téléfilms et bien entendu, plusieurs séries dont il est le showrunner. Pour sa nouvelle mini-série, Tony Marchant a choisi d’explorer sur trois épisodes un sujet des plus difficiles. Un sujet qui véhicule énormément de pièges tant celui-ci est sensible. Ce sujet, c’est la transidentité des plus jeunes.

Belle, pudique, tout en osant aller dans le vif de son sujet, « Butterfly, de Max à Maxine » n’est pas une série devant laquelle on passe « un bon moment », tant elle peut mettre les émotions à vif, tant le sujet est dur et qu’il est traité avec beaucoup de réalisme. Mais malgré le « mauvais moment » passé, cette mini-série se fait importante et passionnante. Une série qui est de surcroît encore plus touchante grâce aux compositions incroyables de ce casting tout simplement parfait.

Max a onze ans, et il entre dans l’adolescence avec un gros souci. Depuis tout petit, Max ne s’est jamais senti à sa place. Max le sait, il est une fille coincée dans un corps de garçon. S’il arrive plus ou moins à s’assumer une fois les portes closes, chez sa mère, il lui reste beaucoup de chemin à parcourir pour se faire accepter, car aussi bien dans en dehors que chez lui, Maxime doit affronter plusieurs jugements et surtout, il doit prouver que ce n’est pas une passade… Bref, la vie de Maxime est compliquée et elle va bientôt l’être encore plus.

« Butterfly, de Max à Maxine« , c’est typiquement le genre de mini-série qui me rend d’emblée curieux, parce que même si les pièges peuvent être nombreux avec ce genre de sujet, on peut aussi se trouver en face d’un petit bijou et c’est clairement le cas ici.

Pour sa nouvelle série, Tony Marchant a très bien fait les choses et il a osé porter son sujet jusqu’au bout de lui-même. « Butterfly … », c’est une série qui ose aller au bout des choses, c’est une série qui ose parle d’un certain mal être sans aucune langue de bois. C’est une série qui respire le travail fait en amont, pour être le plus juste et le plus vrai possible. Le scénario est impeccablement tenu, et chaque moment, chaque rebondissement, est utile pour l’intrigue, que son showrunner ne cesse jamais d’approfondir. « Butterfly … », c’est une série qui évidemment parlera du mal-être intérieur et de la quête de soi. Plus largement aussi, c’est une série qui abordera le regard des autres, des jugements, des moqueries, et plus encore, abordant le harcèlement. « Buttefly … », c’est une série qui aborde la famille, et tout le chamboulement, les réflexions, les culpabilités, les rejets que ce genre de problème peut apporter. Mais face à tout cela, Tony Marchant ne tombe jamais dans le piège du misérabilisme ou du pathos. Non, avec « Butterfly … », le showrunner livre une belle leçon d’écoute et plus largement de tolérance. Malgré la noirceur et la dureté de son sujet, finalement « Butterfly … » finit par apparaître comme une série lumineuse et malgré les moments difficiles, à aucun moment on regrette de s’y être arrêté, tant le showrunner, mais aussi son réalisateur, ont su parler et mettre en lumière ce sujet avec subtilité et franchise.

« Butterfly, de Max à Maxine« , c’est aussi un casting parfait, qui sait très bien comment nous toucher en plein cœur. Si Millie Gibson et Emmett J. Scanlan sont impeccables, il est vrai que la série taille une belle part à Anna Friel qui est absolument renversante dans la peau de cette femme qui ne veut que le bien de son enfant, même si elle n’est pas en total accord avec cette idée en début de série. Et plus que l’impeccable Anna Friel, « Butterfly … », c’est surtout Callum Booth-Ford qui est absolument bluffant à tout instant. Le jeune acteur de douze ans donne tout ce qu’il a pour ce rôle et en plus d’être la révélation de cette série, il livre avant tout une performance tout en émotion, en simplicité, mélange de calme et de colère, d’envie et de trouille, de savoir et de réflexion… Bref, le rôle est on ne peut plus complexe et comme je le disais, il est bluffant. À coup sûr son nom est à retenir, car on devrait très souvent en entendre parler.

« Butterfly, de Max à Maxine » est donc une très jolie mini-série qui ose aborder de plein front son sujet difficile. Peignant de très beaux portraits, ne tombant jamais dans la facilité ou le pathos, osant bousculer les choses, Tony Marchant et Anthony Byrne ont très bien su comment parler de la transidentité chez les adolescents. Belle, lumineuse, importante, on ne peut que conseiller cette mini-série.

Note : 15/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.