mars 7, 2021

Saw VI

saw6

De : Kevin Greutert

Avec Tobin Bell, Costas Mandylor, Betsy Russell, Mark Rolston

Année: 2009

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

L’agent spécial Strahm est mort, et le détective Hoffman s’impose alors comme le légataire incontesté de l’héritage de Jigsaw. Cependant, tandis que le FBI se rapproche de plus en plus dangereusement de lui, Hoffman est obligé de commencer un nouveau jeu qui révélera enfin quel est le véritable grand dessein derrière les machinations de Jigsaw…

Avis:

Beaucoup de personnes se sont posé la même question : Vont-ils garder ce titre ? Parce qu’il faut dire que les jeux de mots ont fusé à propos de ce film et on comprend pourquoi. Pour un film qui fait dans le torture-porn et qui présente des scènes de torture et de boucherie, donner Saw 6 comme nom, c’est à la fois de mauvais gout mais bien trouvé. Cela étant dit, on peut aussi se poser la question de la légitimité d’une suite. Il est vrai qu’à la fin du cinquième, on reste sur une scène ouverte qui laisse présager une suite. Mais le film était tellement mauvais, il avait un aspect tellement téléfilm, qu’une suite n’était peut-être pas la meilleure des idées. Mais bon, Saw fait des entrées, Saw fait vendre, et Saw fait désormais partie du patrimoine culturel horrifique, au même titre que Freddy, Jason ou Michael Myers. Et faut-il rappeler que ces trois célèbres boogeymen n’ont pas eu que des succès dans leur carrière ? Mais au final, que vaut ce Saw 6 ?

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Retour sur le piège le plus sadique de la saga !

L’histoire de ce sixième épisode démarre exactement là où le cinquième s’était arrêté. On y voit Hoffman, le dernier élève de Jigsaw encore vivant sortir de son cercueil de verre et récupérer le cadavre de Strahm, qui est mort écrasé entre deux murs. Il va alors voir l’ex-femme de Jigsaw pour récupérer la boîte du testament du meurtrier, contenant 5 enveloppes pour faire le dernier jeu. Il va donc devoir piéger 5 personnes, dont un assureur en santé qui a refusé Jigsaw à cause de sa maladie. C’est encore deux histoires qui vont se dérouler en parallèle, une enquête policière pour retrouver le meurtrier (et on voit que l’étau se resserre autour de Hoffman) et une série de pièges dans lequel est pris l’assureur. En gros, on reprend les mêmes éléments que le précédent film, on change les pièges, on change les victimes et on fait un nouveau film qui n’a rien de nouveau. Et le spectateur, abruti, n’attendant que piège violence et sadisme afin d’assouvir des désirs inaccessibles, se vautre joyeusement dans toute cette facilité.  Alors certes, on comprend un peu plus les agissements de Jigsaw, on comprend aussi plus facilement, en plus de la perte de son enfant, sa haine envers certaines personnes, mais les rebondissements à répétitions et le twist final attendu en font un scénario peu crédible et presque nauséabond.

Au niveau de l’ambiance, on reste encore une fois dans quelque chose de simple, qui emprunte à tout plein de choses déjà vu dans les opus précédents. Quand l’histoire se concentre sur les moments d’enquête où Hoffman essaye de se sortir du traquenard de la police, on est dans le néant ultime, renvoyant aux pires épisodes de New York Police Judiciaire. Néanmoins, Kevin Greutert a un peu plus de talent que David Hackl et rend une copie un peu plus sympathique et dynamique que celle du précédent film. Dans les moments de piège, où l’on suit l’assureur, on nous rebalance la sauce sur des lieux lugubres et délabrés, avec des endroits un peu bizarres. Ici, on voit que l’on est dans un zoo désaffecté. Le design des pièges est intéressant, notamment celui du tourniquet, qui est plutôt joli, mais encore une fois, les lumières sont peu travaillées, les lieux se succèdent sans être marquant, bref, on reste dans du connu, on ne prend pas de risques et c’est bien dommage.

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Ouais ! T’a tué mon père salaaaaaauuuudddddd !!!!

Le défaut du film vient aussi des acteurs. Franchement, niveau monolithique et inexpressif, on ne peut pas faire pire que Costas Mandylor. Déjà d’avoir un nom à la con, il joue vraiment mal. Pas charismatique pour un sou, mou et faisant le strict minimum, il n’est pas à la hauteur de Tobin Bell, qui pourtant fait lui aussi le minimum syndical. Dans cet opus, comme dans le précédent, il apparait sous forme de vidéo, car il est mort dans le troisième film (et si vous n’avez pas vu e film, vous venez de vous faire spoiler comme des connards ! Mais en même temps, pourquoi lire une critique du sixième opus si vous n’avez pas vu le trois !). On retrouve aussi Betsy Russell dans le rôle de l’ex-femme de Jigsaw, avec lequel elle était séparée, mais qui va faire un acte assez incompréhensible pour son ex-mari. Elle est aussi monolithique que Costas, mais reste plus agréable à regarder. Après, qui reste-t-il ? L’assureur, qui est crédible dans son rôle de méchant qui en prend plein la poire, mais qui manque cruellement de charisme et d’empathie ou encore les victimes, dont on se fout royalement de leur sort, puisqu’on les voit à peine avant leur kidnapping. Bref, rien de bien reluisant là-dedans encore une fois.

Alors il est évident que ce qui a fait la marque des Saw depuis le troisième, ce sont les pièges et les effets gores. Le sixième ne fait pas exception à la règle avec des pièges sadiques et parfois malins. Mais dans ce film, les préceptes de Jigsaw, de ne tuer que des gens qui sont mauvais ou qui ne profitent pas de la vie, ne sont pas respectés, notamment lors du piège de la pendaison. Ensuite, le fait de devoir tuer des personnes, de sacrifier des gens par un tiers n’est pas très intéressant et demeure vraiment en dehors des idées du mythique tueur. Le piège du tourniquet est assez horrible, mais reste vraiment très téléphoné dans son déroulement et la scène est interminable. On préférera le passage dans le labyrinthe, avec toute la chaufferie, mais dont la conclusion sera vraiment débile. Enfin, on peut évoquer le passage gore du début, avec deux personnages qui n’ont rien à voir avec l’histoire, il s’agit là d’un piège quelconque qui ne sert à rien avec un don de chair et encore une fois, un duel avec une personne qui doit mourir. C’est crade, mais ne sert aucunement le propos. Mais il y a aussi le passage gore à la fin, avec des intestins dans tous les sens qui reste… putassier au possible, comme la découverte du cadavre de Strahm.

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Merde, le FN est passé à Brignolles !

Au final, Saw 6 est une amère déception, même si on commence à en avoir l’habitude depuis le troisième opus de la saga. Les pièges sont moins percutants, même si plus beaux visuellement, les personnages ne sont pas du tout attachants ou détestables et les effets gores sont bien présents mais ne servent pas à grand-chose. Le twist de fin est presque ridicule et sans logique de par la personne qui le fait subir et annonce un septième opus que l’on ne languit pas. Bref, un film dans la continuité de la saga, qui déçoit par sa linéarité et son manque d’originalité.

Note : 02/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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