Battle for Skyark

De : Simon Hung

Avec Caon Mortenson, Garret Coffey, Taylor Coliee, Riley Jane

Année : 2015

Pays : Etats-Unis

Genre : Science-Fiction

Résumé :

Dans un futur proche, la terre est devenue un endroit ruiné et hostile. Menacée par une mystérieuse race de monstres, l’humanité a été forcée de se réfugier sur Skyark, une ville construite dans le ciel. Au fur et à mesure que la population a augmenté, l’espace s’est réduit, et seuls les riches ont pu rester, rejetant les pauvres et les orphelins sur la terre. Une révolte est née, mais son leader a été exécuté par les autorités. Son fils, Rags, marqué des 13 ombres de la honte est exilé sur la terre où il découvre une prophétie selon laquelle le fils d’un commandant rebelle sauvera le monde. Rags doit maintenant mener ses compagnons orphelins contre une horde de monstres pour retourner sur Skyark et y ramener la paix.

Avis :

Durant les années 60, les grands studios comme la Fox avait abandonné l’idée de faire des films de science-fiction. Et tout du moins de faire de gros blockbusters à destination d’un public adulte. En effet, à cette époque, la SF était bonne pour les enfants ou pour un public de niche. Il faudra attendre 1968 et le raz-de-marée de La Planète des Singes pour que le genre se relance. Aujourd’hui, on bouffe de la SF à toutes les sauces et si ce n’est pas toujours réussi, cela reste un genre qui a le vent en poupe et qui continue de cartonner au box-office. Il suffit de voir les résultats des Marvel pour s’en rendre compte ou encore des succès des Star Wars. Bref, le genre marche et touche maintenant tous les âges, même les enfants qui deviennent rapidement addict à Star Wars et consorts avec tous les produits dérivés. Cependant, de la SF qui s’adresse uniquement à un jeune public c’est rare. Et visiblement, c’est difficile de faire dans la qualité, surtout quand on pose les yeux sur Battle for Skyark.

Très rapidement, on va se rendre compte que l’on nage dans un film complètement fauché s’inspirant de certains modèles. On aura droit à la cité dans le ciel pour les nantis et les pauvres rebelles qui devront survivre sur Terre au milieu de monstres. On y verra aussi une prophétie avec un hypothétique sauveur et une eau miraculeuse qui guérirait de toutes les maladies. Bref, un discours que l’on a déjà entendu un milliard de fois et qui ne trouve aucune résonance ici. Battle for Skyark se fourvoie très rapidement dans son scénario. Les personnages ne sont que des enfants ou des adolescents qui survivent dans un bouge minable et tentent de survivre à des monstres de plus en plus envahissants. Les protagonistes sont écrits à la truelle, ils sont peu nombreux et n’ont pas tous le même traitement. Certains sont plus appuyés que d’autres, qui n’ont carrément pas une ligne de dialogue. C’est assez consternant de voir aussi peu de travail et aussi peu d’empathie pour des gosses dont finalement on se fout royalement.

Le travail d’écriture pêche aussi sur son déroulement. Un élu arrive, il se retrouve dans une histoire où il doit faire face à ses peurs. Il perd un de ses amis, revient pour se lamenter tout seul, trouve un autre enfant venu de la cité dans le ciel, et il décide, après que tous les gosses se soient faits buter par des monstres, de se venger. Un schéma narratif classique mais qui véhicule tout de même des idées plus ou moins nauséabondes. En effet, le héros, Rags, n’accepte pas son destin et laisse ses amis se faire tuer à sa place à cause de son immobilisme. Il ne réagira qu’après moult réflexions sans jamais avoir une once de regrets et la fin montre bien à quel point la perte de ses nouveaux amis n’est pas tellement un problème pour lui. Les autres personnages sont tout aussi mauvais, comme cette pauvre fille qui pleure la mort de sa sœur durant deux minutes avant de se mettre en colère dans une séquence ridicule où elle jette des objets au sol avant de les ramasser. Dans son fond, le film essaye de développer une intrigue qui, bien entendu, démontre la corruption d’une cité de nantis qui part à vau l’eau, mais tout est tellement téléphoné que cela en devient risible.

Et ne parlons pas des acteurs qui sont tous, absolument tous, extrêmement mauvais. Les jeux sont approximatifs, les émotions sont soit sous jouées, soit surjouées, et le héros possède le charisme d’un poulpe. C’est bien simple, aucun des acteurs n’est investi dans son rôle. D’autant plus que l’on retrouve certains clichés plus ou moins pourris, comme l’asiatique qui est fringuée comme dans un Chambara déluré ou encore le gamin loufoque qui fait des blagues même devant des monstres assoiffés de sang. Cependant, si on gratte un peu, on peut trouver deux points positifs au film. En premier lieu, les monstres sont assez bien foutus. Les designs sont agréables, diversifiés, pompant sur Mad Max ou les films de zombies, mais globalement, c’est assez réussi. On notera les efforts sur les maquillages, plutôt old school, mais détenant un petit charme agréable. Ensuite, il y a un petit côté horrifique qui se dégage de certaines scènes qui n’est pas désagréable, et même si ça reste très enfantin, voire même trop, on ne peut que saluer cette volonté de noircir un peu l’image. Cela ne sauve pas le film, mais atténue le sentiment d’arnaque. Une arnaque que l’on ressent très fortement dans son final complètement débile, sans aucun fondement et qui ne tient absolument pas la route.

Au final, Battle for Skyark est un très mauvais film. Si on peut sauver deux/trois petites choses, globalement, le premier film de Simon Hung est une purge totale et malhabile. Entre des acteurs qui ne savent pas jouer, des personnages insupportables, une histoire qui n’a ni queue ni tête et qui essaye pourtant de teaser une suite, on peut dire que ce film est un navet que l’on sert à de pauvres enfants avides de science-fiction. Et on le sait tous, les légumes, les enfants n’aiment pas trop ça…

Note : 04/20

Par AqME

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