Aeon’s End

Fiche Technique :

Auteur : Kevin Riley

Joueurs : 1 à 4

Durée : 60 min

Type/Public : Coopération/Adultes

Age : 14 ans

Mécaniques : Deckbuilding

Première Edition : 2018

But du Jeu :

Protégez Gravehold des envahisseurs ! Dans ce jeu coopératif, les joueurs affrontent des némésis à grands coups de sorts et de capacités exclusives en construisant un deck qui ne sera jamais mélangé. Collectez des gemmes ainsi que des reliques et manipulez les brèches afin de repousser chaque ennemi qui sera unique ! Mais attention à l’épuisement de votre équipe !

Règles :

Aeon’s End est un jeu cooépratif où chaque joueur va construire son propre deck à partir de cartes de départ et d’autres qui seront disponibles sur la table. Tous les joueurs incarnent un personnage avec une capacité bien précise et chacun essaye d’optimiser son deck pour vaincre, ensemble, la némésis que l’on choisit au départ. La première chose à faire dans ce jeu est donc de choisir l’ennemi, mais aussi et surtout le personnage que l’on veut incarner. Si chaque personnage est relativement équilibré, certains sont plus durs à jouer car leurs capacités sont moins évidentes ou ils ont des brèches en moins pour lancer des sorts. Car oui, le but est d’acheter et de lancer des sorts sur les ennemis pour les vaincre. Une fois les personnages et l’ennemi choisis, les joueurs se mettent d’accord pour faire neuf tas de cartes au centre de la table, qui seront les cartes disponibles pour construire son deck. Il faut trois types de gemmes, deux types de reliques et quatre types de sorts. Les gemmes permettent de dépenser de l’éther, qui est la monnaie du jeu et qui va servir à acheter les cartes au centre de la table. Les reliques sont des objets qui apportent de l’éther ou font des effets immédiats. Les sorts sont généralement des attaques destinées à l’ennemi. Le tour d’un joueur se déroule comme suit :

_ Lancement des sorts préparés. Car oui, on ne lance pas les sorts directement de sa main, mais à partir des brèches ouvertes sur son personnage.

_ Phase d’action où le joueur peut faire tout ce qu’il veut parmi les actions disponibles : acheter des cartes pour augmenter son deck, préparer un sort en le mettant sur une brèche ouverte de son personnage, ouvrir une brèche (les personnages en ont en général 4), stabiliser une brèche pour mettre un sort ce tour-ci-dessus, charger son personnage (il y a une jauge à remplir pour faire la capacité spéciale du personnage que l’on incarne). Toutes ces actions sont faisables dans l’ordre que l’on veut et en fonction de notre main de départ qui est de cinq cartes. Et bien évidemment, tout cela coûte de l’éther.

_ Phase de pioche. Une fois toutes les actions faites, le joueur refait sa main pour avoir cinq cartes en main et on passe au tour suivant.

Ce qui est intéressant avec Aeon’s End, c’est que son deck n’est jamais mélangé. On place ses cartes dans sa défausse de la manière que l’on veut, mais quand on la replace dans la pioche, on ne mélange rien. Il y a donc une grosse part de stratégie qui va se mettre en place. L’autre surprise, c’est le tour de jeu. L’ordre des joueurs change à chaque fois, puisque on a une pile de carte « ordre de jeu » qui se mélange une fois qu’on en a fait le tour. Et parfois la némésis attaque deux fois d’affilée. Un tour de la némésis se déroule comme suit :

_ Application des effets des cartes présentes à côté de la némésis. Cela ne se fait pas lors du premier tour.

_ Phase de pioche. Un joueur pioche la première carte du deck de la némésis, la pose à côté et regarde s’il y a des effets immédiats. Il y a trois types de cartes : les créatures avec des points de vie que l’on peut tuer, les attaques qui sont des effets immédiats, et les « prophéties » qui sont des effets à retardement que l’on peut défausser en réalisant une action précise.

De plus en fonction de la némésis à combattre, elle peut attaquer avec des cartes spéciales. Bien évidemment, les joueurs gagnent la partie quand les points de vie de la némésis descendent à zéro, ou lorsque son deck est vide. Les joueurs perdent la partie quand ils sont tous épuisés, c’est-à-dire avec zéro point de vie ou lorsque la ville de Gravehold est détruite et perd ses 30 points de vie.

Avis :

Comme dit précédemment, Aeon’s End est un deckbuilding comme on peut en trouver des centaines aujourd’hui, mais sa caractéristique, c’est que c’est un jeu coopératif. Chaque joueur va construire son propre deck en piochant des cartes, mais pour un but commun, celui de vaincre un ennemi. Cette façon de faire est assez intéressante puisqu’elle favorise les interactions avec les joueurs qui vont parler tactique, quelle carte prendre ou encore quel sort lancer pour faire avancer l’équipe. Bien évidemment, les interactions sont plus riches à quatre joueurs, mais le jeu fonctionne beaucoup mieux à 2 ou 3 joueurs. Cela n’enlève en rien le plaisir et l’expérience de jeu, mais on ressent plus de rythme dans les parties à 2 ou 3.

Le jeu joue sur un bel équilibre entre ce qu’il faut prendre et ce qu’il faut faire pour remporter une partie. En effet, les actions sont tellement nombreuses qu’il faut toujours discuter pour optimiser au mieux son éther. Ouvrir une brèche permet de jeter plus de sorts et même parfois d’offrir un bonus de dégâts, mais prendre certaines cartes, qui sont en nombre limité, peut aussi faire pencher la balance. Les échanges sont donc essentiels pour bien réussir sa mission. La chance pointe aussi le bout de son nez quant à l’ordre des tours de jeu. Comme celui-ci change quasiment tout le temps, on ne peut pas vraiment prévoir qui sera le joueur suivant et si la némésis va attaquer. Cela rajoute un certain piment, une angoisse qui donne toute sa saveur au jeu. L’autre point important, c’est le fait de ne pas mélanger son deck et sa défausse. Si on veut se retrouver avec certaines mains, c’est possible, mais il faut bien calculer son coup.

Au niveau du matériel, Aeon’s End ne propose rien de bien neuf. Les personnages et les némésis sont représentés par de grosses cartes rigides avec de jolis dessins dessus, rappelant un peu Magic. Les autres cartes sont de taille standard. On aura droit à deux compteurs de points de vie pour la némésis et Gravehold. Les points de vie et autres charges sont représentés par de petits jetons. Rien de bien jouasse donc, mais c’est de qualité, ne s’abîmant pas à la première partie et surtout, on aura droit à quelques textes d’ambiance qui seront sympathiques. S’ils n’ont aucune incidence sur le jeu, cela donne l’impression de jouer dans un univers riche et novateur.

Au final, Aeon’s End est un excellent jeu qui allie parfaitement les mécaniques du deckbuilding avec la coopération, ce qui est très rare. Favorisant les échanges et l’optimisation de decks de tous les joueurs, le jeu permet de faire vivre des parties qui seront toutes différentes en fonction du monstre choisi et des sorts disponibles, que l’on peut prendre au hasard dans la boîte, ou en fonction de thématiques précises. Le résultat offre alors un jeu plaisant, rapide, stressant vu la difficulté de certains boss (mais la difficulté est variable) et qui possède une rejouabilité quasiment infinie. Bref, un très bon jeu.

Note : 18/20

Par AqME

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