7 Psychopathes

Titre Original : Seven Psychopaths

De : Martin McDonagh

Avec Colin Farrell, Woody Harrelson, Sam Rockwell, Christopher Walken

Année: 2013

Pays: Angleterre

Genre: Comédie

Résumé:

Marty est un scénariste hollywoodien en panne d’inspiration. Confronté à l’angoisse de la page blanche, il peine à écrire son nouveau projet de film au titre prometteur : 7 PSYCHOPATHES. Son meilleur ami Billy, comédien raté et kidnappeur de chiens à ses heures, décide de l’aider en mettant sur sa route de véritables criminels. Un gangster obsédé par l’idée de retrouver son Shih Tzu adoré, un mystérieux tueur masqué, un serial-killer à la retraite et d’autres psychopathes du même acabit vont alors très vite prouver à Marty que la réalité peut largement dépasser la fiction…

Avis :

Martin McDonagh est un réalisateur dont la carrière n’est pas encore très prolifique. Il commence en 2005 avec un petit court-métrage, Six Shooter, avec Brendan Gleeson, puis un autre, l’année suivante. Il entame vraiment sa carrière de cinéaste en 2008 avec la comédie policière Bons Baisers de Bruges (une putain de ville de conte de fées). Jouissant d’un gros casting et d’une bonne renommée, la carrière de Martin McDonagh est donc lancée et elle va connaître un gros essor en 2017 avec le très remarqué 3 Billboards, Les Panneaux de la Vengeance. Mais entre ces deux films, il va réaliser 7 Psychopathes, certainement son moins bon, mais bénéficiant pourtant d’un casting solide et d’une trame de fond qui mélange la difficulté de création à la dure réalité de la vie. Un film intéressant donc, mais qui va pêcher par son rythme anémique et ses dialogues souvent lourdingues.

Dans ce film, on va suivre Marty, un scénariste réputé mais qui est en manque d’inspiration pour son prochain film qui s’intitule, 7 Psychopathes. Billy, comédien raté qui kidnappe des chiens pour toucher des récompenses, va alors l’aider pour trouver de bons psychopathes comme il faut. Malheureusement, Billy, avec l’aide de Hans, un sexagénaire qui baigne dans les magouilles canines, va kidnapper le chien d’un grand mafieux italo-américain. Il entraine alors Marty dans une histoire rocambolesque, l’aidant à la fois à écrire son scénario, mais aussi à bien visualiser que les psychopathes existent vraiment. Fidèle à son cinéma qui oscille constamment entre la comédie et le policier, Martin McDonagh va tenter d’expliquer la difficulté de créer un univers fictif cohérent dans un monde qui est parfois encore plus violent que les scénarios du septième art. Un travail qui tourne autour de la création donc, et qui va faire converger différents points de vue.

En effet, le personnage de Colin Farrell, qui baigne dans l’alcool et une sorte de dépression, veut une histoire assez banale, mais avec des psychopathes aux traits parfois un peu grossiers. Sa recherche le mènera vers des tueurs vengeurs, mais aussi vers un traumatisé de la guerre du Vietnam, ou encore un tueur repenti hanté par un amish. Bref, des personnages aux caractères atypiques qui peuvent s’insérer parfaitement dans un film. Cependant, il veut déjouer les codes du genre en faisant une fin calme, où les personnages parlent entre eux. Ce à quoi le génial et trop sous exploité Sam Rockwell va répondre : tu veux faire un film français ? Et à lui de donner sa version des faits, dans un spectacle ubuesque à base d’explosions, de fusillades et de têtes qui explosent. Deux types de cinéma qui s’opposent, mais qui restent dans la même grande famille, ciblant simplement un public différent. Ce point de vue est très intéressant, mais il va souffrir d’une vision étriquée à cause de l’ampleur que prend l’intrigue réelle, celle qui prend place dans la vraie vie de Marty et Billy. Une histoire où les psychopathes sont réels et se découvrent et où la mort prend corps. Cette partie est sympathique bien qu’anecdotique et ne se tient que grâce à la prestation des acteurs.

Woody Harrelson par exemple, jouant le chef de la mafia à la recherche de son chien, est tout simplement habité par son personnage. Il est cruel tout en étant drôle et inhumain dans les rapports qu’il entretient avec les autres. Il suffit de voir comment il vient en aide à sa femme, jouée par Olga Kurylenko. L’acteur, comme à son habitude, vole un peu la vedette aux autres, et notamment à Colin Farrell, un peu effacé et souvent en surjeu. Si son personnage est attachant dans ses difficultés et ses addictions, il reste aussi un type égoïste et victime de son sort qui n’arrive pas vraiment à créer de l’empathie avec le spectateur. Sam Rockwell en revanche, est tout simplement bluffant et démontre, si besoin l’en est, qu’il est l’un des meilleurs acteurs de sa génération. Quasiment en roue libre, habité par une folie douce qui le fait marrer, le personnage est sans limite et déblatère un lot de conneries hallucinant. C’est clairement le personnage le mieux écrit et le réel psychopathe du film. Reste Christopher Walken égal à lui-même, élégant, joueur et qui brille sur son monologue à la toute fin du film. Pour le reste, c’est assez anecdotique, comme Tom Waits qui est en sous-régime. Comme on peut le voir, le film se repose un peu trop sur ses personnages et parfois, cela n’est pas suffisant pour garder un rythme soutenu. Le film connait des passages à vide et on s’ennuie poliment devant ce film finalement assez classique, même s’il possède son aspect un poil loufoque.

Au final, 7 Psychopathes est une comédie assez intéressante dans son fond et dans sa manière de le raconter, mais elle souffre d’un rythme anémique et d’une mise en scène bien trop classique, qui n’arrive pas à choisir entre l’esprit déluré d’un Tarantino ou la retenue propre à un policier britannique. Avec ses indécisions, Martin McDonagh ne parvient pas à passionner les foules, malgré un sujet malin et livre un film assez bateau, pas assez marquant dans ses thématiques et pas assez incisif dans sa mise en scène. Dommage.

Note : 11/20

Par AqME

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