Motörhead – Aftershock

MOTÖRHEAD-Aftershock

Avis :

Certains groupes restent indissociables de leur leader et c’est vraiment le cas avec Motörhead. Il faut dire qu’avec Lemmy Kilmister comme frontman, le groupe partait déjà avec un certain bagage culturel et sociétal. Le groupe s’est fondé en 1975, lorsque Lemmy s’est fait virer de son groupe Hawkwind pour avoir consommer de la drogue dure (amphétamines) et avoir fait rater quelques concerts. Forte tête, il décide donc de monter un groupe seul, qui avait pour nom d’origine, Bastard et qui fut changé en Motörhead à la demande du manager. Ce nom est une référence à la dernière chanson écrite par Lemmy avec son ancien groupe et il s’agit aussi d’une expression signifiant un accro aux drogues dures. Le groupe va connaître quelques périodes difficiles, notamment aux débuts où les musiciens vivaient dans des squattes, puis à l’enregistrement que leur premier album, Motörhead, le groupe se fait remarquer. Il arrive à avoir un contrat avec une maison de disque, un deuxième album est mis en chantier, Bomber, et une réédition du premier album sort. C’est en 1980 que le groupe explose sur les scènes heavy et punk, grâce à Ace of Spades qui va devenir l’hymne du groupe, leur morceau phare. Mais en 1981, le groupe connait encore un plus grand succès avec No Sleep ‘til Hammersmith, se plaçant premier dans les charts. Par la suite, le groupe a connu le déclin, des phases un peu moins bonnes et même des procès. Mais à la fin des années 90 et au début des années 2000, le groupe va former un power trio stable et sortira un album tous les deux ans. Du coup, on sait que le groupe est assez prolifique et on attend à chaque fois le prochain album comme le messie. Aftershock est leur 22ème album, et que dire, c’est toujours de la folie !

Le skeud s’ouvre sur le tube de l’album. Heartbreaker est un morceau très heavy, ultra rapide, avec un refrain qui revient vite en tête et qi montre que le groupe en a encore sous le pied, malgré les problèmes de santé de Lemmy. Le solo est parfaitement placé et offre une énergie exaltante que bien des jeunes groupes devraient prendre en exemple. Et cette énergie, on la perçoit dans bons nombres de titres, comme le deuxième titre, Coup de Grâce. Un peu plus rock que le premier titre, il s’inspire d’un bon vieux hard rock sudiste et il est vraiment puissant dans un autre genre que la première pièce, même si la structure reste très proche (couplet, pré-chœur, refrain, solo…). Cette énergie va être contrebalancée par un morceau de pur blues qui arrive à point nommé pour redescendre un peu, mais aussi pour montrer toutes les inspirations du groupe et toute sa maestria. Lost Woman Blues est l’un des meilleurs morceaux de l’album, prenant ses sources dans le blues rock américain et montrant une facette presque sage du groupe. Le rythme est lancinant, on sent une belle mélancolie et la fin est somptueuse, bourrée d’énergie de de savoir-faire. Par la suite, le skeud va prendre un petit virage, pour revenir vers une source qui ressemble plus à ce que faisait Motörhead à l’époque. On retrouve des morceaux plus courts, plus nerveux et plus rapides. Ainsi, End of Time entame ce passage. Le morceau est très puissant, très rapide, avec un magnifique solo pour conclure la pièce. Do You Believe s’inscrit dans la même veine, montrant que Lemmy croit toujours au rock’n roll avec ce morceau très rock, voire punk. Death Machine va encore plus loin dans le délire punk, avec une rythmique hachée et une guitare très efficace. Dust and Glass sera le moment de la pause, puisqu’il s’agit d’un morceau de blues, allant chercher cette fois vers le Mississipi blues et offrant un grand moment de souffle sauvage. On repart ensuite avec Going to Mexico, qui présente une intro ressemblant étrangement à Ace of Spades, mais qui reste très efficace et toujours dans une énergie débordante. Silence When you Speak to Me est le morceau le plus long de l’album et il est dans un style très rock agressif, avec une rythmique lourde et très intéressante. Crying Shame renoue avec le bon vieux rock des années 70, avec un piano qui tabasse et une guitare jouant des minis solos à chaque fin de phrase de Lemmy. Un pur moment de bonheur. Queen of the Damned est là aussi un pur titre punk, rapide et court mais qui déménage. Knife et sa rythmique entêtante fait plus dans le hard rock old school, alors que Keep you Powder Dry fait étonnement penser à du AC/DC, prouvant toute l’énergie du groupe encore présente. Enfin, Paralyzed fini le skeud comme il a commencé, avec un titre très énergique, très heavy, rendant ainsi une copie parfaite, variée et immanquable.

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La marque de fabrique du groupe est bien entendu la voix si particulière de Lemmy et on peut dire que le type n’a pas pris une ride. On ressent toujours cet aspect viril, ce grain si particulier dans la gorge du type. Elle colle parfaitement sur certains titres nerveux comme Heartbreaker, mais elle est parfaite aussi sur les deux titres blues que sont Lost Woman Blues et Dust and Glass, montrant une palette d’émotions complètement différentes. Les paroles sont toujours axées sur les mêmes thèmes depuis un moment, comme les femmes, le rock et la drogue, mais c’est la marque de fabrique du groupe et on sait que c’est ce que pratique Lemmy. Ces gars-là ont vraiment l’esprit rock et ils le pratiquent depuis maintenant 37ans, alors respect !

Au final, Aftershock, le dernier album de Motörhead est une tuerie sur tous les niveaux. Que ce soit dans les pièces hard, rock, punk ou blues, le groupe assure et fournit un album varié, maîtrisé et pur, comme il en ressort que trop rarement et que seul Motörhead est capable de fournir. Bref, un excellent cru, qui sent bon la testostérone, mais pas seulement, car il fait preuve d’une certaine douceur aussi.

  1. Heartbreaker
  2. Coup de Grâce
  3. Lost Woman Blues
  4. End of Time
  5. Do You Believe
  6. Death Machine
  7. Dust and Glass
  8. Going to Mexico
  9. Silence When you Speak to Me
  10. Crying Shame
  11. Queen of the Damned
  12. Knife
  13. Keep Your Powder Dry
  14. Paralyzed

Note: 18/20

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Par AqME

Casey SlybackNote de Casey Slyback: 15/20 Les albums s’enchaînent, ne surprennent pas forcement mais sont toujours d’une imparable efficacité. C’est encore le cas avec Aftershock !

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