Victor Crowley

De : Adam Green

Avec Parry Shen, Kane Hodder, Laura Ortiz, Dave Sheridan

Année: 2017

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

Dix ans après les événements du premier film, Victor Crowley est mystérieusement  ressuscité et recommence à tuer.

Avis:

Durant les années 70 et 80, on a vu naître une pléthore de tueurs en série qui ont fait les beaux jours du cinéma d’horreur. Jason Voorhees, Michael Myers, Freddy Krueger, Charles Lee Ray mieux connu sous le nom de Chucky sont autant de figures qui font maintenant partie du panthéon de la terreur cinématographique. La créativité fut telle à cette époque qu’aujourd’hui, c’est plus compliqué et on a du mal à trouver des boogeymen qui tiennent la route. C’est en 2006 que le réalisateur Adam Green sort de sa caboche le tueur difforme Victor Crowley avec le film Hatchet. Un premier film qui ne payait pas de mine, mais qui mettait en avant un gore généreux, un monstre trainant dans le bayou complètement frappé du ciboulot et un humour bien lourd mais qui fonctionnait bien avec le ton du métrage. Quatre ans plus tard, une suite a vu le jour, puis trois ans encore plus tard, un troisième épisode est venu jusqu’à nous. Si les films sont plutôt moyens et lorgnent de plus en plus vers le médiocre, voici que déboule un quatrième épisode sobrement intitulé Victor Crowley. Origin Story? Préquelle? Suite? Les questions se bousculent et ne trouvent pas forcément de justification dans l’existence d’une telle œuvre, mais après tout, pourquoi pas.

Victor Crowley est une suite des précédents épisodes. Le film met en avant le seul survivant du tueur qui vient de sortir un livre. Il se fait alors embrigader dans une émission de télé-réalité pour retourner sur les lieux du crime. Soupçonné d’avoir commis les différents meurtres de la région, un quiproquo va faire revenir le monstre d’entre les morts et le massacre va alors débuter. On ne va pas tourner autour du pot plus longtemps, cet épisode est le pire de la franchise car il n’arrive jamais à trouver le bon équilibre et se vautre volontairement dans la gaudriole pas drôle. Après une introduction dégueulasse qui met en avant le tueur dans un contexte débile, le film se permet de jouer avec le temps de partir dans le futur pour faire de l’humour durant plus de cinquante minutes. Le film peinant à dépasser les 1h20, autant dire que le temps va nous paraitre long. On savait qu’Adam Green n’était pas un finaud qui manie l’humour avec une certaine plume, mais là, on touche carrément le fond. Outre des dialogues vulgaires et soporifiques, on aura droit à des personnages débiles qui font des choses débiles et se renvoient constamment la balle dans des joutes verbales qui n’ont ni queue ni tête.

Au-delà de ça, le film va essayer de pointer du doigt les âneries de notre système qui nous fait prendre des risques inconsidérés. Si toutes ces personnes retournent dans le bayou, c’est parce qu’elles sont soit vénales, soit elles recherchent une forme de célébrité, soit elles cherchent les deux. Ainsi donc, tout le monde aura des préjugés sur tout le monde et personne ne s’entendra pour mettre le tueur hors d’état de nuire. Tous les personnages sont des connards. C’est proprement hallucinant de ne pas savoir écrire des protagonistes de façon intéressante. On a droit à des gens immatures, égoïstes, pédants, condescendants et finalement, le seul qui tire son épingle du jeu, c’est le guide du bayou, un bon gros lourd qui veut devenir comédien, mais qui n’a aucun talent, si ce n’est celui d’avoir le cœur sur la main. Pour tout le reste, on n’a qu’une seule et unique envie, c’est de les voir mourir. Alors c’est peut-être le but du réalisateur de créer des personnages insupportables pour que l’on prenne plaisir à les voir mourir de façon atroce, mais le film est trop mal équilibré. Les vannes dépassent les cinquante minutes et on a l’impression de regarder une comédie plus qu’un film d’horreur à tendance comique.

Alors bien évidemment, dans sa courte deuxième partie, le film se fait plus généreux et complètement grotesque. Le mauvais goût est à l’œuvre et les fulgurances gorasses vont pointer le bout de leur nez. Démembrement, décapitation, énucléation, tête écrasée, scalp, tout ce petit monde y passe et le tueur n’y va pas avec le dos de la cuillère. Néanmoins, l’ensemble reste moins osé que les opus précédents. Oui c’est généreux, mais ça manque d’idées, de mise en scène ou de moments qui font vraiment peur. Les apparitions sont téléphonées, les meurtres sont expédiés à la va-vite et bien souvent, il faut toujours que le script en rajoute des caisses pour tenter de faire rire son public sur des moments salaces. A titre d’exemple, un personnage va se faire scalper, l’un des personnages récupère sans le vouloir le scalp, le jette en l’air de dégoût et cela retombe sur la fiancée de la victime, qui est en train de se noyer, coincée sous un siège. C’est cet aspect too much dans l’humour qui gâche complètement le film, même si certains passages prêtent à sourire. Mais encore, c’est cet humour limite qui vient tout gâcher, dédramatisant complètement l’aspect horreur et diminuant la prestance de Crowley, monstre difforme tout en muscles. On ne parlera pas, bien entendu, des prestations des acteurs, tous plus mauvais les uns que les autres, la faute aussi, à des rôles aberrants et complètement à côté de la plaque.

Au final, Victor Crowley est une amère déception et ne fait que confirmer la baisse effective de la licence au fur et à mesure des épisodes. Adam Green semble se complaire dans sa propre médiocrité, ne se remettant pas en question après l’échec du précédent opus, et préférant continuer dans la gaudriole de mauvais goût. Il en résulte donc un quatrième épisode hautement dispensable, qui fait la part belle à l’humour trash sans intérêt et limite son côté gore au dernier quart d’heure. Un joli foutage de gueule, un petit crachat dans cette licence qui, pourtant, offrait enfin un méchant presque digne des icônes des années 70/80.

Note: 05/20

Par AqME

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