Sevendust – All I See is War

Avis :

Le Nu-Métal est un genre qui est apparu à l’aube des années 90 dont les fers de lance sont Limp Bizkit, Korn ou encore Deftones. Des groupes qui, à leur début, ont su manier le rap et le métal pour faire un mélange hybride efficace et relativement intéressant, n’en déplaise aux métalleux qui ne jurent que par le Heavy, le Thrash ou le Power. Néanmoins, ce genre fut un gros fourre-tout pour tous les groupes qui sont nés à cette époque, même si ces derniers ne faisaient pas forcément de Nu, comme par exemple Sevendust. Groupe américain né en 1994 sous le nom de Crawlspace, le succès se fera rapidement, dès le premier album. Depuis, Sevendust n’a jamais relâché la pression et sort un disque tous les deux ans globalement. Un rythme soutenu pour un groupe qui connait le succès, qui a sa base de fans, mais qui n’arrive pas forcément à déplacer les foules et n’arrive pas à être en tête d’affiche de gros festivals. Pourquoi ? La réponse va être assez simple, tout simplement parce que la formation, assez stable depuis ses débuts, ne prend pas forcément de risque et livre un métal alternatif sympathique, mais qui ne bouscule pas assez et qui ne sort que rarement de sa zone de confort. All I See is War, douzième album du groupe, en est l’exemple le plus concret.

Le skeud s’ouvre sur le hit retenu pour vendre l’album, à savoir Dirty. Et c’est là que l’on va voir toute la puissance du groupe, mais aussi toute sa faiblesse. La double-pédale est en place, les riffs sont assez lourds et plutôt bien placés, le chant clair tient la route et les moments en chant crié en arrière permettent de donner plus de puissance. Sauf que lorsque le refrain arrive, c’est un peu la douche froide. Les riffs puissants ne vont pas du tout avec la voix du chanteur qui prend plus de temps et d’ampleur et finalement, on reste dans quelque chose de très formaté et qui manque de percussion. C’est bien fichu, c’est propre, mais ça manque de variété et de prise de risque. Il en ira de même avec God Bites his Tongue qui essaye d’instaurer une ambiance un peu plus lugubre et qui livre de gros riffs bien gras, mais l’ensemble ne fonctionne pas forcément, le groupe n’arrivant pas à garder sa violence pour fournir un mélange étrange entre douceur et virulence mais qui ne prend pas vraiment. Le constat sera sensiblement le même avec Medicated, qui affiche fièrement une volonté de violence dans les riffs mais qui se perd dans des refrains cheap et sans grand intérêt. On dirait que le groupe n’arrive pas à choisir ce qu’il veut entre un métal un peu gras et un rock plus doux et mercantile. Unforgiven et Sickness iront dans le même sens et ne sortiront pas du carcan imposé par le groupe.

Cheers va marquer un tournant au sein de l’album. Marquant le mi-parcours, le morceau se veut plus complexe, n’hésitant pas cette fois-ci à mettre en avant quelque chose de plus hachuré, de plus aérien aussi dans les couplets, préférant lâcher les riffs lourds sur le refrain. Avec Risen, le groupe retombe dans ses travers, mais il propose tout de même un couplet bien plus furieux que d’habitude et prouve, si besoin l’en est, qu’il est capable d’offrir un métal plus puissant, plus rugueux que ce qu’il produit habituellement. Même le break sous la forme d’un léger solo est accompagné par une rythmique qui envoie du lourd et on aimerait bien voir le groupe uniquement dans ce registre et pas forcément dans la recherche d’un refrain pop pour midinette. Malheureusement pour nous, avec Moments et surtout avec Not Original, Sevendust perd complètement pied et livre deux titres d’une fadeur incommensurable, lorgnant plus vers le pop rock qu’autre chose, avec en plus des paroles inconséquentes. C’est bien là que l’on voit les limites du groupe et pourquoi il n’arrive finalement pas à obtenir les têtes d’affiche, mettant trop de fioritures dans leurs compos. Descend sera un peu plus travaillé et un poil plus épique, mais ça reste très calibré. Life Deceives You est aussi une déception qui peine à démarrer et se conclut de façon commune. Reste The Truth, qui renoue avec une certaine violence, même vocale et cela fait plaisir à entendre, même si malheureusement, les refrains seront toujours aussi pénibles.

Au final, All I See is War, le dernier opus de Sevendust, est un album qui plaira certainement aux fans, mais qui manque de mordant et de volonté de sortir de sa zone de confort. Si l’ensemble est résolument sympathique, on est face à un groupe qui est en mode automatique et qui ne semble pas vouloir faire d’effort pour livrer autre chose que c equ’il sait faire. Du coup, on obtient un skeud potable, mais qui ne restera pas dans les mémoires et qui met Sevendust dans les groupes sympathiques pour une ouverture de concert, mais c’est bien tout.

  • Dirty
  • God Bites His Tongue
  • Medicated
  • Unforgiven
  • Sickness
  • Cheers
  • Risen
  • Moments
  • Not Original
  • Descend
  • Life Deceives You
  • The Truth

Note : 11/20

Par AqME

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