Beaux-Parents

De : Hector Cabello Reyes

Avec Josiane Balasko, Didier Bourdon, Bruno Bénabar, Charlie Bruneau

Année : 2019

Pays : France

Genre : Comédie

Résumé :

Coline et André sont en parfaite harmonie avec leur fille, Garance, et leur gendre Harold. Mais Garance se sépare d’Harold et ordonne à ses parents de ne plus jamais le revoir. Les beaux-parents ne peuvent s’y résoudre : elle l’a largué, mais pas eux ! Ils devront mener une double vie pour continuer à voir leur gendre adoré, en cachette de leur fille, qui ne va pas les lâcher…

Avis :

Héctor Cabello Reyes est un nom qui ne vous dit peut-être pas grand-chose et c’est tout à fait normal, puisqu’on trouve bien souvent le nom de Héctor Cabello Reyes dans la catégorie scénario. Si « Beaux-parents » est son deuxième long-métrage, Héctor Cabello Reyes a toutefois du bagage derrière lui, puisqu’il est l’auteur de beaucoup de scénarios de comédies françaises qui ont connu de petits succès depuis le milieu des années 2000. Héctor Cabello Reyes a notamment travaillé sur beaucoup de films d’Eric Lavaine « Poltergay« , « Protéger et servir« , « Incognito« , « Retour chez ma mère« … On notera aussi qu’on trouve son nom derrière le scénario du superbe « Le concert » de Radu Mihaileanu.

Il y a deux ans de cela, Héctor Cabello Reyes se trouvait un petit succès avec son premier film « 7 jours et pas plus« , une comédie dramatique emmenée par Benoit Poelvoorde. Pour son deuxième film, Héctor Cabello Reyes a décidé d’oublier le côté dramatique, pour se lancer dans une vraie comédie et honnêtement, j’y allais à reculons. « Beaux-Parents« , c’est le genre de film qu’on a tendance à juger avant même de l’avoir vu, parce que son affiche est un drame, parce que son casting, malgré l’amour qu’on peut leur porter, a bien souvent déçu dans ce genre de comédie et puisque parce que les teasers donnaient l’impression d’avoir vu ce film mainte et mainte fois. Et finalement, les véritables arguments qui m’ont poussé à franchir les portes de la salle de cinéma, c’est premièrement, mon optimisme, et d’un côté, Josiane Balasko, parce que même dans de mauvais films, elle est rarement mauvaise et puis le fait que l’on trouve Bruno Bénabar à l’écran, chanteur et comédien à ses heures perdues, qui m’avait convaincu il y a dix ans dans le « Incognito » d’Eric Lavaine. Et vous savez quoi ? Sans être la comédie de l’année, « Beaux-parents« , ça fonctionne bien et on l’amuse devant cet énorme quiproquo, qui tourne peu à peu au cauchemar pour son personnage principal.

Harold, la trentaine, est l’homme le plus heureux du monde. En couple depuis cinq années maintenant avec la femme de sa vie, le couple veut même fonder une famille. Harold est aussi aux anges avec ses beaux-parents qui le considèrent, lui, l’orphelin, comme leur fils. Dans sa vie professionnelle, Harold travaille dans la boite de son meilleur ami et ce dernier vient de lui offrir une sacrée belle promotion. Mais voilà, un beau soir, tout ce bonheur cesse en un claquement de doigts, ou plutôt un coup de téléphone. Un coup de téléphone mal interprété qui fait croire à Garance, la femme de Harold, que ce dernier aurait couché la veille avec la femme de son meilleur ami. Dès lors, c’est la rupture. Mis à la porte, Harold est recueilli par ses beaux-parents, malgré les interdictions de leur fille de revoir leur gendre…

S’il y a bien un film sur lequel je n’aurais pas parié un kopek, c’est bien le nouveau métrage de Héctor Cabello Reyes et pourtant ce dernier est la preuve que le cinéma peut surprendre, car comme je le disais plus haut, si ce dernier n’est pas la comédie de l’année, il demeure néanmoins un bon divertissement, qui fonctionne grâce à une écriture fine, qui s’appuie et s’amuse à créer un sacré quiproquo et plus les minutes passent et plus le personnage, de malchance en mensonges ou autres situations gênantes, s’enfonce de plus en plus profond, au point que le suspens du film réside sur -« mais comment va-t-il pouvoir s’en sortir ».

« Beaux-parents« , c’est un vaudeville qui commence par un quiproquo et qui va donc s’amuser à tisser une embrouille énorme, dont on a bien du mal à voir une issue heureuse. Écrit aux petits oignons, « Beaux-parents« , c’est la très bonne alliance entre des dialogues et des répliques qui valent pour certaines leur pesant d’or et des situations rocambolesques qui ne sont que le produit de la malchance, pour notre plus grand plaisir. Ce qui est très bon avec ce film, c’est que du point de vue de l’écriture, Héctor Cabello Reyes et Bruno Bénabar, qui sont tous deux scénaristes sur ce film, jouent très bien avec la frontière entre le drôle et l’abus. « Beaux-parents« , c’est un film qui est sur le fil du rasoir, c’est un film dont on devine qu’il pourrait très vite déraper et pourtant, jamais il ne franchit la ligne et si l’on se marre bien ici, c’est grâce aux situations et aux personnages qui nous embarquent. De plus, on remerciera les deux scénaristes qui prouvent que l’on peut faire de la comédie sans vulgarité.

Si l’on se marre aussi, c’est parce que l’on sent que les acteurs s’éclatent. Le duo Balasko/Bourdon fonctionne parfaitement. Très complémentaire l’un de l’autre, les deux comédiens arrivent même à offrir des personnages touchants quand le scénario s’arrête sur leur relation. À noter que derrière la comédie, « Beaux-parents » explore de jolis sujets.

Charlie Bruneau et Gwendolyn Gourvenec trouvent toutes deux des rôles assez fendards, chacune tenant des personnages diamétralement opposés. Puis enfin, il y a Bruno Bénabar qui est tordant dans le rôle d’Harold. S’il a quelques petites failles quand il convoque l’émotion (le personnage reste toutefois touchant), quand il se lance dans la comédie, l’acteur assure et se trouve être vraiment drôle. Très sincèrement, il est difficile de ne pas rire quand on le voit faire de la marche rapide.

« Beaux-parents » avait donc tout de la catastrophe assurée, et finalement, pour son deuxième film, Héctor Cabello Reyes s’en tire vraiment bien. Certes, ça ne vole pas très haut, et il ne faut pas lui chercher plus qu’un divertissement (quoi que le film aborde joliment deux ou trois sujets), mais sur ce qu’il veut offrir, Héctor Cabello Reyes réussit son défi, et l’on s’amuse du cauchemar que vit son personnage principal. Bref, un bon petit moment de cinéma, qui sans être essentiel, demeure à voir.

Note : 13/20

Par Cinéted

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