Face à la Nuit – Nébuleux

Titre Original : Xing Fu Cheng Shi

De : Wi-Ding Ho

Avec Jack Kao, Lee Hong-Chi, Louise Grinberg, Lu Huang

Année : 2019

Pays : Chine, Taïwan, Etats-Unis, France

Genre : Policier, Science-Fiction, Drame

Résumé :

Trois nuits de la vie d’un homme. Trois nuits à traverser un monde interlope, qui ont fait basculer son existence ordinaire. Il est sur le point de commettre l’irréparable. Mais son passé va le rattraper…

Avis :

Wi-ding Ho est un cinéaste malaisien qui est totalement inconnu chez nous. Bon, il faut dire que ses premiers demeurent encore inédits en France. Réalisateur en activité depuis maintenant une bonne quinzaine d’années, Wi-ding Ho a connu le parcours classique du court-métrage. Il tourne son premier long-métrage en 2014 et depuis, il enchaîne les projets. Venant de la comédie, ses trois précédents films étant des comédies, voici que Wi-ding Ho se lance sur de nouveaux sentiers, débarquant ici avec un film bien plus sombre.

À la découverte de son affiche, il est vrai que « Face à la nuit » pouvait laisser penser qu’on trouverait un thriller bien glauque, mais il n’en sera rien, puisque le nouveau film de Wi-ding Ho va s’occuper de dresser trois portraits à travers trois récits plus ou moins intéressants. Face à la nuit est aussi un film inégal, qui a tendance à être frustrant, car, d’un côté, le concept n’est pas vraiment clair et il laissera des questions en suspens et de l’autre, chacune de ses histoires (même si elles racontent le même personnage), auraient finalement mérité un long-métrage. Il en ressort néanmoins un film intéressant, malgré ses imperfections.

Trois nuits, trois époques, un homme. Trois nuits, très évènements, trois rencontres décisives qui vont tout faire basculer. Trois nuits partagées entre espoirs et désespoirs. Trois nuits, comme un compte à rebours inversé. Trois nuits où l’aube n’aura plus jamais la même saveur.

Grand Prix du dernier festival du film policier de Beaune, « Face à la nuit » est de ces films qui fonctionnent sur un concept. Un concept redoutable et intéressant, mais encore faut-il le comprendre et c’est là que tout devient intéressant. Si dans l’ensemble, le film de Wi-ding Ho est très loin d’être désagréable et qu’il se suit même avec un certain plaisir, il pourra être frustrant pour certains, car l’idée de raconter l’histoire d’un homme à l’envers à travers trois évènements qui vont marquer son existence n’est pas si clair que cela. D’ailleurs, de vous à moi, cette idée ne m’est pas apparue pendant le visionnage et c’est une fois fini, ressenti assez frustré dans un sens, mais hanté par ce film, que je me suis mis à chercher un lien. Wi-ding Ho ne donne donc pas si facilement les ficelles de son œuvre. C’est un choix, discutable peut-être, mais au final, plus le film hante les pensées et plus il peut trouver sens et c’est peut-être ceci qui fait se démarquer « Face à la nuit« .

Bien sûr, on pourra toujours reprocher au film d’être confus, ou encore de volontairement noyer le poisson. On pourra aussi lui reprocher de s’attarder sur des éléments qui ne sont pas essentiels et passer vite sur d’autres qui auraient clairement mérité d’être approfondis, mais toutes ses sensations viennent tout d’abord à cause de la complexité de son concept, car une fois assimilé, compris et accepté, alors une bonne partie d’entre elles s’effacent.

Pour le reste, « Face à la nuit » demeure un film très intéressant, aussi bien dans ce qu’il raconte, que par sa mise en scène. Si l’on prend histoire par histoire, époque par époque, alors le film de Wi-ding Ho nous offre trois portraits du même homme qui sont beaux et touchants, en particulier le dernier, quand il est adolescent. On mettra juste une interrogation quant au premier segment qui, lui, apparaît comme vraiment bordélique et on le quitte sans vraiment être sûr d’en avoir compris les tenants et les aboutissants.

Si le film laisse donc des interrogations sur plusieurs de ses aspects, il en est un où il met tout le monde d’accord, c’est sur son interprétation et plus particulièrement les trois comédiens qui incarnent le même homme, Jack Kao, Lee Hong-Chi et Joey Yu. Chacun d’eux offre une belle dimension à son personnage qui se révèle être captivant.

« Face à la nuit » est donc un film qui est aussi intéressant qu’il est difficile dans un sens. Si l’idée est bonne, Wi-ding Ho, ne voulant pas livrer si facilement les ficelles de son histoire, laisse planer des doutes et ces doutes en questions peuvent autant agacer que l’inverse. Quoi qu’il en soit, pour ma part, je n’ai pas passé un mauvais moment, j’ai même été pris dans ces intrigues qui, comme je le disais, prises seules, méritaient même d’être plus longues. À voir donc, pour les curieux.

Note : 13/20

Par Cinéted

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