Silver Batal et le Dragon d’Eau – K.D. Halbrook

Auteure : K. D. Halbrook

Editeur : Lumen

Genre : Fantasy

Résumé :

Silver Batal habite une ville fascinante au milieu du désert : perchés à flanc de falaise, des dizaines d’ateliers accueillent les artisans les plus divers – potiers et joailliers, ébénistes et souffleurs de verre. À treize ans, elle est censée travailler dur pour succéder à son père, l’un des bijoutiers les plus renommés de la région. Seul problème ? Son cœur n’appartient pas au désert, mais aux flots de l’océan : elle rêve de participer aux courses de dragons d’eau qui, chaque année, font vibrer le pays tout entier. Justement, le destin ne tarde pas à frapper à sa porte : Nebekker, vieille tisserande avec laquelle elle s’est liée d’amitié, la mène jusqu’à Hiyyan, un petit dragon capable – ô miracle – non seulement de nager, mais aussi de voler ! Risquant le tout pour le tout, Silver et son cousin Brajon partent pour la cité royale, où doit justement se tenir une grande course. Créatures des cavernes et renards du désert, circuits créés par magie sur l’océan peuplés de tourbillons et de vagues impressionnantes… les pires dangers attendent nos deux héros. À commencer par Sagittaria Prodigo, la dresseuse de dragons d’eau favorite de la reine – la féroce adversaire qui a osé enlever la mère d’Hiyyan !

Avis :

Les dragons et la littérature de jeunesse ont un lien qui semble indéfectible. C’est bien simple, on ne compte plus les histoires qui mettent en avant des dragons et qui ont cartonné dans le cœur des jeunes lecteurs. Bien sûr, on ne peut que citer Eragon en tête de liste, tant la saga de Christopher Paolini a su remporter un amour inconditionnel de la part des jeunes, au point d’en faire un film, raté il en va de soi. Le problème d’un succès comme celui-ci, c’est que ça fait des émules et la qualité n’est pas toujours présente, ou tout du moins, l’originalité n’est pas de mise. Alors quand aujourd’hui on nous ressort un roman jeunesse qui se déroule sur plusieurs tomes (ici deux) avec en avant des dragons et une héroïne (féminisme quand tu nous tiens), on peut craindre le pire, se retrouver avec un ersatz d’Eragon, dans un monde Fantasy pas original. Est-ce le cas avec Silver Batal et le Dragon d’Eau ? Pas vraiment.

Alors oui, on pointer du doigt tout ce qui peut agacer de prime abord, à savoir le féminisme exacerbée du bouquin. C’est écrit par une femme, qui met en avant une jeune fille, qui va se faire aider par une vieille tisserande et une jeune fille qui travaille dans une taverne et dont les principaux ennemis sont des femmes qui cachent bien leurs jeux. Bien sûr, des hommes sont présents, comme son père, son cousin ou encore le fils du roi, mais ils ne seront que des side-kicks génériques dont le background laisse perplexe. En vrai, cela ne gêne pas vraiment et l’histoire est fort sympathique. Le problème, c’est que cela donne l’impression de surfer sur un effet de mode plus que sur une envie de raconter quelque chose de vraiment innovant. Certes, c’est important pour les jeunes filles d’avoir des héroïnes sur lesquelles elles peuvent s’identifier, mais le trait est parfois un peu trop forcé.

Cependant, Silver Batal et le Dragon d’Eau propose un univers relativement attachant et qui est décrit avec pas mal de détails. On commence le roman dans la ville de Jaspaton, en plein désert, une ville à flanc de montagne qui détient les meilleures tisserandes et les meilleurs joailliers des contrées désertiques. C’est dans cet endroit peu propice aux dragons d’eau que l’on va rencontrer Silver, une jeune fille qui est destinée à faire le même travail que son père, joaillier, mais qui est passionnée par les dragons et la championne en titre, Sagittaria Prodigo. Le contexte est alors vite posé, une jeune fille têtue va se battre pour assouvir ses rêves et jouer avec son destin qui semble tout tracé pas ses parents. Un joli message d’émancipation qui explique qu’il faut parfois bousculer le destin et les codes pour arriver à ses fins. Silver Batal est une héroïne plutôt sympathique, qui ne manque pas de profondeur et qui se pose les bonnes questions sur ce qu’elle fait et si ce qu’elle fait est bien ou pas. Globalement, les autres personnages sont un peu moins passionnants, rentrant dans des cases pré-écrites, comme la vieille tisserande qui fait office de mentor ou son cousin, qui est aussi son meilleur ami et qui sera un allié important dans ce voyage initiatique.

Fort heureusement, les aventures de Silver sont très intéressantes, même si on y retrouve tous les codes du genre. Le voyage avec ses péripéties, les retournements de situation à propos que quelques personnages un peu troubles ou encore les courses de dragon qui vont être remportées, tout est téléphoné et demeure sans grande surprise. Pour les habitués de la Fantasy jeunesse, on navigue en eaux calmes et même si c’est relativement bien écrit et suffisamment fluide, on ne sera que peu surpris par les aventures de Silver. Mais le livre possède UNE vraie excellente idée, la relation qui peut lier un dragon à n’importe quelle personne. C’est le cas pour Silver qui va se retrouver liée à Hiyyan, un Aquinder, un dragon très rare et supposé dangereux. Ce lien est une vraie bonne idée car il met de la tension (si les deux demeurent éloignés trop longtemps, ils peuvent en mourir de chagrin) et permet d’établir des relations solides avec des situations complexes. Ainsi donc, on va ressentir de l’empathie pour ce «couple» et c’est ce qui marche vraiment dans ce roman, ce qui le rend différent du reste, lui permettant de sortir d’un certain anonymat.

Au final, Silver Batal et le Dragon d’Eau est un premier tome assez intéressant et qui promet le meilleur pour la suite, même si on ressent quelques passages obligés. L’aventure reste assez tranquille, ne réservant que peu de surprise, mais grâce à son idée de lien aléatoire entre dragon et humain, le roman se révèle intéressant dans son fond et change un peu des choses habituelles que l’on peut lire en jeunesse et avec des dragons dedans. Bref, un premier tome sympathique, pas forcément transcendant, mais qui se lit comme du petit lait et qui fait passer un bon moment. D’autant plus qu’il s’agit d’un roman s’adressant principalement aux jeunes filles, leur montrant qu’elles peuvent lutter contre leur destin et c’est une bonne chose.

Note : 14/20

Par AqME

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