La Terreur des Zombies

Titre Original : Zombi Holocaust

De : Marino Girolami

Avec Ian McCulloch, Alexandra Delli Colli, Sherry Buchanan, Peter O’Neal

Année : 1980

Pays : Italie

Genre : Horreur

Résumé :

Les vols d’organes dans les hôpitaux de New York se multiplient. Une équipe d’anthropologues et de journalistes vont relier ces crimes à une secte se trouvant dans une petite île de l’Asie du Sud.
Une fois sur place, nos héros seront non seulement confrontés à cette secte cannibale mais également à de terrifiants morts-vivants.
L’inquiétant Dr. Butcher serait-il à l’origine de ces phénomènes monstrueux ?

Avis :

Connu sous plusieurs titres, comme La Terreur des Zombies, Zombi Holocaust ou encore Anthropophage Holocaust, ce bis italien a une petite histoire assez intéressante. En effet, il survient à la fin des années 80 et suit les traces de son aîné, Cannibal Holocaust. Alors que l’Italie est encore en proie à la censure dans les années 60, son relâchement va amener tout un lot de péloches dégueulasses avec du gore, du sale et du sanglant. Si Ruggero Deodato a ouvert le bal avec son film sulfureux, il n’a pas fallu longtemps pour que d’autres metteurs en scène suivent cette mouvance. Ainsi, on pourra compter sur Lucio Fulci et L’Enfer des Zombies (Zombi 2) qui mélange habilement les morts-vivants et le cannibalisme. Les producteurs y voient une belle poule aux œufs d’or et décident alors de lancer une vague de film à moindre coût arpentant le chemin et les studios des films cités auparavant. La Terreur des Zombies va alors se tourner sur les décors du précédent film de Fulci et on va trouver Marino Girolami, cinéaste axé sur le drame en perte de vitesse, pour pondre une resucée qui fera les beaux jours des sites spécialisés en nanar. Mais en est-ce vraiment un ?

Le film commence dans une clinique avec un mystérieux personnage qui découpe des cadavres frais afin de s’en faire un gueuleton. Une rapide enquête est alors menée au sein de l’hôpital pour trouver le fautif qui sera un originaire d’une île perdue sur laquelle sévi une étrange secte cannibale. Dans cette première partie, le film prend le parti d’un réalisme gore pour choquer le spectateur et lui montrer ce pour quoi il était venu. Les découpages sont longs, les bruitages sont volontairement élevés afin de faire ressentir le dégoût à un spectateur qui commence à peine à s’habituer à ce genre de chose. Le problème va rapidement venir de la prestation des acteurs qui s’en foutent pas mal et récitent leurs phrases sans aucune émotion ou envie  de donner de l’épaisseur. Une épaisseur toute relative quand on voit comment sont présentés les principaux protagonistes, que l’on aura bien du mal à apprécier. Ici, tout est fait pour préparer à la suite des aventures, sans jamais prendre le temps d’appuyer des psychologies bien précises. On aura bien droit à la jeune femme dénudée et à une autre un peu plus aventureuse, mais ce sera bien tout.

La suite du film se déroulera sur une île, où nos quatre personnages vont rencontrer un guide et un médecin qui officie dans un vieux hangar tout délabré. Malheureusement, le voyage va tourner court quand toute la bande se fait attaquer par une secte cannibale qui semble avoir une dalle du feu de Dieu. Cherchant constamment à reproduire le schéma gorasse de son aîné, à savoir Cannibal Holocaust, Marino Girolami va accumuler les séquences sales pour choquer le spectateur, sans jamais y mettre un petit peu de fond. A titre d’exemple, le moment où les yeux du type sont arrachés face caméra n’est là que pour mettre en avant l’émancipation de ce genre de film d’exploitation. Le problème, c’est que cette deuxième partie de film est assez peu rythmée, ou tout du moins le réalisateur n’arrive pas à y insuffler une tension remarquable. Parfois ça court, mais ça prend son temps pour tirer sur les cannibales et bien souvent la mise en scène est ultra paresseuse, avec des coupures hasardeuses qui font que l’on ne retient que ces passages gores qui n’ont finalement que peu d’intérêt.

Mais le pire reste à venir avec le troisième segment du film, celui qui introduit le surnaturel et les zombies. Parce que oui, une partie de l’équipe va être sauvée avec l’arrivée de morts-vivants dont les visages sont plus proches de la bouillie informe que de chair décomposée. L’arrivée de ces créatures va créer la panique chez les cannibales qui vont prendre la fuite et on va savoir ce que manigance le docteur dans sa cahute. Là, on vire rapidement dans le grand-guignol et le film va utiliser tous les raccourcis possibles pour joindre les deux bouts, c’est-à-dire les cannibales et les zombies. A chaque fois, des éléments du destin viendront en faveur des héros pour leur sauver la mise et cela reste assez facile. Le film ne cherche jamais à se rendre complexe voulant à tout prix aller droit au but sans tergiverser. C’est encore une fois souvent ridicule, fauché comme les blés, mais le contrat est bien rempli avec une nénette à poil, du sang, des effets gores à souhait non dissimulés et un petit message plus ou moins raciste. Néanmoins, le film se réveille un peu de sa torpeur et le cinéaste va proposer une mise en scène plus nerveuse pour emballer la fin de son métrage. Un film qui tiendra plus de la grosse rigolade sale que du film d’horreur gore. Il faut dire que le budget était minuscule, que les acteurs sont peu investis, mais surtout, les effets visuels piquent les yeux quand ils ne font pas pleurer de rire. Le coup du mannequin qui chute de l’hôpital et perd un bras lors de l’impact alors qu’en plan serré, le macchabée a toujours ses deux membres, c’est un peu fort.

Au final, La Terreur des Zombies est un film qui laisse un avis mitigé car se intentions sont bonnes. C’est-à-dire que Girolami essaye de faire de son mieux dans un genre qu’il ne maîtrise pas et avec un budget plus que limité. Il en résulte alors un film qui a tout du nanar dans sa façon de faire, se prendre au sérieux alors que concrètement, tout est vraiment raté, de son scénario improbable à ses effets visuels putassiers et mal fichus, mélangeant tout et n’importe quoi pour surfer sur des succès bis ritals allant du zombies aux cannibales. Bref, un film qui demeure attachant dans sa maladresse, qui fait rire malgré lui et qui trouve donc toute sa définition dans le terme nanar.

Note : 05/20

Par AqME

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