Le Daim – Dujarpieu

De : Quentin Dupieux

Avec Jean Dujardin, Adèle Haenel, Albert Delpy, Pierre Gommé

Année : 2019

Pays : France

Genre : Comédie

Résumé :

Georges, 44 ans, et son blouson, 100% daim, ont un projet.

Avis :

Quentin Dupieux est de retour avec son septième film. Après Au Poste, le cinéaste continue de tourner en langue française sur son territoire après avoir fait ses armes aux États-Unis. Pour l’occasion, il fait appel à Jean Dujardin pour endosser le premier rôle de son nouvel ovni : Le Daim. Accompagné de Adèle Haenel, le dernier né de l’esprit loufoque de Mr Oizo n’apporte pas grand-chose de plus à l’univers personnel du cinéaste mais demeure très divertissant pour les amateurs de son cinéma. Présenté lors de la dernière Quinzaine des Réalisateurs au Festival de Cannes 2019, Le Daim raconte l’histoire simple et absurde d’un homme seul qui parle à son blouson 100% daim.

Une descente classique dans le cinéma de Dupieux

Pour les initiés, ceux qui ont déjà été conquis par le cinéma si particulier de Quentin Dupieux, Le Daim n’apportera pas grande nouveauté dans le paysage de l’artiste. Pour les néophytes, le long métrage est une entrée parfaite pour aborder le style si personnel de Mr Oizo (le nom de scène de Quentin Dupieux en tant que musicien). On est dans les clous, dans un genre que l’artiste maîtrise à la perfection, dans un style absurde et décalé qui a fait la popularité du cinéaste. Jean Dujardin, seul, absolument parfait dans son rôle, qui converse avec son blouson, c’est presque trop simple pour Quentin Dupieux, lui qui nous a habitués à voir un pneu meurtrier, un mec qui cherche son chien ou encore à un poste de police totalement loufoque. C’est presque trop simpliste, trop paresseux, trop mécanique pour sortir réellement du lot de la filmographie de Quentin Dupieux. Le Daim fait figure d’anecdote dans la carrière du cinéaste, comme une œuvre qui se place comme l’étendard du style Dupieux, mais pour autant mineure. 

Les aficionados ne seront pas dépaysés, habitués aux longs silences, aux monologues, à la contemplation et à l’illogique. Les non-initiés prendront leur pied à découvrir un cinéma unique dans le paysage de la comédie française et du cinéma plus largement. Le réalisateur use de ses artifices habituels, les applique scolairement, pour signer un film diablement efficace mais qui manque finalement de surprise. Le Daim ne révolutionne pas le genre de Dupieux, sans pour autant le desservir, il s’agit d’un représentant lambda de la formule Dupieux. Peut-être volontairement plus abordable que certains de ses autres films, Le Daim bénéficie toujours d’une écriture très précise notamment dans les situations absurdes et inattendues. Le réalisateur va peut-être plus loin dans la violence psychopathe pour raconter l’histoire de cet homme seul qui pique sa crise de la cinquantaine.

Jean Dujardin, la perfection

L’acteur bankable incarne à la perfection le personnage de Georges, un cinquantenaire perdu, qui se sépare de sa femme et se cherche une reconversion personnelle. Il va trouver le salut dans un blouson en daim qui va se mettre à lui parler. Quentin Dupieux exprime parfaitement la crise de la cinquantaine, mais également le malaise qui oppresse l’individu pris de solitude. Il raconte comment un individu lambda peut perdre la raison, en tout cas ne plus avoir les pieds sur terre, à cause de la pression sociétale engendrée par le travail et les relations, puis par la solitude et la dépression. Il met en scène le pétage de câble de monsieur tout le monde, d’abord par la pathologie de parler seul, de s’inventer une vie, de changer de profession et de centres d’intérêts, ensuite de manière plus violente. Le Daim est aussi l’occasion de voir la descente aux enfers d’un homme obnubilé par les vêtements en daim, les différents stades de la solitude, qui entraînent le passage à l’acte des laissés pour compte, des oubliés. Peut-être met-il également en scène une allégorie du terrorisme, ou peut-être simplement de l’obsession maladive d’un être humain.

Bref, le dernier film de Quentin Dupieux amoncelle les thématiques et les sujets de réflexion. Comme à son habitude il laisse énormément de place à l’interprétation, laissant le spectateur faire ses propres analyses, et c’est finalement peut-être ce qu’on préfère chez lui.

Note : 14/20

Par Aubin

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