L’Epée de Cristal

Auteurs : Jacky Goupil, Crisse, Christian Boube

Editeur : Vent d’Ouest

Genre : Fantasy

Résumé :

Zorya doit sauver son univers en régénérant le pentacle, symbole des cinq sens. Pour cela, elle devra réunir les masques de Gestalt détenus par les cinq maîtres des sens. Elle fera la rencontre de Téome et de Brisbane qui l’aideront tout au long de sa périlleuse aventure. Brisbane lui fournira une épée nommée Beryl qui lui sera d’un précieux secours face aux maléfiques grinches, serviteurs du Néant.

Avis :

L’Epée de cristal est constituée de deux cycles. Le premier cycle se constitue des cinq tomes originels, sortis entre 1989 et 1994, écrits par Jacky Goupil, et dessinés par Crisse. Quant au second cycle, il paraît dix ans plus tard, en 2004, et n’est formé que du tome six. Les auteurs sont de retour alors que le dessinateur a été remplacé par Boube. La différence dans les dessins est flagrante mais non perturbante tant le nouveau dessinateur a bien repris les designs des personnages principaux. Les couleurs du tome six sont tout de même plus vives que celles des cinq premiers volumes et les dessins plus précis et moins stylisés. Les dessins du premier cycle sont agréables et le style de Crisse (aussi connu pour sa série Atalantechez les éditions Soleil) est bien spécifique et se marrie bien avec cette fresque épique.

Cette saga reconnue pour son univers de fantaisie magique commence à dater, non seulement parce qu’elle a commencé en 1989 mais parce que son scénario s’en ressent quelque peu. L’histoire va très (trop ?) vite et ne s’attarde pas du tout sur les personnages. Tout est centré sur l’action et c’est dommage. La fin de la lecture de chaque tome laisse une impression étrange d’inachevé, comme s’il manquait des pages. On voudrait en savoir davantage et on reste sur notre faim. Les différents tomes se lisent rapidement, étant donné le peu de dialogues et le manque d’explications. Le tome six est un peu plus fourni et marque un renouveau plaisant de la série, malheureusement vite tué dans l’œuf.

Après la lecture des six tomes, on ne sait quasiment rien sur l’héroïne Zorya ni sur le monde dans lequel elle vit. Certaines informations sont données au compte-goutte mais ne suffisent pas pour s’imprégner complètement de cet univers qui paraît pourtant riche et complexe. Que sont les authonomes ? Pourquoi Zorya n’en est plus une ? Tant de questions se bousculent sur les différents peuples rencontrés, sur les multiples régions traversées et sur les maîtres du pentacle qui restent bien mystérieux. Les personnages manquent de profondeur et on a du mal à s’y attacher.

De plus, outre les personnages, la quête de Zorya est plutôt floue, aussi bien dans ses débuts que dans sa résolution. Le lecteur n’est pas certain d’avoir tout saisi tant il lui manque des informations. On ne comprend pas très bien la finalité de toutes ses actions et de tout ce qu’elle entreprend. Elle-même le dit et se sent prise au piège, dans un jeu qu’elle ne saisit pas très bien. Toute sa mission apparaît comme un divertissement malsain, mené par des personnages dont on ne sait pas grand-chose, rehaussé par un humour parfois absurde bien tourné et pas lourd.

Ce parti pris étrange et osé, surtout pour une fresque épique, est quelque peu perturbant tant il manque de sérieux et de profondeur dans son fond. Les soupçons du lecteur sur sa compréhension ne sont malheureusement pas validés par l’histoire qui part sur une toute nouvelle intrigue avec le tome six. On ne sait ainsi rien des conséquences sur le monde de Zorya et sur l’implication des maîtres qu’elle s’est acharnée à réunir pendant cinq tomes. Cette coupure nette est un peu dérangeante.

Le méchant de l’histoire est une vraie caricature qui manque de charisme et de vraisemblance. Les scènes le présentant nous le montrent sans cesse en train de râler et d’honnir Zorya qui parvient toujours à casser ses plans. Ses sbires paraissent vraiment stupides et n’aident pas à redorer son image. Certains passages dévoilent cependant des indications sur sa magie, son passé et ses envies, mais ils ne suffisent pas à nous le faire voir autrement que comme un méchant classique qui cherche seulement à faire le mal et à dominer. Le lecteur ne parvient pas à être effrayé par Le Néant, une entité pourtant détestable et malsaine qui devrait nous rendre mal à l’aise.

L’intrigue reste passionnante à suivre, malgré un ennemi peu crédible et un manque cruel d’informations. Zorya est le personnage le plus intéressant et on y décèle une complexité qui n’est pas mise en avant dans les BDs. Dommage. La quête qu’elle mène n’est pas simple. Elle lui fait courir de nombreux dangers, lui fait rencontrer de nouveaux partenaires de route et la fait souffrir. L’Epée de cristal est une BD aux émotions fortes qui sont bien retranscrites, et qui plaira sans aucun doute aux amateurs d’histoires fantastiques qui ne veulent pas se prendre la tête. L’univers aurait mérité plusieurs autres tomes pour nous faire apprécier toute sa richesse et pour que l’on s’attache davantage aux personnages. L’histoire est trop condensée et ne permet pas au lecteur de s’imprégner complètement de l’atmosphère magique dépeinte.

Contre toute attente, en 2015, un successeur à cette saga a fait surface. En effet, L’Epée de cristal a une suite qui est aussi terminée. Le monde de l’Epée de cristal est constitué de trois tomes, qui portent également le nom de Zorya la noire. Le second cycle de L’Epée de cristal ouvrait une nouvelle intrigue et ne clôturait rien. Espérons que cette nouvelle trilogie mette enfin un point final à cette série débutée il y a maintenant trente ans, et qu’elle nous donne plus de détails sur le personnage principal !

Note : 13,5/20

Par Lildrille

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