Stranger Things – Darkness on the Edge of Town – Adam Christopher

Auteur : Adam Christopher

Editeur : Lumen

Genre : Thriller

Résumé :

Fêtes de fin d’année, Hawkins, 1984.
Le shérif Jim Hopper n’a qu’une envie : profiter tranquillement de son premier Noël en compagnie de celle qui est désormais sa fille adoptive. Mais la jeune Onze a d’autres projets. Malgré les protestations de Hopper, elle remonte un carton étiqueté  » New York  » de la cave, et l’assaille de questions : pourquoi le shérif a-t-il quitté Hawkins toutes ces années avant ? Pourquoi ne parle-t-il jamais de cette période de sa vie ? Et malgré ses réticences, Hopper entame l’histoire de la nuit à New York où, pour lui, tout a changé…

Été, New York 1977.
Le jeune policier commence une nouvelle vie après plusieurs années passées au Vietnam. Une vie de famille harmonieuse avec sa femme et sa petite fille, un tout nouveau poste d’enquêteur au NYPD… Tout semble aller à merveille jusqu’à une série de meurtres étranges, très ritualisés, qui lui sont en plus aussitôt retirés par le FBI. Furieux, le jeune homme décide d’enquêter quand même, et infiltre sous couverture un gang des rues. Mais bientôt, une immense panne de courant plonge la ville entière dans le noir… des ténèbres bien plus profondes que ce qu’aurait pu imaginer Hopper.

Avis :

Tout ce qui marche aujourd’hui à la télévision ou au cinéma doit être décliné sous différentes formes afin de faire fructifier quelques placements juteux. C’est bien simple, quand une série cartonne, il faut mettre en place des spin-off, si on reste sur le même médium, mais il faut aussi faire des figurines, des t-shirts, des albums musicaux et parfois même des novélisations qui apporteront leur lot de nouveautés. Néanmoins, il faut savoir si ces écrits apportent réellement quelque chose d’intéressant au matériau de base, ou s’ils ne sont présents que pour engendrer encore plus d’argent sur une franchise lucrative. Et parmi toutes les séries qui marchent du tonnerre, Stranger Things doit se placer sur un podium trusté par Game of Thrones. Alors que la saison trois est attendue au tournant début Juillet par une horde de fans qui furent plus ou moins déçus par la deuxième, voilà que Lumen, éditeur spécialisé dans la littérature « Young Adult », dégaine le deuxième roman après un Suspicious Minds sympathique mais qui n’apportait pas grand-chose de plus à la série si ce n’est de raconter le passif de la mère biologique d’Eleven. Avec Darkness on the Edge of Town, on change complètement notre fusil d’épaule, puisque c’est sur le passif de Jim Hopper, le shérif qui prend en charge Eleven, et on est plus dans le thriller que dans le récit fantastique.

Le roman alterne entre deux époques bien différentes. On commence en 1984, dans la cabane de Hopper, lieu où il va raconter son passé à sa fille adoptive. Il raconte alors une affaire qu’il a eue en charge Juillet 1977 à New-York. Les alternances sont peu nombreuses, mais elles sont présentes pour apporter quelques renseignements sur la narration qui parfois peu laisser dubitatif. A titre d’exemple, lors des évènements de 1977, on va savoir ce que font certains personnages alors que Hopper n’est pas présent, et pourtant, c’est lui qui raconte l’histoire. Du coup, l’auteur se rattrape en expliquant comment il peut savoir cela (rapports écrits, rapports oraux de par sa collègue de l’époque). C’est assez malin et cela montre que l’écrivain sait ce qu’il fait et où il veut aller. Néanmoins, on pourra rechigner sur quelques petits noirs, notamment dans l’ambiance du roman, qui n’a rien de vraiment urgent, qui ne stresse pas forcément son lecteur, alors que l’on nage en plein thriller, presque horrifique, au départ.

Car oui, on s’éloigne d’un Suspicious Minds plutôt fantastique malgré la présence d’un savant fou, pour aller clairement vers le récit policier, voire le thriller ésotérique lorsqu’il s’agit de meurtre satanique. C’est d’ailleurs très étonnant de retrouver cela dans un roman qui se veut Young Adult, car le départ est assez gore. Jim Hopper, alors fraîchement arrivé à New-York pour changer de vie avec sa femme et sa fille, doit faire face à une crise économique sans précédent et un tueur en série qui met en scène de façon ritualisée ses meurtres. Ce départ annonce donc une enquête dans une ambiance moite et chaude qui va aussi montrer à quel point la situation économique est au bord de la chute libre. Malheureusement, l’auteur va assez vite délaisser ce côté thriller horrifique pour aller vers le policier pur et dur avec infiltration et secte menée par un gourou charismatique. Si le récit reste alors passionnant, on voit très rapidement que l’auteur a changé son ambiance pour aller vers quelque chose de plus léger et qui soit moins sanglant. Car même si on retrouve quelques meurtres et de moments un peu tendus, on reste dans le gentillet qui correspond bien à la case des jeunes adultes. On est bien loin d’un Maxime Chattam alors que le début était assez prometteur.

Mais il ne faut pas croire que le roman soit décevant, loin de là, car il apporte aussi son lot de surprises et de moments inquiétants. Ainsi donc, l’auteur va s’amuser avec les traumatises de la guerre du Vietnam, mettant en avant un Jim Hopper qui veut se soigner en aidant les autres et un Saint John, le grand méchant, qui décide lui de se venger de la société américaine qui l’a délaissé après cette guerre immonde et inutile. Si on reste en surface sur ce sujet, il n’en demeure pas moins l’élément déclencheur de la folie du méchant de l’histoire et on aura même droit à quelques explications par la suite, rajoutant un aspect « fantastique » à l’ensemble. On notera aussi un effort considérable pour montrer à quel point l’année 1977 fut un désastre pour la ville de New-York, alors endettée jusqu’au cou, délaissant certains quartiers et refusant d’apporter de l’aide à des services pourtant essentiels comme la police. Il y a dans ce roman une réelle volonté à construire un décor ambiant angoissant, ou tout du moins propice à l’arrivée du mal. L’ensemble est bien monté et globalement, le tout se lit avec un plaisir non dissimulé. Le petit bémol que l’on pourrait apporter, c’est le coup de la nuit à 21h alors que l’on est en Juillet, ce qui n’est pas très crédible et le manque d’éléments nous plongeant dans la fin des années 70. Certains personnages sont aussi moins marquants que d’autres comme Delgado, la coéquipière de Hopper, qui mériterait plus de profondeur.

Au final, Darkness on the Edge of Town, le deuxième spin-off de Stranger Things en roman, est bien meilleur que le précédent et offre une belle alternative sur le passif du shérif de Hawkins. Si on peut regretter un manque de profondeur à certains moments et un changement de cap en milieu de roman (passant du thriller au simple policier), Adam Christopher livre une belle copie qui n’est pas inutile, qui approfondit même parfois les relations entre Onze (ou Elfe pour les intimes) et son père adoptif et qui met en avant un personnage secondaire qui, on l’espère prendra plus de place dans la prochaine saison.

Note : 15/20

Par AqME

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