Les Arcanes d’Alya

Auteurs : François Debois et Gwendal Lemercier

Editeur : Soleil

Genre : Fantasy

Résumé :

Initiée à la magie guerrière de ses ancêtres, Brynn, une fée de l’île volante d’Avalon, partage avec sa sœur Aileen une relation unique, celle des gémellaires. Mais un jour, la guerre des Hautes Landes éclate… et avec elle, leur union. Devenue chasseresse de Dame Alya, Brynn écume les champs de bataille. Sa mission : désigner les âmes défuntes qui peupleront le monde des morts. Mais lorsque Dame Alya s’empare de l’âme d’Aileen, Brynn s’insurge. Sans plus attendre, elle se rend à Sarnath, avec la ferme intention de la délivrer. La route sera longue et semée d’embûches… Les guildes des Dragonniers et des ombres rodent…

Avis :

Les arcanes d’Alya est un diptyque de fantaisie qui rappelle certains classiques BDs ou romans du genre. L’histoire est épique, pleine de péripéties et l’héroïne est charismatique. Il ne faut cependant pas lire ce récit trop jeune. La fin pourrait paraître décevante si on ne comprend pas tout le côté philosophique qui se cache derrière. La bande-dessinée fait réfléchir et questionne sur de vastes sujets, comme la fin de la vie, ce qui se cache après, le renouveau, les souvenirs et les liens d’amour et d’amitié qui transcendent chaque être. Pris comme dans un piège, on ne sait si on doit haïr l’auteur ou l’admirer pour l’aventure cruelle qu’il nous a livrée.

Avec Les arcanes d’Alya, on voyage dans un univers qui nous parle et que l’on a l’étrange sensation de connaître, car il reprend les codes d’univers célèbres tels que Le seigneur des anneaux (une des cités représentées sur une des deux planches de la critique rappelle la ville elfique majestueuse qu’est Fondcombe, par exemple) ou Le trône de fer, notamment pour ses conflits politiques et religieux ou l’évolution de certains personnages. Pour les connaisseurs, l’auteur y a aussi inséré des clins d’œil aux mythologies celte et nordique. Il est agréable de côtoyer toutes ces inspirations étant donné qu’elles s’intègrent parfaitement sans que cela perturbe.

Les arcanes d’Alya apportent néanmoins une grande part de nouveautés, notamment grâce aux préceptes d’Alya, une déesse au passé trouble, marquée par le sang et la mort. Celle-ci a une maîtresse et il n’est pas possible de lui échapper quand la déesse nous a choisis pour disparaître. Alya décide de qui mourra et de qui pénètrera alors dans son hall gigantesque. Cette idée rappelle celle du Valhalla, qui est, dans la mythologie nordique, le lieu où les valeureux guerriers défunts sont amenés, même si les objectifs sont complètement différents pour la divinité de la bande-dessinée. Ceux-ci sont d’ailleurs plutôt inattendus et originaux, et amènent des pistes de réflexion sur des questions philosophiques intemporelles.

Telles les walkyries, Alya a ses messagers qui se divisent en plusieurs catégories. Dans ce récit, nous suivons une chasseresse du nom de Brynn, torturée par la disparition de sa sœur tant aimée, et qu’elle veut retrouver par tous les moyens possibles, avant qu’Alya ne mette la main dessus. Brynn sera aidée par d’étranges créatures qui lui feront confiance et qui n’hésiteront pas à se sacrifier pour elle. La chasseresse a un caractère complexe que l’on découvre au fil des pages. Sa mission morbide, aux ordres de la souveraine de la mort l’a profondément changée, mais pourtant, elle n’a pas oublié son passé et qui elle était avant de devenir une entité crainte par tous. Brynn a du caractère et sait ce qu’elle veut. Imperturbable en combat, elle est féroce, agile et calculatrice. On aime la suivre dans sa quête et on s’attache à son histoire.

L’univers est complexe et les deux tomes n’ont malheureusement pas le temps de nous montrer toutes les richesses qu’il contient. La quête de Brynn est mise en avant et l’histoire se lit trop vite. Le lecteur essaie de grapiller ici et là des informations, bien que cela l’amène finalement à se poser plein de questions. Quelle est cette machine étrange ? Qu’est-ce que la guilde des Ombres ? Que veut vraiment Alya ? Les quelques passages citant les arcanes d’Alya, des livres divins célèbres de l’univers, énoncent des vérités et des préceptes qui ne sont pas toujours simple à comprendre à la première lecture. Ils sont très bien écrits et chaque mot a son importance. Les interrogations s’enchaînent sans que cela soit en fait frustrant. La fin inattendue apporte des réponses à nombre d’entre elles, tout en en laissant d’autres en suspens, gardant une part de mystère et laissant libre cours à l’imagination du lecteur.

Le passé de Brynn et de sa sœur nous sont présentés dans de nombreux flash-backs. Ce processus pourrait sembler pénible, mais il n’en est rien. Ces moments sont bien introduits dans le récit car ils sont des souvenirs que l’on fait involontairement remonter à notre héroïne. La souffrance qu’elle doit supporter à leur ressassement est palpable et apportent un suspense captivant tant on veut savoir ce qui se passera ensuite.

Les dessins sont sublimes, surtout lorsqu’ils présentent des paysages ou des cités magiques. Les traits ne sont pas toujours précis, sans que cela gêne. Les couleurs sont bien choisies et définissent une ambiance bien particulière. On distingue ainsi aisément les instants où Brynn est le personnage central, de ceux où sa sœur l’est, ou des instants flash-backs.

La relation entre Brynn et sa sœur se ressent dans toutes les pages des deux tomes et nous transportent dans un univers profond et envoûtant. Malgré ce que l’on pourrait croire, Alya n’est pas la méchante de l’histoire, car il n’y en a pas vraiment. L’intrigue est bien construite, avec rythme, et on ne s’ennuie pas une seconde.

L’univers de Les arcanes d’Alya aurait mérité une suite et que l’on s’y intéresse davantage.

Note : 18/20

Par Lildrille

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