X-Men Dark Phoenix – Réduit en Cendres

De : Simon Kinberg

Avec Sophie Turner, James McAvoy, Michael Fassbender, Jennifer Lawrence

Année : 2019

Pays : Etats-Unis

Genre : Fantastique

Résumé :

Au cours d’une mission de sauvetage dans l’espace, Jean Grey frôle la mort, frappée par une mystérieuse force cosmique. De retour sur Terre, cette force la rend non seulement infiniment plus puissante, mais aussi beaucoup plus instable. En lutte contre elle-même, Jean Grey déchaîne ses pouvoirs, incapable de les comprendre ou de les maîtriser. Devenue incontrôlable et dangereuse pour ses proches, elle défait peu à peu les liens qui unissent les X-Men.

Avis :

Il y a des films qui semblent être maudits depuis le début de leur existence. On peut parler de Justice League qui fut un énorme échec et un film malade puisque non terminé, torché à la va-vite pour faire des entrées et finalement être une terrible déception mal équilibrée et dont les brisures de tonalité faisaient penser à un nanar de luxe. Sauf que les films « malades » comme j’aime à les appeler, sont de plus en plus nombreux et les spectateurs se retrouvent avec des métrages hybrides, à moitié terminés et qui n’exploitent absolument pas leur potentiel. Le dernier en date est bien entendu X-Men Dark Phoenix. Pensé pour être une suite à X-Men Apocalypse, le rachat de la Fox par Disney a rapidement changé la donne, la boîte aux grandes oreilles souhaitant que la Fox termine son arc narratif pour permettre à Mickey et ses copains de partir sur une nouvelle base. Il a fallu donc réécrire le script, faire des reshoot et obtenir un nouveau montage. Il en résulte donc un film maladroit, qui semble non fini au niveau des effets spéciaux et qui tente tant bien que mal de rester cohérent dans les relations entre personnages, en vain. Bref, un film raté.

La première chose qui frappe avec ce nouvel X-Men, c’est qu’il possède finalement peu d’action. Le film essaye de relier les wagons entre les différents personnages tout en peaufinant l’origin story de Jean Grey, que l’on surnomme Le Phénix et qui est le mutant le plus puissant de l’univers, ses pouvoirs ne faisant qu’augmenter de manière exponentielle. Loin de moi l’idée de dire que c’est mal de focaliser son film sur une construction de personnages et de relations, mais malheureusement, le film va beaucoup trop vite et empêche tout impact émotionnel. Le changement d’humeur de Jean est beaucoup trop rapide, ses escapades ne sont que des points relais servant à inclure de nouveaux mutants, comme un récit d’accumulation et surtout, certains personnages sont très mal écrits. Magnéto est clairement le plus flagrant, passant de la rage extrême à une sorte de compassion en quelques minutes, alors qu’il a juste écouté le professeur Xavier sur une petite minute. On sent que le film est vraiment rushé pour arriver à une fin plus ou moins concluante de la saga pour la Fox. Les personnages secondaires sont effacés, certains feront même de la figuration comme pour Quicksilver ou même Mystique alors qu’il y a avait moyen de faire beaucoup mieux et beaucoup plus touchant.

L’autre réel problème de ce X-Men Dark Phoenix, c’est que les enjeux sont minimes et les antagonistes sont complètement inutiles. Ici, on essaye de sauver une jeune mutante de son terrible pouvoir et d’une attaque par des extraterrestres qui veulent récupérer ce pouvoir. Mais derrière cela, hormis le sauvetage et un aspect un peu à contre-courant avec le Professeur Xavier qui passe presque pour un méchant égoïste, le film vend du vent, du vide et n’arrive jamais à se rendre passionnant ou tout simplement intéressant. Cela provient aussi des ennemis qui ne sont pas remarquables et qui n’arrivent pas à créer un conflit vraiment prenant. Jessica Chastain est transparente comme ce n’est pas permis, demeurant monolithique même dans les moments un peu tendus et ces méchants ne sont même pas présentés. On sait que ce sont des extraterrestres métamorphes, mais c’est bien tout. On verra qu’ils sont à l’épreuve des balles, on aura droit à un mini flashback pour expliquer leur velléités, mais c’est le minimum syndical et sans ennemi remarquable, il n’y a pas de film et de héros remarquable. Ce fut le cas pour Venom, mais aussi pour Justice League, où les méchants ne servaient clairement à rien. Deux autres exemples de films qui vont beaucoup trop vite, ne prennent pas le temps d’instaurer des relations cohérentes et qui sont finalement des films victimes.

Pour en revenir sur ce X-Men Dark Phoenix, il y a quand même quelques points assez positifs. La tonalité du film est sombre et reste sombre. On n’aura pas d’humour à deux balles qui viendra plomber l’ambiance. Les blagues ne sont pas permises sur ce film qui joue à fond la carte du drame et c’est tant mieux. Les scènes d’action sont aussi grandiloquentes et parfois démesurées, mais elles manquent d’impact et d’une mise en scène nerveuse. Simon Kinberg n’est pas un expert en la matière et cela se voit. Le combat dans le train par exemple manque de punch, d’idées de mise en scène et l’ensemble est vraiment plat et creux. Il en va de même lorsque le groupe se dispute autour de Jean Grey, alors en proie aux mauvaises paroles de Jessica Chastain. C’est assez mou et la mise en envergure des attaques ne fonctionnent pas. On a beau voir un métro sortir du sol, c’est mal mis en scène. Il y a aussi un problème au niveau des effets spéciaux. C’est très cheap. Les éclairs de Tornade et les cheveux de Red Lotus vont archi faux et certaines incrustations laissent vraiment à désirer. Pour un film de cette ampleur, pour un blockbuster Fox/Marvel, c’est assez honteux de présenter un projet comme celui-ci, même si on sait que cela a été précipité par Disney.

Au final, il n’y a pas grand-chose de plus à dire sur X-Men Dark Phoenix tant le film brasse du vent et rue dans les brancards pour apporter un semblant de conclusion à une licence qui battait déjà dangereusement de l’aile. Si le film possède quelques atouts qui lui évite la correctionnel, malgré son historique calamiteux, il n’en demeure pas moins un film décevant, victime de son passif e de son statut. Entre des acteurs peu investis, une mise en scène lisse, des enjeux au rabais, des méchants d’une banalité affligeante et une fin rushée à mort, X-Men Dark Phoenix est un peu le vilain petit canard de la franchise, ce qui, en soi, n’est pas une surprise.

Note : 06/20

Par AqME

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