Mayan – Dhyana

Avis :

Comme on le dit bien souvent, les groupes ont une vie tumultueuse et entre séparation, pause ou encore projet parallèle, il est rare qu’une formation soit la même durant plusieurs années. Et si elle reste la même, combien de membres ont eu l’envie de faire leur side project pour être plus libre artistiquement parlant. Ce fut le cas pour Till Lindemann, Serj Tarkian ou encore ici Mark Janssen, fondateur et frontman de Epica, groupe de Métal Symphonique néerlandais. Car oui, Mayan est un side project ultra ambitieux qui signe avec Dhyana son troisième effort qui n’a failli pas voir le jour. Le marché du disque étant ce qu’il est, le groupe a fait une campagne de crowdfunding pour subvenir à ses besoins et pour fournir Dhyana, il en a fallu de la thune. Car oui, Mark Janssen voit toujours les choses en grand et cet album a nécessité pas moins de six chanteurs (deux pour le chant clair, deux pour le growl et deux chanteuses lyriques) et une orchestration faite par la philarmonique de Prague. Bref, beaucoup de promesses pour un groupe qui reste encore aujourd’hui un peu trop confidentiel. Mais cet album ne serait-il pas celui qui leur permettrait d’accéder aux devants de la scène ?

Le skeud débute avec un gros morceau, The Rhythm of Freedom. Le titre est assez long, il commence de façon lyrique avant de lâcher la double pédale et les rythmes proche d’un Black Métal. C’est à la fois bourrin à souhait et ultra mélodique, montrant, si besoin l’en est, que le métal et le classique se marient à merveille. Le titre alterne aussi les chants growl avec des chants plus hauts perchés et l’ensemble s’imbrique à merveille. Le deuxième titre, Tornado of Thoughts (I Don’t Think Therefore I Am), propose un schéma assez similaire, tout en gardant un aspect encore plus grandiloquent. L’introduction s’essaye à des sonorités arabisantes des plus plaisantes et globalement, on a la sensation d’assister à un opéra gothique fait avec le cœur et une envie d’en découdre. C’est beau et d’une richesse insoupçonnée. Avec Saints Don’t Die, le groupe se permet d’aller encore plus loin, dépassant son statut de simple groupe de Power/Epic à tendance lyrique pour aller en plein dans une mise en scène sublime et éclatante. Le titre commence par un chant féminin lyrique avant de partir vers quelque chose de plus percutant, de plus violent, avec un chant clair masculin appuyé par des growls qui semblent provenir d’un démon. C’est puissant, accrocheur et on en redemande. Un morceau épique comme on en entend que trop rarement de nos jours. Avec Dhyana, le groupe montre aussi une autre facette de son univers. Le titre est calme posé, tout en chant lyrique et il s’avère touchant comme rarement. Cette pause permet de montrer l’aspect plus doux du groupe et sa capacité à calmer le jeu pour réattaquer derrière avec quelque chose d’encore plus grandiloquent.

 Et grandiloquent est bien le mot qui va revenir le plus souvent dans cette chronique et dans notre tête à l’écoute de cet album. Parce qu’après la pause Dhyana, le groupe se lâche complète avec une série de titres surpuissants et d’une richesse infinie. Rebirth Form Despair s’avère classique, avec un schéma structurel tout tracé, mais il tape fort et le fait avec une générosité sans faille. Les ruptures sont nombreuses, l’orchestration est épique et on se retrouve avec l’un des morceaux les plus nerveux et dark de l’album sans qu’il en soit inaccessible, notamment grâce à un refrain en chant clair percutant et libérateur. Avec The Power Process, le groupe se fait plus épique, plus symphonique, laissant un peu de côté les riffs lourds et puissants, pour une ligne de basse qui traine une ambiance assez sombre. Si le titre est moins gras que le reste, il possède tout de même des passages d’une grande violence, comme les riffs dans le refrain ou encore le pré-refrain en growl. Difficile aussi de passer à côté de The Illusory Self et ses neuf minutes dantesques qui n’ennuient pas une seule seconde ou encore Maya (The Veil of Delusion) et son aspect destructeur et surpuissant. Seul Satori sort du lot, sort d’interlude lyrique qui vient calmer le tout, comme l’a fait Dhyana auparavant.

Au final, Dhyana, le dernier album de Mayan, est un très, très, très gros morceau. Epique à souhait, grandiloquent dans sa manière d’aborder chaque titre, violent mais lyrique et poétique, le dernier effort de ce side-project de Mark Janssen est une véritable tuerie qui ne peut pas laisser indifférent. C’est bien simple, on aura rarement fait aussi épique depuis bien longtemps et on en ressort épuisé par tant de puissance, de maîtrise et de lyrisme. Bref, un album à écouter d’urgence.

  • The Rhythm of Freedom
  • Tornado of Thoughts (I Don’t Think Therefore I Am)
  • Saints Don’t Die
  • Dhyana
  • Rebirt From Despair
  • The Power Process
  • The Illusion Self
  • Satori
  • Maya (Veil of Delusion)
  • The Flaming Rage of God
  • Set me Free

Note: 18/20

Par AqME

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