Friend Request

De : Simon Verhoeven

Avec Alycia Debnam-Carey, Brit Morgan, William Moseley, Connor Paolo

Année: 2016

Pays: Allemagne

Genre: Horreur

Résumé:

Laura, étudiante branchée, partage sa vie sur Facebook avec ses 800 amis. Par gentillesse, elle accepte la demande d’ami de Marina, une étudiante introvertie mais qui devient vite envahissante.
En tentant de la supprimer de sa liste d’amis, Laura va déclencher des forces paranormales et voir ses proches être décimés les uns après les autres…

Avis :

Depuis quelque temps maintenant, les réalisateurs essayent d’injecter un peu plus de fond à leur film d’horreur, s’éloignant plus ou moins volontairement du simple divertissement sanglant et sans âme. Si les films d’horreur intelligents ont toujours existé, heureusement, parmi les plus récents, il est difficile de trouver son bonheur, soit parce que ce sont des séquelles sans âme qui ont pour but de faire du bénéfice, soit parce qu’on reste persuadé que l’horreur, c’est pour les adolescents un peu débiles. Mais avec des cinéastes comme Jordan Peele, on peut croire en un renouveau de l’horreur sur grand écran. Si le racisme et la politique font partie intégrante de certains films qui font peur, il semblerait que les réseaux sociaux et le rapport à cela deviennent une constance. En effet, après le plus que limité Unfriended, voici que déboule en 2016 Friend Request, qui a pour principe l’attaque d’une sorcière à travers un réseau social parce qu’elle a du mal à se faire des amis. Un pitch étrange mais qui essaye de parler de notre rapport aux réseaux sociaux, à la gloire et à la dépression. Un tas de sujets riches, mais est-ce bon pour autant ? Non.

Le point de départ du film est assez intéressant. On va suivre une jeune étudiante qui possède un compte Facebook relativement fourni. Elle a de nombreux amis, elle est très apprécié par son entourage, au point de rendre jaloux certains prétendants. Bref, tout roule pour elle, jusqu’au jour où elle accepte la gothique de l’amphi parmi ses amis. Très vite, elle va se faire harceler, aussi bien sur le net que dans la vraie vie. Elle décide alors de couper les ponts avec cette fille, qui en réponse va se suicider, pour revenir sous la forme d’une sorcière. Et c’est à partir de là que le film devient inintéressant. Friend Request est typiquement le genre de film qui a de l’ambition, qui possède une bonne idée de départ, parlant des réseaux sociaux et du côté très triste de perdre des « amis » fictifs sur son ordinateur, de manière complètement arbitraire. Un geste anodin, un clic de souris, qui suffit à faire basculer une vie dans la dépression et le suicide. Rien que ça, rien d’imaginer les conséquences d’un simple geste du doigt, suffit à créer une angoisse certaine. C’est en ce sens que le film attire le spectateur et notamment les jeunes, très accros à tous ces réseaux sociaux où ils se montrent à longueur de journée.

Le film est aussi intéressant au début car il montre bien les relations entre les personnages, même si cela reste très binaire. L’héroïne du film est plutôt sympathique, en plus d’être très jolie, mais c’est surtout son rapport aux autres qui est crédible. Elle est aimable, aimante, et rentre dans un carcan de fille parfaite qui va rapidement s’émoustiller à cause d’une tierce personne. Autour d’elle, on va retrouver d’autres protagonistes qui feront office de chair à canon mais qui demeurent crédibles eux aussi. On aura droit au couple un peu rigolo sur les bords, un brin déconneur, à la blonde un peu sulfureuse mais qui n’est pas une croqueuse de garçons, ou encore au petit ami fidèle et à l’amoureux transi qui reste très frustré. Des personnages fonctions donc, mais qui ont le mérite de ne pas être détestables et d’essayer de venir en aide à leur copine. D’un côté parce qu’ils la comprennent, et de l’autre parce qu’ils sont les victimes collatérales de son erreur. Alors oui, tout cela manque de fluidité, d’imagination, mais on reste dans quelque chose d’acceptable, loin des clichés des protagonistes lisses et pénibles. Le problème viendra pas contre de la méchante, qui sera cataloguée dès le départ du film, comme si les gothiques n’avaient pas d’autres choix que de bouffer leurs cheveux en attendant des amis sur Facebook et devenant des sorcières une fois contrariées. Bref, c’est un peu je m’en foutiste tout ça et c’est bien dommage.

Ça l’est d’autant plus dans la seconde partie du film, le moment purement horrifique où les personnages vont lutter pour leur survie face à une entité maléfique qui piège leurs reflets dans les objets technologiques. C’est à ce moment-là que tout part en vrille et que Friend Request devient un simple film d’horreur sans âme. Les tueries se succèdent sans réel génie, l’intrigue s’étiole pour proposer une simple recherche de légende sur les sorcières et leur façon de se donner la mort, et on aura droit à une recherche de lieu qui tient du miracle, Simon Verhoeven n’arrivant pas à aller dans la logique et cédant rapidement à la facilité. Ce qui est étonnant avec ce film, c’est que c’est sa partie horrifique qui est la moins réussie et la moins subtile, alors que c’est là que ça doit taper fort. Si on aura droit à quelques moments gores ou quelques jump scare plus ou moins efficaces, on est dans le regret de dire que cela ne colle pas. Pourquoi la méchante s’en prend aux amis de celle qui l’a larguée sur Facebook ? Pourquoi pète-t-elle un câble sur elle alors qu’elle possède un background fourni ? Et que signifie cette fin ridicule qui n’a pour seul message de dire que les réseaux sociaux sont un danger pour tout le monde ? Le réalisateur enfile de gros sabots pour saloper tout son travail de départ et offrir finalement un produit lambda, aussi vide de substance que d’envie de rendre son propos ambivalent.

Au final, Friend Request est un énorme pétard mouillé. Si le départ laisse à penser à un film d’horreur intelligent qui parlerait de notre rapport aux réseaux sociaux, très rapidement, le film dévie vers un ersatz de Blair Witch façon nouvelle génération. L’ennui s’installe comme le scénario s’appauvrit et si la mise en scène reste correcte, rien ne viendra vraiment sauver le film du naufrage et de son vide abyssal. Dommage, on aurait croire à vrai bon film de flippe sur notre rapport à l’internet, mais il ne restera qu’un film d’horreur sans imagination, comme on en voit des caisses.

Note : 08/20

Par AqME

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