Amon Amarth – Berserker

Avis :

L’appellation Viking Métal ne plait pas à tout le monde et plus ou moins à juste titre. Dérivé du Folk Métal, le Viking Métal se prête à des groupes dont les thématiques parlent des légendes nordiques et des dieux du Walhalla. Cependant, un genre ne doit pas seulement se concentrer sur le contenu des paroles, mais aussi sur la musique présentée. Ainsi, certains groupes et spécialistes pensent que cette nomination est galvaudée et ce n’est pas Amon Amarth qui dira le contraire. Fondé à la fin des années 90, le groupe suédois va rapidement se définir comme du Death Mélodique et aucunement du Viking Métal, même si toutes les paroles se focalisent sur les légendes vikings et les dieux du panthéon scandinave. Fidèle à leur label depuis leur début, à savoir Metal Blade Records, le groupe connait un succès fulgurant au milieu des années 2000 et chaque album est donc très attendu, surtout que la formation propose à chaque fois des prestations scéniques robustes et nerveuses. Avec Berserker, Amon Amarth offre son onzième effort, ce qui n’est pas rien et très globalement, il se situe dans la norme pour le groupe, à savoir un Death Mélodique puissant, généreux, énergique, revigorant, mais qui clairement, n’apporte rien de neuf au genre.

Le skeud débute avec Fafner’s Gold, et le moins que l’on puisse dire, c’est que le groupe ne commence pas les choses à moitié. Le début à la guitare sèche laisse rapidement place à des riffs agressifs et le groupe trouve vite ses balises pour offrir ce que l’on attend de lui. C’est rugueux, virulent, ça va vite, c’est épique, le refrain est bien catchy et la voix du chanteur, profonde et surpuissante, fait plus que le taf. Très vite, on se surprend à hocher la tête dans tous les sens et une forte envie de sauter dans tous les sens nous prend. Avec Crack the Sky, le groupe se lance dans quelque chose de plus conventionnel, de plus commercial, tout en gardant sa ligne de conduite intacte, c’est-à-dire grosse voix et riffs entrainants. Malgré son tempo plus accessible, le groupe fait parler les riffs lourds et la rythmique qui l’accompagne est très motivante. On se surprendra même à chanter le refrain, simple, efficace et concis. Le petit défaut du morceau résidera dans sa simplicité, mais d’un autre côté, cet aspect bas du front offre une nouvelle facette du groupe, moins agressive et plus avenante. Mais avec Mjolner, Hammer of Thor, le groupe repart sur le chemin de l’épique et du grandiloquent avec un titre puissant, rapide et d’une efficacité à toute épreuve. Difficile de ne pas imaginer un clip avec des guerriers vikings qui se battent pour le contrôle du marteau de Thor. Bref, ça correspond parfaitement à ce que l’on attend d’un tel groupe. Et ce ne sont pas Shield Wall, Valkyria ou encore Raven’s Flight qui diront le contraire, même si ce dernier est très puissant et monte crescendo.

Dans sa deuxième partie, le groupe va continuer à osciller entre des titres plus travaillés et des moments plus rugueux et puissants. Ironside est un titre qui bénéficie d’une bonne introduction, mais qui part très vite dans la zone de confort du groupe. D’ailleurs, on sent que l’album ne sort pas des sentiers battus du groupe, un aveu fait par le frontman lui-même qui confesse essayer de sortir de cette zone de confort, mais qu’au final, quoi qu’ils fassent, ça sonne toujours comme du vieil Amon Amarth. Cet album n’est pas une régression ou un refus d’évoluer, mais juste un groupe qui se fait plaisir et désire partager sa musique avec ses fans. The Berserker at Stamford Bridge est aussi un morceau qui veut peaufiner son ambiance et qui démarre lentement avec la voix caverneuse du leader, mais encore une fois, très rapidement, le groupe ne peut s’empêcher d’aller sur les chapeaux de roues et de livrer une copie propre, bien grasse, mais peut-être un peu redondante. Et si When Once Again We Can Set Our Sails s’avère plus léger, c’est tout de même un titre qui transpire le Amon Amarth par tous ses pores. Enfin, Skoll and Hati ou encore Wings of Eagles continuent ce sentiment de mode automatique, relativement plaisant, mais loin de vraiment marquer les esprits. Enfin, seul Into the Dark change complètement de registre avec son début au piano et violons et laisse entrevoir une petite fêlure émotive dans le groupe, mais c’est vite effacé pour laisser place aux grattes et riffs infernaux.

Au final, Berserker, le dernier Amon Amarth, est un album plutôt réussi et les fans seront certainement très contents de cet effort qui ressemble au groupe et à ce qu’il produit depuis le milieu des années 2000. Si on aurait aimé un peu plus de nouveautés, de prises de risque, il faut tout de même constater la qualité intrinsèque de cet album et son efficacité, qui donne envie de partir au combat, arme au poing et rage au cœur. Bref, un album satisfaisant, sans surprise, mais qui demeure très agréable.

  • Fafner’s Gold
  • Crack the Sky
  • Mjolner, Hammer of Thor
  • Shield Wall
  • Valkyria
  • Raven’s Flight
  • Ironside
  • The Berserker at Stamford Bridge
  • When Once Again We Can Set Our Sails
  • Skoll and Hati
  • Wings of Eagles
  • Into the Dark

Note: 15/20

Par AqME

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Facebook : Lavisqteam.fr – Contact: lavisqteam@laposte.net