Aladdin – Ritchie, Prince d’Arabie

De : Guy Ritchie

Avec Mena Massoud, Naomi Scott, Will Smith, Marwan Kenzari

Année: 2019

Pays: Etats-Unis

Genre: Aventure, Fantastique

Résumé:

Quand un charmant garçon des rues du nom d’Aladdin cherche à conquérir le cœur de la belle, énigmatique et fougueuse princesse Jasmine, il fait appel au tout puissant Génie, le seul qui puisse lui permettre de réaliser trois vœux, dont celui de devenir le prince Ali pour mieux accéder au palais…

Avis :

Ce n’est pas une nouveauté de la part de Disney d’adapter ses propres films d’animation en version live. Pour preuve, le premier à subir ce traitement est Les 101 Dalmatiens avec Glenn Close qui date de 1996. Cependant, la folie de reprendre tous ses classiques en prises de vue réelles n’avait pas encore vraiment germé dans l’esprit de Disney. Pour cela, il faudra attendre 2010 et le très moche Alice au Pays des Merveilles de Tim Burton pour que la boîte aux grandes oreilles se décident à tâter le terrain de façon plus prononcée. C’est alors que quatre ans plus tard sort Maléfique, qui n’est pas vraiment une adaptation d’un dessin animé, puis Cendrillon un an plus tard. Et là, c’est la porte ouverte à tous les abus. S’ensuivent Le Livre de la Jungle de Jon Favreau, Peter et Elliott le Dragon de David Lowery, La Belle et la Bête de Bill Condon, puis Dumbo de Tim Burton. Aujourd’hui, ce n’est plus un film par an que l’on se tape, mais bel et bien deux voire trois, voire quatre si l’on compte le deuxième volet des aventures de Maléfique. Devant une telle prolifération, nous sommes en droit de nous inquiéter de la qualité des films, d’autant plus quand on voit des bandes-annonces qui ne font pas envie. Et Aladdin en faisait partie.

En effet, la première bande-annonce que l’on nous a servie ne donnait clairement pas envie. Les effets spéciaux semblaient vraiment vilains, le film identique au dessin-animé en plus moche et Will Smith en génie, ce n’était pas génial. D’autant plus que l’on trouve Guy Ritchie aux commandes, ce qui est un choix étonnant. Le cinéaste est plus habitué aux polars britanniques qu’à des films pour enfants et cela pouvait laisser présager un manque de panache et d’investissement de la part du réalisateur. Sauf qu’il faut aller au-delà de ses préjugés et faire son expérience par soi-même. Concrètement, est-ce qu’Aladdin vaut le coup ? Eh bien oui, car étonnement, le film est coloré, beau, porteur de jolis messages et on y retrouve même, de temps à autre, la patte si caractéristique du cinéaste. Bref, une surprise qui montre que Disney a encore des choses à dire.

Le film se repose bien évidemment sur le script de base qui date de 1992. Aladdin est un petit voleur qui essaye de gagner sa vie comme il peut, tout en ayant le cœur sur la main. Il tombe alors amoureux de la princesse Jasmine, pensant que c’est sa servante. En s’introduisant dans le palais, il se fait capturer par Jafar, le grand vizir, qui lui demande d’aller chercher une lampe magique dans une caverne. Aladdin récupère la lampe, la frotte et libère un génie qui lui accorde trois vœux. Dès lors, Aladdin va essayer de tout faire pour charmer Jasmine et se marier avec elle. Mais Jafar ne traine jamais loin et découvre alors la supercherie. Le pitch de base du film suit donc les pas du film d’animation. Il n’y a donc pas beaucoup de surprises, même si on retrouvera quelques passages inédits, qui rajoutent de l’action et des moments de courses-poursuites assez haletants. Dès le départ, Guy Ritchie nous plonge en plein Agrabah avec une belle course dans les rues et en plein souk. C’est à ce moment-là que l’on retrouve les tics de réalisation du britannique, qui s’amuse à accélérer l’image pour donner plus de rythme ou qui retrouve sa caméra stabilisée en mode « GoPro » pour être au plus près de l’action et rendre lisible l’ensemble. Il avait déjà fait ça pour Le Roi Arthur, et il recommence avec ce film. Seulement, ces gimmicks ne seront là que pour le début et le cinéaste saura s’effacer de manière efficace par la suite pour offrir un petit enchantement pour les yeux.

C’est-à-dire qu’Aladdin est bien loin de sa bande-annonce hideuse. Le film est beau, les décors sont sublimes, la photographie est colorée et on a la sensation d’un mélange des cultures assez étonnant, entre l’Arabie et Bollywood et ça marche bien. En effet, si on situe Aladdin au Moyen-Orient, on aura droit à des tableaux dansés dignes du cinéma indien et même quelques animaux qui sont plutôt à ranger dans le pays hindouiste. Ce mélange apporte une belle plus-value au film qui s’en sert pour fournir quelque chose de très chatoyant et qui s’imprime bien dans la rétine. D’autant plus que les CGI numériques semblent surtout utilisés pour les personnages fictifs et non pas pour les décors, il y a un grain qui n’est pas désagréable. Alors oui, on pourra toujours râler sur certains effets douteux, comme le coup du tapis volant ou encore le génie qui fait très superficiel, mais globalement, Guy Ritchie réussit un beau tour de force en donnant de la crédibilité à ce monde.

Outre l’aspect visuel réussi du film, on notera aussi que les personnages sont très attachants, notamment le trio de tête, Aladdin, Jasmine et le Génie. Mena Massoud, qui tient le rôle-titre, est très bon dans ce rôle de voleur au grand cœur qui tombe amoureux de l’inaccessible. Naomi Scott est quant à elle délicieuse dans ce rôle de femme forte que l’on force à se marier et à se taire. Enfin, Will Smith reste bien en deçà de Robin Williams, bien entendu, mais il apporte un côté plus hip-hop à l‘ensemble, plus « moderne », un peu moins frivole, mais globalement, ça passe plutôt bien. Seul l’acteur incarnant Jafar est très décevant, notamment à cause d’une version française aux fraises qui ne lui rend pas honneur. Ces personnages ne sont pas lisses et ils vont tous servir une cause.

Ainsi donc, Aladdin est le personnage coincé par sa condition et qui n’arrive pas vraiment à évoluer dans une société qui le rejette. S’il va trouver sa place en mentant, son honnêteté va payer, ainsi que sa bonté et son grand cœur. Pour Jasmine, Disney l’a bien compris, il faut parler des femmes et des droits des femmes. On retrouve donc une pure féministe qui veut jouer un rôle plus important pour sa ville et son pays. Une princesse plus libertaire, qui veut s’émanciper et qui fait bouger les choses. Un modèle de courage pour de nombreuses petites filles (ou comment fidéliser les jeunes filles pour acheter des produits dérivés). Bref, le film envoie des messages forts et intelligents, sans pour autant s’embourber dans une mélasse dégoulinante de bons sentiments. Seules les chansons sont un peu pénibles, soit à cause de leur redite par rapport au dessin animé, soit parce qu’elles sont à la limite du supportable, comme ce morceau où Jasmine braille plus qu’elle ne chante.

Au final, Aladdin, le dernier film live de Disney, est plutôt une agréable surprise. Coloré, jovial, beau, rythmé et suffisamment intelligent pour ne pas être indigeste dans son discours, le film de Guy Ritchie est un petit enchantement pour les petits comme pour les grands. Alors oui, ça reste du Disney assez lisse et accessible à tous, mais c’est un joli voyage qui s’offre à nos yeux et qui donne envie de se replonger dans le dessin-animé de notre jeunesse, et rien que pour ça, ça vaut le coup d’œil.

Note : 15/20

Par AqME

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