Mortelle St-Valentin

Titre Original : Valentine

De : Jamie Blanks

Avec Denise Richards, David Boreanaz, Marley Shelton, Jessica Capshaw

Année: 2001

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

En 1988, durant le bal de la Saint-Valentin à San Francisco, les garçons tentent leur chance en invitant à danser les quelques filles encore sans cavalier. L’un d’eux est Adam Carr, le premier de la classe. Chacune de ses demandes est systématiquement repoussée. Un groupe de garçons le surprend en train d’insister auprès de Dorothy Wheeler. Ils le remettent alors rapidement à sa place en lui infligeant une bonne correction.
Tandis qu’il gémit couché sur le sol, un filet de sang coulant de son nez, les filles qui ont décliné ses avances viennent se moquer de lui. Ce sont Paige Prescott, Lily, Kate Davies, Shelley et Dorothy.

Une douzaine d’années se sont écoulées. Les cinq amies inséparables d’autrefois mènent aujourd’hui une vie d’adulte. Elles n’ont toutefois jamais eu de véritable succès en amour et se sentent bien seules lorsqu’arrive la Saint-Valentin. Il faut dire qu’elles sont toujours restées quelque peu superficielles.
Mais cette année, un prétendant inconnu leur a envoyé à chacune un cadeau. Shelley est alors retrouvée morte, assassinée. Un ancien amoureux a décidé de se venger à la venue du 14 février, et elles en feront toutes les frais s’il n’est pas arrêté à temps. Relaxe et confiant, le tueur masqué au smoking bleu attend patiemment sa dernière nuit d’amour avec ses anciennes flammes.

Avis:

Sorti en 1997, Scream et Wes Craven allaient, sans vraiment le savoir, chambouler la scène horrifique. En effet, le succès monstrueux de ce slasher pour adolescent allait lancer la mode d’un nouveau sous-genre très prolifique, mais qui va vite s’essouffler. Parmi les productions les plus mémorables, on peut citer Souviens-Toi l’Eté Dernier…, Cherry Falls, Cry Wolf ou encore Urban Legend. Chacun de ces films a eu son petit écho, parfois au point d’en faire des suites, épuisant le filon jusqu’à la moelle. Et en parlant d’Urband Legend, son réalisateur, Jamie Blanks, aujourd’hui rétrogradé au rang de parfait inconnu, a aussi réalisé Mortelle St-Valentin, un slasher qui prend place durant la fête des amoureux et où des personnes liées par un passé commun se font dézinguer les unes après les autres. Un film ultra classique dans sa trame donc, mais qui espère engranger de l’argent en surfant sur deux modes : les slasher ados et le fait de titiller les hormones de ces derniers. Car oui, mettez en avant Denise Richards en plein boom grâce à son physique torride (merci Sex Crimes), un tueur frustré sexuellement et une promesse de sang, tous les boutonneux à la voix en pleine mue rappliquent dans le cinéma. Malheureusement, le film n’est clairement pas à la hauteur des toutes petites attentes que l’on avait pour lui.

La première chose qu’il faut faire quand on regarde un film comme celui-là, tellement ancré dans son époque, c’est le remettre dans son contexte. Nous sommes en 2001 et déjà pas mal de slashers ont vu le jour. Le choix de Jamie Blanks n’est pas un hasard, puisqu’il a connu le succès avec le premier opus de Urban Legend et Denise Richards, après son rôle sulfureux dans Sex Crimes, a besoin d’un autre rôle où elle peut montrer sa superbe plastique. Tous les ingrédients étaient donc réunis pour satisfaire un public majoritairement adolescent, et faire une redite de Scream avec des crimes passionnels. Malheureusement, le film sera loin d’être une réussite. En premier lieu, le scénario est assez basique et ne recèle pas vraiment d’intrigue. On commence à une époque où un jeune garçon moche se fait refouler par toutes les filles pour danser, et on se retrouve des années plus tard, avec la même bande de copines ayant refoulé ce pauvre enfant. Sauf que cette fois-ci, un mystérieux tueur, affublé d’un masque de chérubin, s’amuse à dézinguer les copines les unes après les autres. Difficile de faire moins fin dans le pitch, tant il ressasse les mêmes thématiques que Scream, Urban Legend ou encore Souviens-Toi l’Eté Dernier… Il n’y a rien de neuf, et pire, le film va s’enliser dans un manque cruel de profondeur.

On aura droit au sempiternel discours de la nana qui était une pétasse à l’époque, qui s’en veut et qui avoue un secret inattendu. Le problème, c’est que ce genre de personnage est totalement détestable du début jusqu’à la fin du métrage. On ne ressentira aucune empathie pour les filles qui peuplent le métrage, et plus largement pour tous les personnages, peu importe leur sexe. S’il n’y avait pas les meurtres et la peur, elles seraient aujourd’hui encore des pétasses, et globalement, le film ne les fait pas changer pour autant. Pour preuve, le final est relativement nauséabond, se dépatouillant avec un script fait à l’arrache et tentant désespérément de perdre le spectateur sur le mystère autour du tueur. Non seulement c’est mal foutu, mais c’est surtout peu crédible et sans aucun sens logique. En gros, les pimbêches sont punies, la seule qui avait un peu de jugeote et de gentillesse s’en sort, définissant de manière claire le puritanisme américain. D’ailleurs, ici point de poitrine ou autre scène explicite de sexe, tout est sage, tout est lisse, tout est propre et le film manque clairement d’ambiance.

D’ailleurs, c’est assez surprenant, mais le film n’exploite quasiment pas la fête de la St-Valentin. On aura bien un bal sur la fin, quelques cartes d’invitation de-ci de-là, mais rien qui marque la rétine ou qui fait écho à cette fête des amoureux. Le seul moment un peu intéressant dans la mise en scène réside dans le passage où les protagonistes évoluent dans une expo étrange et bien rétrograde. On aura quelques plans sur des yeux scrutateurs, prenant donc la place d’un spectateur voyeur, comme le veut la nature même du film. Mais ce sera bien tout. Il n’y a rien de marqué ou de marquant. Même les mises à mort sont d’une tristesse abyssale. Si elles sont toutes différentes, sur la forme, c’est quasiment tout le temps la même chose. Le tueur élimine progressivement sa cible, qui arrive à s’enfuir dans un premier temps, ou qui va se cacher au mauvais endroit. Le suspens n’est pas bien géré dans ces moments et on se retrouve à attendre patiemment une mort certaine. Certaines mises à mort sont même vite expédiées, comme ce fameux coup de hache dans le dos qui dure une seconde. Tout cela manque de créativité et ça sent le réchauffé, comme un film de commande obligatoire pour faire plus d’argent sur un phénomène qui commençait déjà à s’essouffler à l’époque.

Au final, Mortelle St-Valentin est surtout un film d’un ennui mortel. Surfant volontairement sur la vague des succès des slashers modernes, le film se vautre lamentablement dans tout ce qu’il ne faut pas faire. Des personnages antipathiques à souhait, des meurtres pas très inventifs et pas très gores, un scénario sans réel fond et sans ambition et une enquête en roue libre qui n’a ni queue ni tête. Bref, un ratage sur toute la ligne et ce n’est pas la plastique de Denise Richards qui changera la donne…

Note : 04/20

Par AqME

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