Final Reign – Evil Rising

Avis :

Comme on le dit souvent, le monde de la musique est impitoyable et encore plus en cette période de dématérialisation qui coûte la vie à de nombreux groupes avec beaucoup de talent. Car avec des réseaux comme Spotify, les artistes ne gagnent plus vraiment leur vie, hormis s’ils font des millions, voire des milliards, de vues et d’écoute. Ainsi donc, on arrive à un système où tout est lisse, tout est calibré pour plaire à la masse, ne laissant finalement que peu de place à l’originalité ou à un certain regard en arrière. Cependant, et c’est là où l’on voit qu’il y a tout de même de la demande, c’est que le métal, et le rock en général, crève les écoutes et se retrouve bien souvent en tête de liste d’écoute. Cela permet-il à de petits groupes de percer ? Non. Mais fort heureusement, certaines formations font fi de la mode et des réseaux sociaux ou d’écoute en streaming et continuent de faire ce qu’elles aiment. A commencer par Final Reign, groupe américain de ce que l’on peut qualifier de Heavy, qui existe depuis 1998 et qui s’évertue à sortir des albums malgré les 77 abonnés sur leur page Facebook. Evil Rising est leur sixième album, qui survient après huit ans de silence, et malgré une production au rabais, on fait face à quelque chose de très sympathique.

L’album débute avec The Void, qui est une introduction d’un peu plus d’une minute. Le groupe essaye de nous mettre dans une ambiance un peu étrange, frôlant presque l’oppression horrifique que pourrait fournir une histoire de Lovecraft. De ce fait, on pourrait s’attendre à écouter du bon gros black ou de l’atmosphérique, mais Final Reign n’a rien de tout cela et proposera finalement un mélange plutôt agréable entre Heavy, Hard et Métal prog. Le vrai premier morceau est Evil Rising et il attaque très rapidement avec des riffs assez lourds et surtout une rythmique plutôt lente. Cela n’empêchera pourtant pas le groupe de montrer tout son talent dans les solos de gratte et quelques ponts plutôt bien fichus, qui peuvent faire penser à du Black Sabbath. Que ce soit dans la façon de jouer, dans la rythmique ou encore dans l’ambiance générale, on se rapproche vraiment du groupe d’Ozzy Osborne. Un sentiment qui sera plus ou moins renforcé avec le morceau suivant, Welcome to Darkness, moins lourd d’un point de vue des riffs, mais avec une atmosphère tout autant étrange et parfois effrayante. Avec la voix du chanteur, on pourrait parfois se croire avec un frère pauvre et plus Heavy des The Doors, mais globalement, l’ensemble fonctionne plutôt bien. Cependant, le titre est moins percutant que les autres et marque moins les esprits qu’un Dark Child, plus sombre même s’il reste dans une rythmique similaire, ou encore un Electronic God et sa ligne de basse très marquée et son refrain entêtant.

Avec No Parties in Hell, le groupe essaye d’apporter un peu plus de clarté à sa musique. Moins lourde, plus lumineuse, le titre est un poil plus joyeux que le reste. Mais Final Reign garde tout de même sa ligne de conduite un peu dark sur les bords et livre un titre qui sort un peu du lot mais qui reprend les gimmicks du refrain de la chanson précédente, montrant comme un essoufflement au niveau des paroles. Au contraire de Climb the Mountain qui fait écho au bon vieux Heavy des années 70 et livre une belle prestation entre The Doors, Black Sabbath ou encore The Who. Des noms prestigieux qui collent au mieux aux références du groupe, même si celui-ci n’arrive pas à la cheville de ces légendes. Pour autant, il reste assez réjouissant de voir un groupe qui ignore la mode et les usages modernes pour rester dans une sorte de nostalgie salvatrice et parfois bienvenue. Sur We are Forever, le groupe se fait plus virulent, plus lourd, et même si d’un point de vue rythmique, on reste sur la même chose, le titre change du reste de l’album par son côté plus nerveux. Une énergie qui se ressent sur le titre suivant, We Don’t Walk Alone, plus rapide, plus redondante aussi, mais qui confère au groupe une vivacité qui commençait à tomber sur la fin de l’album. Un album qui se clôturera avec Come Alive, reprenant les atouts gagnants du début du skeud pour offrir une fin sympathique, dans la zone de confort du groupe.

Au final, Evil Rising, le dernier album en date de Final Reign, est une bonne petite surprise. Loin d’un heavy classique ou encore d’un Métal rugueux comme on aurait pu le croire, le groupe américain livre un sixième album agréable, à la fois puissant et lourd, qui puise ses références dans de grands classiques. Il est juste dommage que la production soit aux fraises et qu’à la longue, l’album demeure un peu redondant, ne variant pas assez sa rythmique. Mais saluons tout de même un effort intéressant, qui mérite tout de même plus de visibilité.

  • The Void
  • Evil Rising
  • Welcome to Darkness
  • Dark Child
  • Electronic God
  • No Parties in Hell
  • Climb the Mountain
  • We are Forefer
  • We Don’t Walk Alone
  • Come Alive

Note : 14/20

Par AqME

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